apvs

Maria Valtorta en résumé : le cantique de Marie. Elle rappelait ce que son âme avait vu en Dieu (suite et fin).

Ce passage de Maria Valtorta développe une idée centrale : la grâce rétablit l'homme dans sa vocation première de communion avec Dieu, et la Vierge Marie en est l'accomplissement parfait.

EMV 10 maria-valtorta.org/Publication/TOME 01/01-017.htm


En voici un résumé :

Marie, préservée du péché originel, vivait dans une intimité exceptionnelle avec Dieu. Son intelligence, n'étant pas obscurcie par la faute, conservait comme un écho du Ciel : elle pouvait « se souvenir de Dieu », c'est-à-dire retrouver, sous l'action divine, quelque chose de ce que son esprit avait contemplé au moment de sa création.

L'être humain a été créé à l'image de Dieu. Parmi les reflets de cette ressemblance figure la capacité spirituelle de recevoir, lorsque Dieu le veut, une connaissance qui dépasse les seules facultés naturelles : comprendre certaines vérités, entrevoir l'avenir ou se rappeler des réalités divines. Ces dons ne viennent jamais de l'homme lui-même, mais de Dieu.

Toute véritable connaissance surnaturelle provient de Dieu. Les prétendues révélations obtenues en dehors de la grâce, en opposition à la loi divine ou par des pratiques occultes, ne peuvent conduire à la vérité, car elles ne viennent pas de Dieu mais de l'esprit du mensonge.

La grâce est la condition indispensable de cette communion. Une âme en état de grâce devient la demeure de la Sainte Trinité ; Dieu lui parle intérieurement, éclaire son intelligence et la conduit progressivement vers la vérité.

Marie est la plénitude de cette grâce. Nouvelle Ève, Arche vivante de la Parole, elle reçoit plus que tous les saints les lumières divines. Toutefois, Dieu lui laisse volontairement ignorer certains aspects de sa mission afin qu'elle puisse exercer librement sa foi, son obéissance et acquérir ainsi de véritables mérites.

Toute sa vie est un mouvement vers Dieu. Bien que vivant sur la terre, son esprit demeure tourné vers le Ciel ; par une victoire constante sur les limites de la condition humaine, elle s'unit toujours davantage à l'Esprit de Dieu jusqu'à devenir la Mère du Verbe incarné.

En une phrase, ce passage enseigne que la grâce restaure en l'homme la ressemblance avec Dieu et lui ouvre une connaissance surnaturelle ; Marie, l'Immaculée et la Pleine de Grâce, en est la réalisation la plus parfaite, vivant dès ici-bas dans une communion avec Dieu qui préfigure celle des saints dans le Ciel.

EMV 10 maria-valtorta.org/Publication/TOME 01/01-017.htm


Jésus dit :

"
Marie se rappelait de Dieu. Elle rêvait Dieu. Elle croyait rêver. Elle ne taisait que revoir tout ce que son esprit avait vu dans la splendeur du Ciel de Dieu, à l'instant où elle avait été créée pour être unie à la chair conçue sur la terre. Elle partageait avec Dieu, bien que d'une manière très inférieure, comme la justice l'exigeait, une des propriétés de Dieu : celle de se souvenir, de voir et de prévoir par l'attribut d'une intelligence puissante et parfaite parce qu'elle n'était pas blessée par la Faute.

L'homme est créé à l'image et à la ressemblance de Dieu. Une des ressemblances réside dans la possibilité pour l'esprit de se souvenir, de voir et de prévoir. Ceci explique la possibilité de lire dans le futur. Cette faculté s'exerce de par le vouloir de Dieu, très souvent d'une manière directe, d'autres fois par un souvenir qui se lève comme le soleil sur une matinée, éclairant un point précis de l'horizon des siècles, déjà observé au sein de Dieu. Ce sont des mystères qui sont trop élevés pour que vous puissiez les comprendre pleinement. Mais réfléchissez.

Cette Intelligence Suprême, cette Pensée qui connaît tout, cette Vue qui voit tout, qui vous a créés d'un acte de sa volonté, et d'un souffle de son amour infini, en vous faisant ses fils par votre origine, ses fils aussi par votre destinée, peut-Elle vous donner une chose qui soit différente de Lui ? Il vous la donne en partie infinitésimale, parce que la créature ne saurait contenir le Créateur. Mais cette participation est complète et parfaite en son infinie petitesse.

Quel trésor d'intelligence Dieu n'avait-Il pas donné à l'homme, à Adam ! La faute l'a amoindri, mais mon Sacrifice le rétablit et ouvre les splendeurs de l'Intelligence, ses fleuves, sa science. Oh ! sublimité de l'esprit humain uni par la Grâce à Dieu, partageant avec Lui sa capacité de connaissance !... De l'esprit humain uni par la Grâce à Dieu.

Il n'existe pas d'autre mode de connaissance. Qu'ils le rappellent ceux qui recherchent curieusement des secrets qui dépassent les capacités humaines. Toute connaissance de ce genre qui ne vient pas d'une âme en état de grâce - et elle n'est pas en grâce une âme qui s'oppose à la Loi de Dieu dont les ordres sont bien clairs - ne peut venir que de Satan. Il est difficile qu'elle corresponde à la vérité dans la mesure où elle se réfère aux arguments humains et n'y correspondent jamais dans la mesure où elle se réfère au supra humain, parce que le Démon est le père du
mensonge et il entraîne avec lui sur le sentier du mensonge. Il n'y a aucune autre méthode pour connaître le vrai, que celle qui vient de Dieu. Il nous parle et dit ou rappelle à notre mémoire, comme un père rappelle à son fils un souvenir qui a trait à la maison paternelle et nous dit : "Te rappelles-tu quand avec moi tu as fait telle chose, tu as vu ceci, entendu cela ? Te rappelles-tu quand tu as reçu mon baiser à ton départ ? Te rappelles-tu quand tu as vu pour la première fois le soleil éclatant de mon visage sur ton âme vierge sitôt créée et encore pure, parce qu'à peine sortie de Moi, de la souillure qui t'a ensuite amoindri ? Te souviens-tu quand tu as compris dans un battement d'amour de ton cœur, ce que c'est que l'Amour ? Quel est le mystère de notre Être et Procéder ?" Et là, où la capacité limitée de l'homme en état de grâce ne peut parvenir, voilà l'Esprit de Science qui parle et instruit.

Mais pour posséder l'Esprit, il faut la Grâce. Mais, pour posséder la Vérité et la Science, il faut la Grâce. Pour avoir avec soi le Père, il faut la Grâce. C'est la Tente où les Trois Personnes établissent leur demeure, le Propitiatoire sur lequel se pose l'Éternel et parle, non pas de l'intérieur d'une nuée, mais en dévoilant sa Face à son fils fidèle.

Les saints se ressouviennent de Dieu, des paroles entendues dans la Pensée Créatrice, et que la
Bonté fait ressusciter en leurs cœurs, pour les élever comme des aigles, dans la contemplation du Vrai, dans la connaissance du Temps.

Marie était la Pleine de Grâce. Toute la Grâce Une et Trine était en Elle. Toute la Grâce Une et Trine la préparait comme Épouse aux Noces, comme Lit Nuptial pour sa Descendance, comme Divine pour sa Maternité et à sa mission. C'est Elle qui ferme le cycle des Prophétesses de l'Ancien Testament, et ouvre celui des "porte-parole de Dieu" dans le Nouveau Testament.

Arche véritable de la Parole de Dieu, en regardant en son sein, éternellement inviolé, Elle découvrait, tracées par le Doigt de Dieu sur son cœur immaculé, les paroles de la Science éternelle et se souvenait, comme tous les saints, de les avoir entendues lorsqu'Elle avait été engendrée avec son esprit immortel par Dieu, Père Créateur de tout ce qui a la vie. Et si Elle ne se rappelait pas tout de sa future mission, c'était pour cette raison qu'en toute perfection humaine Dieu laisse des lacunes, dues à une divine prudence qui est bonté pour sa créature en lui fournissant des occasions de mérites. Seconde Ève, Marie a dû conquérir sa part de mérite pour être la Mère du Christ par sa fidèle, bonne volonté, que Dieu a voulue même de la part de son Christ pour en faire un Rédempteur.

L'esprit de Marie était au Ciel. Son état moral et sa chair sur la terre, et il lui fallait iouler aux pieds la terre et la chair pour rejoindre l'esprit et l'unir à l'Esprit dans un embrassement fécond."

Note personnelle. Toute la journée d'hier, j'avais pensé voir l'annonce de la mort des parents et, je ne sais pourquoi, donnée par Zacharie. De la même façon, je pensais, à ma manière, comment Jésus traiterait le point du "souvenir de Dieu de la part des saints". Ce matin, quand la vision a commencé, je me suis dit : "Voilà, maintenant on va dire que (Marie) est orpheline" et j'en avais déjà le cœur serré... C'était la même tristesse de ces jours derniers que j'avais éprouvée et perçue. Au contraire, la vision n'était rien de ce que j'avais pensé voir et entendre, pas même avec une simple allusion.

Cela me console parce que je me dis que de mon propre fond il n'y a rien à attendre pas même une simple prévision sur un point donné. Tout, exactement tout vient d'une autre source. Ma peur continuelle cesse... jusqu'à la prochaine fois. En effet, elle ne cessera jamais de m'accompagner, cette crainte de me tromper et de tromper les autres.
1330
apvs

Qu'est-ce que Dieu veut vraiment ?
Certains passages de cette lettre laissent une impression de déséquilibre.
Le premier concerne le traditionalisme.
Si ce père de famille ( sans doute j.y.macron ) a effectivement vécu un milieu où dominait un moralisme angoissé, alors les paroles du moine peuvent être très justes pour lui. Mais elles ne décrivent pas nécessairement tout le traditionalisme. Il existe des communautés attachées à la liturgie traditionnelle qui mettent réellement l'accent sur la grâce, la vie intérieure et l'amour de Dieu. Inversement, on rencontre aussi du légalisme dans des milieux très éloignés du traditionalisme. Le risque est donc de transformer une expérience particulière en jugement général.
Deuxième nuance :
lorsqu'il écrit que le Christ « ne cherche pas des performances morales », cela est vrai si l'on entend que Dieu ne nous aime pas en fonction de nos performances. En revanche, le Christ appelle bien à une véritable conversion morale : « Si vous m'aimez, vous garderez mes commandements » (Jean 14,15). Les œuvres ne méritent pas l'amour de Dieu, mais elles sont le fruit normal de cet amour accueilli. Le Concile de Trente insiste précisément sur cette articulation entre grâce première et coopération libre de l'homme.
Troisième nuance :
l'opposition entre « exercices spirituels » et « relation avec Dieu » est caricaturale. Les exercices spirituels (prière, jeûne, confession, liturgie, lectio divina, chapelet...) ne sont pas des moyens d'acheter Dieu ; ils sont les moyens ordinaires par lesquels nous nous ouvrons à son action. Ce sont des remèdes et des chemins de croissance, non une monnaie d'échange.
En lisant ce texte, on peut penser aussi à l'œuvre de Maria Valtorta.
Dans L'Évangile tel qu'il m'a été révélé, Jésus revient constamment sur cette idée que Dieu désire avant tout l'amour du cœur. Mais il ne déprécie jamais la fidélité concrète aux commandements ; il montre au contraire qu'elle devient presque spontanée lorsque l'âme aime véritablement Dieu. Chez Maria Valtorta, l'obéissance naît de l'amour, et l'amour s'exprime par l'obéissance : les deux ne s'opposent jamais.
En définitive, ce texte pourrait facilement être pris pour une condamnation globale du traditionalisme, et comme une opposition entre grâce et effort.
Une formulation plus équilibrée serait peut-être :

« Dieu ne nous demande pas d'être parfaits pour nous aimer ; Il nous aime afin de nous rendre saints. La grâce précède toujours nos efforts, mais cette grâce, lorsqu'elle est accueillie, transforme réellement notre manière de vivre. Les commandements, la liturgie et les exercices spirituels ne sont pas le prix de son amour ; ils en sont les fruits et les moyens de grandir dans cette communion. »
Cette synthèse paraît mieux refléter à la fois l'Écriture, la tradition spirituelle catholique et l'enseignement constant de l'Église.