Faute de temps, on trouve en rouge qq commentaires et surtout les objections graves. Restent en noir, sous la ligne horizontale ci dessous tous les mots de SA "thèse" sédévacantiste très personnelle. Avec joie, on constate qu'il se démarque clairement enfin de la "thèse" d'Adrien Abauzit qui soutient lui l'inerrance des papes en matière de Foi et de mœurs.
Espérons que @cristiada.cristeros nous fasse l'économie à l'avenir d'en faire ici la promotion.
_____________________________________________________________________________________________
L’accusation selon laquelle la position sédévacantiste consisterait à permettre à « n’importe quel fidèle » de déposer un pape selon son jugement privé repose sur une caricature du problème.
La question n’est pas de savoir si un fidèle particulier peut, par une simple déclaration personnelle, retirer juridiquement un pape de son office. La réponse catholique est évidemment non. L’Église n’est pas une démocratie où chacun pourrait exercer une autorité qu’il ne possède pas.
A la bonne heure !
La véritable question théologique est différente :
Un homme qui tomberait publiquement dans l’hérésie manifeste pourrait-il encore posséder l’autorité pontificale ?
C’est cette question que les théologiens classiques ont étudiée bien avant la crise actuelle.
1. L’infaillibilité pontificale ne signifie pas impeccabilité ni inspiration permanente
L’argument selon lequel les sédévacantistes croiraient à une « infaillibilité permanente des papes » est une confusion. C’est pourtant bien la conclusion légitime qu’on tire de leur « thèse » qui leur permettrait de déclarer le Siège vacant. Mais attendons la « subtilité » à venir…
L’Église n’a jamais enseigné que chaque parole d’un pape serait automatiquement protégée de toute erreur.
Certes mais c’est pourtant ce que soutient Abauzit dont vous faites la publicité des multiples erreurs. Il prêche l’inerrance des papes en matière de Foi et de mœurs.
Je vous invite donc à ne plus colporter ici les erreurs de celui qui perd les âmes et avec l'opinion duquel vous êtes en désaccord public.
Le Concile Vatican I, dans Pastor aeternus, définit précisément les conditions de l’infaillibilité pontificale :
- lorsque le pape parle ex cathedra ;
- lorsqu’il définit une doctrine concernant la foi ou les mœurs ;
- lorsqu’il entend engager l’autorité suprême de l’Église.
- lorsqu’il précise que la définition doit être tenue par tous les fidèles
En dehors de ces conditions, un pape peut se tromper dans ses opinions théologiques privées, ses décisions disciplinaires ou ses enseignements non définitifs.
Et donc les papes conciliaires, n’ayant jamais proclamé d’enseignement définitifs ( sauf peut être ordinatio sacerdotalis), peuvent se tromper tout en restant papes.
Ainsi, reconnaître que certains papes ont pu commettre des erreurs non infaillibles ne contredit absolument pas la doctrine catholique.
Nous sommes bien d’accord mais une telle reconnaissance contredit la position de bien des sédévacantistes dont notamment Abauzit dont vous colportez les erreurs sur GTV
2. Les cas d’Honorius, Jean XXII ou Eugène IV ne prouvent pas que l’hérésie manifeste laisse toujours l’autorité intacte.
Je prétends que c’est faux puisque l’Eglise a toujours considéré leur autorité intacte et vous ne montrez pas qu’elle aurait été altérée ou qu’elle aurait disparue
Les exemples historiques invoqués demandent une analyse précise.
Honorius Ier
Le cas d’Honorius est souvent utilisé comme argument.
Cependant, les défenseurs de la position traditionnelle soulignent que son cas ne démontre pas qu’un pape formellement hérétique pourrait conserver son office.
C’est faux puisque l’Eglise a toujours admis qu’il a conservé son office jusqu’à sa mort sans le moindre jour de « vacance »...
La condamnation d’Honorius par les conciles œcuméniques porte sur ses écrits et son soutien au monothélisme, mais la question théologique de savoir s’il fut personnellement hérétique au sens formel demeure discutée parmi les théologiens.
La " question théologique" est la même concernant les papes conciliaires avec pourtant un traitement différent pour ces derniers par les sédévacantistes qui semblent soutenir : un poids deux mesures cad une condamnation pour les papes conciliaires et une tolérance face à l'erreur pour leurs prédécesseurs.
Un jugement doctrinal erroné ou ambigu n’est pas automatiquement une hérésie formelle.
Certes. Un jugement doctrinal erroné d’un pape conciliaire n’est donc pas non plus une hérésie formelle
Jean XXII
Le cas de Jean XXII concerne une opinion théologique privée concernant la vision béatifique avant la résurrection.
Faux. Une homélie publique d'un pape dans une cathédrale n'est pas une opinion privée
Il ne s’agissait pas d’une définition pontificale imposée à l’Église universelle.
Jean XXII lui-même soumit finalement la question à l’examen de l’Église et son successeur Benoît XII définit ensuite la doctrine catholique dans Benedictus Deus (1336).
Là encore, il faut distinguer :
- une opinion personnelle erronée ;
- une négation obstinée d’un dogme déjà défini.
Je veux bien distinguer mais je ne vois pas ce que ca changera concernant nos papes conciliaires desquels vous ne démontrerez pas l’obstination.
Eugène IV
Concernant Exultate Deo, il faut rappeler que l’histoire théologique du sacrement de l’Ordre a connu des développements et des précisions ultérieures.
La théologie catholique distingue une évolution dans l’explicitation d’une doctrine et une contradiction réelle avec un dogme.
Un changement disciplinaire ou une précision théologique ne constitue pas nécessairement une rupture doctrinale.
Il n’est pas possible de tenir une « évolution » de la matière du sacrement de l’ordre si elle passe de la remise des instruments à l’imposition des mains. La rupture est incontestable.
3. L’hérésie publique et l’hérésie formelle : distinction nécessaire
L’adversaire a raison sur un point : l’hérésie matérielle et l’hérésie formelle ne doivent pas être confondues.
Mais cette distinction ne détruit pas l’argument traditionnel.
Mais elle détruit l’argument sédévacantiste qui n’est pas traditionnel puisque relevant d’une simple opinion, fût elle celle de Bellarmin qui a d’ailleurs varié sur le sujet.
L’hérésie matérielle désigne une erreur objective contre la foi sans nécessairement impliquer une culpabilité personnelle.
L’hérésie formelle suppose :
- la connaissance de la vérité enseignée par l’Église ;
- le refus volontaire et obstiné de cette vérité.
Cependant, les théologiens classiques ne considèrent pas toujours qu’une sentence judiciaire soit nécessaire pour qu’un hérétique manifeste perde automatiquement son appartenance à l’Église.
Vous écrivez « pas toujours" ce qui suppose bien que l’opinion que vous avez sélectionnée ne peut pas relever de la Tradition. Mais d’un choix personnel qu’il n’est pas permis d'imposer à quiconque, d’autant plus qu’elle conduit au schisme
Saint Robert Bellarmin écrit dans De Romano Pontifice :
« Le pape manifestement hérétique cesse par lui-même d’être pape. »
La raison donnée est théologique : celui qui se sépare publiquement de la foi ne peut plus être le principe visible de l’unité de cette même foi.
4. Bellarmin n’est pas favorable à une autorité personnelle des fidèles
L’objection basée sur Bellarmin ne touche pas réellement la position sédévacantiste.
Bellarmin ne dit pas qu’un simple fidèle peut « déposer » un pape selon son opinion.
Il examine une question différente : la conséquence objective d’une hérésie manifeste.
Selon lui, l’Église pourrait constater cette situation, mais la cause de la perte d’office ne serait pas un acte de pouvoir supérieur au pape ; elle découlerait de la nature même de l’hérésie.
Elle en " découle" pourtant avec des conséquences canoniques parfaitement similaires, que la perte de pouvoir soit un « acte de pouvoir » ou provienne de la « nature de l’acte ». Votre distinction subtile ne justifie pas mieux le schisme sédévacantiste du Te igitur
Il faut distinguer :
- déposer quelqu’un : acte d’autorité juridique ;
- constater qu’une personne a perdu une charge par un empêchement prévu par le droit divin.
Ces deux réalités ne sont pas identiques.
Soyons sérieux ! Votre « constat » est un « jugement » prononcé par un simple fidèle qui produit tous les fruits d’un jugement, jusqu’à changer la discipline même du canon de la messe. Jouer avec les mots ne suffira pas à sauver la position sédévacantiste.
5. Le cas de Vatican II : pourquoi cette question se pose-t-elle ?
La question sédévacantiste ne repose pas sur le simple fait qu’un enseignement « déplaît ».
Elle repose sur une difficulté théologique précise :
Comment expliquer qu’une autorité suprême de l’Église puisse promulguer des enseignements ou des réformes que certains théologiens considèrent comme objectivement contraires au magistère antérieur ?
Il n’est pas raisonnable de tirer des conséquences disciplinaires aussi graves pour votre salut fondées sur les opinions de « certains théologiens »
La question porte donc sur la compatibilité entre :
- l’autorité visible de l’Église ;
- l’indéfectibilité doctrinale promise par le Christ.
Ce débat dépasse largement une simple réaction émotionnelle.
Conclusion
Réduire la position sédévacantiste à une « théologie de cow-boy » évite le véritable débat théologique.
Réduire la position sédévacantiste à une « théologie de cow-boy » n’évite pas le débat mais décrit assez bien une « thèse » qui n’est fondée sur aucun texte magistériel mais sur la simple opinion d’un théologien, fût il jésuite, dont on sait d’ailleurs qu’il a varié, et surtout avec des conséquences canoniques tellement graves qu’en 2026 plus aucun conclave ne serait désormais possible faute de cardinaux valides puisque, par leur jugement sur l'autorité du pape, les sédévacantistes refusent toute autorité et tout pouvoir d’électeurs aux cardinaux créés par les papes conciliaires. Une telle position est tellement fautive qu’elle tient de fait pour nul l’enseignement magistériel selon lequel Pierre aura TOUJOURS des successeurs. Ce qui rend la « thèse" définitivement intenable car contraire à la foi. Et qu’on ne vienne pas opposer aux vrais catholiques qu’il y a déjà eu de longues périodes de vacance car il n’y JAMAIS eu de vacances du Siège sans conclave indiscutablement LEGITIME sur le point d’y mettre fin dans un délai raisonnable par élection.
La question n’est pas :
« Un fidèle peut-il déposer un pape parce qu’il n’aime pas son enseignement ? »
La réponse est non.
La question est :
« Un homme manifestement séparé de la foi catholique peut-il encore être le principe visible de l’unité de l’Église ? »
C’est une question que des théologiens catholiques classiques ont examinée pendant des siècles. Et c'est une " question" qui n’a jamais été tranchée par le magistère
Le débat porte donc non sur une révolte contre l’autorité,…
Bien sûr que si puisque les sédévacantistes se révoltent :
1-contre l’obligation liturgique de citer le nom de l’élu du conclave lors du canon de la messe
2-contre l’interdiction de consacrer des évêques sans mandat
3- contre le pouvoir des cardinaux d’élire un pape
4-…
… mais sur la nature même de l’autorité ecclésiastique, de l’hérésie et de l’indéfectibilité de l’Église.
Et je constate que vous vous abstenez prudemment de prendre désormais une position dans ce « débat ». Vous vous contentez de l’exposer.