Laurier

Cardinal Jean-Baptiste MONTINI : "fidèle collaborateur" du pape PIE XII (1954)...

Certains font courir le bruit que le pape PIE XII aurait sanctionné et écarté l'Abbé Jean-Baptiste Montini du Vatican et n'aurait pas voulu le nommer cardinal afin d'éviter qu'il devienne pape ! Pure désinformation puisqu'en réalité, c'est l'exact contraire qui se trouve être la pure vérité !

A propos de PIE XII, rectifions les mensonges colportés un peu partout ! L'artisan de la nouvelle Messe, le fameux Bugnini, a été nommé en 1948 par le pape PIE XII justement ! « En 1948, Pie XII crée une « Commission pour la réforme liturgique », et le travail qu'accomplit l'abbé Bugnini dans la revue plaît tellement au pape qu'il nomme Bugnini secrétaire de la commission. C'est donc l'année suivante que Bugnini va publier son premier plan de destruction de la liturgie latine... »
Annibale Bugnini : la révolution liturgique préparée dès 1949 - L'Homme Nouveau
Paul VI n'a fait que suivre les travaux de cette commission mais quand il s'est rendu compte du désastre, en juillet 1975, il a viré Bugnini sans ménagement et supprimé sa Congrégation.... Comment l'expliquer autrement ?
Signalons aussi à ceux qui chargent le pape Paul VI de tous les maux (bouc émissaire) que tous les évêques modernistes qui ont œuvré au concile Vatican II ont été canoniquement institués par le pape PIE XII, même WOJTYLA ! Ce que reconnait et déplore même un Mgr Sanborn...

Et ce mensonge est gros : "Pie XII ne voulait pas faire cardinal" Montini !!! alors que cette volonté est expressément consignée dans les AAS !
Quand d’ailleurs, l’info officielle est trop en faveur de Paul VI, on préfère choisir la rumeur assassine… l’interprétation personnelle négative…Un exemple frappant est la nomination de l’abbé Montini au Siège de Milan, ce qui serait à considérer comme un blâme, une sanction, une disgrâce ! Selon la « petite histoire » de certains traditionalistes, il aurait voulu non seulement le sanctionner mais aussi l’empêcher d’être pape !… Info (désinformation) totalement contredite par les faits eux-mêmes bien lus et analysés : puisqu’on ne nomme pas un simple abbé (ce qu’il a été au service de Pie XII pendant presque vingt ans, comme Substitut puis pro-secrétaire d’État, son bras droit) en le sacrant évêque à S. Pierre de Rome fin 1954 et surtout en le plaçant sur le plus grand Siège d’Italie et d’Europe : Milan, Siège cardinalice et papabile par excellence ! C'est comme si on nommait l'Abbé Jacques Gaillot : cardinal archevêque de Paris pour le sanctionner ! Et on ne lui propose pas la barrette de cardinal en janvier 1953 (ce que Mgr Montini refusera, en même temps que Mgr Tardini : si le motif exact du refus est discuté, la décision ferme de Pie XII de le nommer cardinal est, elle, certaine, attestée par les documents du magistère[1] !). Que cet éloignement de Rome ait été vécu douloureusement par Mgr Montini (car personnellement, ce n’était pas son désir), est une chose, mais qu’il s’agisse là d’une punition en est une autre, totalement inventée (Pie XII ayant surtout voulu donner une expérience pastorale à l’abbé Montini, qu’il n’avait pas, et lui permettre ainsi de devenir pape, en bonne logique).

[1] Allocution du pape Pie XII au consistoire du 12 janvier 1953 : « Il est une autre chose que Nous ne pouvons passer sous silence : c’est que Notre intention avait été de faire entrer dans votre Sacré Collège les deux prélats très distingués préposés aux deux sections de la Secrétairerie d’État [Montini et Tardini], et leurs noms étaient les deux premiers inscrits dans la liste que Nous avions préparée. Mais ces deux prélats, par un insigne témoignage de vertu, Nous supplièrent si instamment de leur permettre de décliner cette haute charge que Nous crûmes devoir accéder à leurs prières et à leurs vœux répétés. Ce faisant Nous avons voulu cependant récompenser en quelque manière leur vertu et Nous les avons élevés, comme vous le savez, à un poste d’honneur qui répondît de façon plus adéquate au domaine de leur laborieuse activité. » (D’après le texte latin des A. A. S., Annus XXXXV, series II, vol. XX, 1953, p. 65-66.) Pie XII 1953 - 1 CONSTITUTION APOSTOLIQUE CONCERNANT LE JEUNE EUCHARISTIQUE

Bref, la volonté, l’intention explicite, de nommer Cardinal Jean-Baptiste Montini, ne vient pas de Jean XXIII mais indiscutablement de Pie XII, comme en font foi les Acta Apostolicæ Sedis de janvier 1953, et de sa nomination en décembre 1954 sur un Siège cardinalice notoirement papabile. Donc, il serait temps je pense d’arrêter de lire l’histoire à l’envers des choses, et de colporter malhonnêtement des histoires fausses, dont pourtant on se délecte dans une certaine « presse »…
Dans la présentation romancée de l’abbé Francesco Ricossa (reprise en boucle par tous les bulletins/vidéos sedevacantistes, sans discernement ni vérification), ça devient : « Pie XII avait refusé à Montini la pourpre cardinalice, l’excluant ainsi du conclave. Mgr Roncalli devait donc lui préparer la voie… […] Giovanni Battista Montini est subitement démis de ses fonctions à la secrétairerie d’État et envoyé en exil…[1] » !!! Ce qu’on peut appeler « prendre ses désirs pour des réalités »…
En réalité, le cardinal Roncalli, placé d’ailleurs sur le Siège patriarcal prestigieux de Venise, par ce même Pie XII en ce 12 janvier 1953, et donc papabile, membre légitime du Collège cardinalice et de la hiérarchie catholique donc, ne fit rien d’autre que de remettre dans la liste du premier Consistoire de son pontificat (15 décembre 1958) les deux noms déjà retenus par Pie XII en janvier 1953 !... puisque Mgr Tardini devint lui aussi finalement cardinal ! Montini ne pouvait plus refuser à cette date puisqu’il était déjà placé sur un Siège notablement cardinalice ! Ainsi, quand Pie XII, en parlant de Montini et Tardini, « les deux prélats très distingués », évoque leur « témoignage de vertu », et vouloir « récompenser en quelque manière leur vertu et Nous les avons élevés, comme vous le savez, à un poste d’honneur »… Et encore, où lors de la cérémonie du sacre (12 décembre 1954), il donna « la bénédiction [à] son fidèle collaborateur (fedele collaboratore), devenu aujourd’hui frère dans l’ordre épiscopal… Bénédiction, comme elle est complètement remplie des souvenirs d’un service quotidien alternant avec des joies et des peines, est aussi lumineuse de foi et d’espérance pour l’avenir du nouveau Pasteur…[2] » … il faudrait comprendre en fait : trahison, blâme, défiance, sanction, mise à l’écart, en exil, mis à la porte… C’est soi-disant le langage diplomatique de Pie XII (on serait donc dans une totale hypocrisie mensongère !?)… On nage là en plein complotisme délirant. Et on peut se poser la question : « qui est schizophrène » ? (puisque c’est aussi l’accusation portée contre Paul VI par l’ineffable revue Chiesa Viva, qui fait feu de tout bois, tout en le reconnaissant d’ailleurs pourtant bien comme pape donc dans un chaos invraisemblable ! Comprenne qui pourra !)…
D’autres ont aussi pensé pouvoir trouver un signe manifeste du pseudo-blâme du pape Pie XII contre l’abbé Montini en ne le sacrant pas lui-même évêque ! Là encore, pure imagination, quand on sait que le dernier sacre réalisé par le pape Pie XII lui-même remonte au 4 mai 1941 (pour le Cardinal Confalonieri)… et que d’une manière générale il n’en fit plus d’autre ensuite jusqu’à sa mort.[3] En revanche, il désigna pour ce sacre de l’Abbé Montini un cardinal sacré en 1937 par lui-même, le cardinal Tisserand, et doyen du Collège des cardinaux. Ainsi, dans le lignage épiscopal du cardinal Montini, on trouve juste derrière le cardinal Tisserand : les papes Pie XII, Benoît XV et saint Pie X ! Excusez du peu…
Lorsque Monseigneur Montini fut nommé par Pie XII au Siège de Milan, il fut abasourdi et dépassé. Il dit au Pape, « Saint Père, pensez-vous que je suis capable de porter cette charge ?? » Et le Pape lui donna une étreinte pour réponse. La lettre apostolique de nomination écrite par le Saint Père à son Pro-Secrétaire disait : « Il nous a semblé, ô Fils bien aimé, que tu étais la personne la plus indiquée, parce que nous connaissons ton excellence et tes talents par une intimité presque quotidienne, ta force d’âme et ta sincère piété jointe au zèle pour le salut des âmes. Ainsi, pendant les longues années où tu nous as été proche en te dévouant aux affaires de l’Église, tu as non seulement bien mérité du Siège apostolique mais, de plus, tu as eu les moyens d’acquérir beaucoup d’expérience des hommes et de leurs affaires, tant et si bien que tu nous es apparu comme le plus préparé à assumer la gouvernance spirituelle de cette métropole. »
Le Saint Père Pie XII lui-même avait voulu consacrer le nouvel archevêque et lui avait donné sa croix pectorale, mais il était maintenant sérieusement malade, allongé dans le palais adjoint, et Monseigneur Montini reçevait la plénite de la prêtrise du français barbu, Cardinal Tisserant, doyen du Collège des Cardinaux, avec les co-consécréteurs, l’évêque de Brescia, Giacinto Tredici, et le vicaire capitulaire de Milan, Domenico Bernareggi, évêque titulaire de Famagosta.
Néanmoins le courageux Pape n’était pas absent. À un moment de la cérémonie, par les haut-parleurs installés dans la basilique, la voix basse du Pontife était entendue depuis son appartement. Il déclarait lui-même être présent spirituellement à la consécration épiscopale, qu’il s’était réservée en raison de son affection pour le consacré, mais la Providence ne lui permit pas de réaliser cette intention. Il dit : « C’est en effet une consolation pour le Père qui n’a pas été en capacité d’imposer ses mains en invoquant le Saint Esprit, les levant au moment de bénir son fidèle collaborateur, celui qui est aujourd’hui devenu son frère dans l’épiscopat. » Un cardinal de la curie qui connaissait bien Montini à cette époque : « Il y a ceux qui l’égalent en intellect, mais je n’ai rencontré personne qui lui sont supérieurs en spiritualité. Personne ! »[4]
Source : Clancy, J. G. Apostle for Our Time: Pope Paul VI. New York: PJ Kenedy & Sons, 1963. pp. 41-42, 78, 80-81.
APOSTLE FOR OUR TIME POPE PAUL VI : JOHN G. CLANCY : Free Download, Borrow, and Streaming : Internet Archive

Que Mgr Montini soit pressenti pour être pape dès les années « Jean XXIII », quoi d’étonnant puisqu’il avait servi Pie XII pendant presque vingt ans, et que ce dernier l’avait placé sur un Siège cardinalice d’importance : Milan (le plus grand d’Europe), d’où venaient déjà plusieurs papes (tel Pie XI) !? Du reste, c’était aussi l’avis (la prophétie) du Padre Pio, dès fin 1959 ! « C’était en 1959. Padre Pio recevait la visite du commandeur Alberto Galletti de Milan. Après l’avoir salué, Padre Pio voulut lui parler du cardinal Montini qui avait toujours eu à son égard beaucoup d’affection et d’estime : “Ce n’est pas une bénédiction, mais c’est un flot de bénédictions que j’envoie au cardinal Montini (alors archevêque de Milan, N.d.A.) et j’y ajoute mon humble prière. Toi, dis à l’archevêque qu’après cela, il sera pape. Qu’il se prépare. As-tu bien compris ce que tu dois lui dire ?”[5] » Padre Pio était-il dans le camp ennemi, franc-maçon, membre du « réseau Rampolla » ?!...

D'autres font encore courir le bruit qu'il a déposé la Tiare en novembre 1963 pour montrer qu'il n'était pas pape légitime !! En réalité, Paul VI n'a plus porté la Tiare après 1963 pour la raison indiquée dans sa première encyclique Ecclesiam suam (1964) : « Et il faut aussi considérer que ce pivot central de la sainte Église [la primauté du Pape] ne veut pas constituer une suprématie d'orgueil spirituel et de domination humaine, mais une supériorité de service, de ministère et d'amour. Ce n'est pas vaine rhétorique d'attribuer au Vicaire du Christ le titre de “Serviteur des serviteurs de Dieu”. » (n°114). On peut respectueusement critiquer le geste mais pas l'intention, la motivation.... Mais, il n'a pas pour autant aboli le couronnement que doit recevoir tout nouveau pape ! puisqu'en octobre 1975 avec sa nouvelle Constitution pour l'élection du Pontife Romain, ce couronnement est toujours prescrit : « 92. Enfin, le Souverain Pontife est couronné par le premier cardinal diacre, ... » (Romano pontifici eligendo, 1-10-1975)

Cf. LE PAPE PAUL VI A EXPRESSÉMENT CONDAMNÉ TOUT SYNCR…

L. M. , 26 septembre 2024

Notes :

[1] Affirmation sans autre référence que lui-même : revue Sodalitium n°33 de mai 1993 pp. 48 sqq.
[2] Radiomessaggio per la Consacrazione episcopale di Monsignor Giovanni Battista Montini, Arcivescovo di Milano (12 dicembre 1954) | PIO XII
[3] Cf. Pope Pius XII (Eugenio Maria Giuseppe Giovanni Pacelli) [Catholic-Hierarchy]
[4]
[5] Plus de détails ici : Fichier PDF Padre Pio prophétise au cardinal Montini qu'il deviendra PAPE.pdf


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Le pape Pie XII s'entretient avec l'archevêque de Milan Giovanni Battista Montini, Rome, 1955

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Description de l'image
Pie XII se penche pour embrasser Giovanni Battista Montini, après l'avoir nommé Archevêque de Milan. Décembre 1954.

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Laurier

@Panetier Vous citez la phrase reproduite un peu partout, mais ce serait mieux de ne pas la détacher du contexte et de l'ensemble du discours !, plutôt édifiant si vous prenez la peine de bien en saisir le sens exact comme ici :
« Non, l’Église n’a pas dévié, mais elle s’est tournée vers l’homme. Et celui qui considère avec attention cet intérêt prépondérant porté par le Concile aux valeurs humaines et temporelles ne peut nier d’une part que le motif de cet intérêt se trouve dans le caractère pastoral que le Concile a voulu et dont il a fait en quelque sorte son programme et, d’autre part, il devra reconnaître que cette préoccupation elle-même n’est jamais dissociée des préoccupations religieuses les plus authentiques, qu’il s’agisse de la charité qui seule suscite ces préoccupations (et là où se trouve la charité là se trouve Dieu), ou du lien – constamment affirmé et mis en valeur par le Concile – existant entre les valeurs humaines et temporelles et les valeurs proprement spirituelles, religieuses et éternelles. L’Église se penche sur l’homme et sur la terre, mais c’est vers le royaume de Dieu que son élan la porte.
« La mentalité moderne, habituée à juger toutes choses d’après leur valeur, c’est-à-dire leur utilité, voudra bien admettre que la valeur du Concile est grande au moins pour ce motif : tout y a été orienté à l’utilité de l’homme. Qu’on ne déclare donc jamais inutile une religion comme la religion catholique qui, dans sa forme la plus consciente et la plus efficace, comme est celle du Concile, proclame qu’elle est tout entière au service du bien de l’homme. La religion catholique et la vie humaine réaffirment ainsi leur alliance, leur convergence vers une seule réalité humaine : la religion catholique est pour l’humanité ; en un certain sens, elle est la vie de l’humanité. Elle est la vie, par l’explication que notre religion donne de l’homme ; la seule explication, en fin de compte, exacte et sublime. (L’homme laissé à lui-même n’est-il pas un mystère à ses propres yeux ?)
« Elle donne cette explication précisément en vertu de sa science de Dieu : pour connaître l’homme, l’homme vrai, l’homme tout entier, il faut connaître Dieu. Qu’il Nous suffise pour le moment de citer à l’appui de cette affirmation le mot brûlant de sainte Catherine de Sienne : « C’est dans ta nature, ô Dieu éternel, que je connaîtrai ma propre nature. » [7] La religion catholique est la vie, parce qu’elle décrit la nature et la destinée de l’homme ; elle donne à celui-ci son véritable sens. Elle est la vie, parce qu’elle constitue la loi suprême de la vie et qu’elle infuse à la vie cette énergie mystérieuse qui la rend vraiment divine. [...]
« Aimer l’homme, disons-Nous non pas comme un simple moyen, mais comme un premier terme dans la montée vers le terme suprême et transcendant. Et alors, le Concile tout entier se résume finalement dans cette conclusion religieuse : il n’est pas autre chose qu’un appel amical et pressant qui convie l’humanité à retrouver, par la voie de l’amour fraternel, ce Dieu dont on a pu dire : « S’éloigner de lui, c’est périr ; se tourner vers lui, c’est ressusciter ; demeurer en lui, c’est être inébranlable…; retourner à lui, c’est renaître ; habiter en lui, c’est vivre, » [10] Voilà ce que Nous espérons au terme de ce second Concile œcuménique du Vatican et au début de l’entreprise de renouvellement humain et religieux qu’il s’était proposé d’étudier et de promouvoir ; voilà ce que Nous espérons pour nous-mêmes, vénérables Frères et Pères de ce même Concile ; voilà ce que nous espérons pour l’humanité tout entière qu’ici nous avons appris à aimer davantage et à mieux servir. »
Discours lors de la clôture du Concile Vatican II • 8 décembre 1965 • Paul VI • LPL
C'est ça aussi Paul VI pour celui qui lit honnêtement sans déformer le discours....
On peut certes gloser sur l'excès d'optimisme de ce texte, symbole de son époque. Mais ce qui est pathétique c'est de devoir déformer des citations pour faire croire à des hérésies là où il n'y en a pas.
Le contexte est donné par la parabole du Bon Samaritain (le Christ) qui recueille le blessé sur la route (l'homme) et l'auberge (l’Église) à qui il est confié pour le soigner. Il est évident dans ce contexte qu'il faut traduire : "nous aussi, nous plus que quiconque, nous avons le soin de l'homme."
Paul VI n'a évidemment jamais affirmé qu'"au culte du Dieu qui s'est fait homme nous avons substitué le culte de l'homme qui s'est fait Dieu". Il a simplement précisé, dans le discours de clôture, qu'au lieu de proférer des anathèmes, la première s'est penchée sur la seconde selon le modèle du bon samaritain.

Laurier

La parabole du bon samaritain est un principe révolutionnaire maintenant ?? Vous mélangez tout : "se tourner vers Dieu pour donner aux hommes les sources du Salut" n'est pas contradictoire avec l'aide et la charité que l'on doit à son prochain !!
Le Bon Samaritain est une parabole du Nouveau Testament dont se sert Jésus de Nazareth pour illustrer sa définition de l'« amour du prochain ». Il répond à une question qui lui est posée à propos de la « Règle d'or » de l'Ancien Testament : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lévitique 19:18). La parabole met en scène un voyageur, attaqué et laissé pour mort par des bandits. Un cohen (prêtre) et un lévite, tous deux juifs, incarnant l’orthodoxie religieuse de l’époque, passent à côté de lui et ne s’en préoccupent pas, par respect pour leur obligation de servir au temple. Or un Samaritain, représentant d’une population que les Juifs tiennent pour impie, se montre capable de compassion envers l'inconnu grièvement blessé qui n’est pas de sa religion. Ce Samaritain donnera de son temps et de son argent pour lui sauver la vie...
Apparemment, vous semblez vous placer plutôt des Cohen et des lévites ?
Si le pape Paul VI a souhaité centrer sa pastorale sur cet épisode biblique et y insister plus particulièrement, libre à lui ! Il n'y a là rien de répréhensible !... (et c'est tout le sens de son discours de cloture de Vatican II.)
Le concile Vatican II, que vous le vouliez ou non, a réuni l'authentique hiérarchie légitime de l'Église catholique et est un authentique concile oecuménique (réunion de tous les évêques légitimes de la planète terre, autour de celui qu'ils reconnaissaient bien comme PAPE) : donc un tel concile ne peut être hérétique formel : celui qui affirme une telle chose nie l'indéfectibilité de l'Église, et s'il persiste dans ses analyses devient hérétique ! Que le concile ait été subverti par la suite par le biais de textes confus ou mal rédigés, est une chose, mais qu'il ait enseigné l'hérésie est une impossibilité théologique radicale !
Fichier PDF indéfectibilité de l’Église catholique romaine A5 1-.pdf
Exemple : le pape Paul VI a prescrit le maintien de la communion sur la langue en 1969 (Instruction Memoriale Domini, publiée par la Congrégation pour le Culte Divin le 29 mai 1969) ! Or, aujourd'hui, la norme est devenue la communion dans la main ! Ca aussi, c'est le coup de Maître de Satan !

Laurier

@Panetier Mais non, je ne suis pas "conciliaire" mais catholique et je n'ai pas d'oeillères, contrairement à vous. Vous restez fixé sur votre seule analyse : Paul VI est un vilain hérétique et le concile Vat. II également... POINT. C'est presque un nouveau "dogme de foi" ! Mais qui donc s'est réuni en concile en 1962-1965 sinon l'authentique hiérarchie légitime canoniquement établie par le pape PIE XII dans sa très grande majorité ?! Y compris le premier d'entre eux : le pape Paul VI, comme je le démontre éloquemment justement dans cet article ! Qui donc a produit ce que vous appelez "l'Église conciliaire" ? La vraie hiérarchie peut-elle sombrer totalement, malgré les promesses du Christ et produire un "monstre" ?? Le pape reconnu tel par l'Église universelle en 1963, sans aucune exception, également peut-il défaillir gravement dans la Foi ?? A vous entendre, eh bien oui (vous évitez de répondre) et alors ce serait le trou noir absolu pour l'Église... qui ne serait plus indéfectible !
Puisque vous suivez les prêtres de la "résistance" il me semble, j'ai posé une question à l'abbé Salenave, mais qui est restée sans réponse :
Le démon peut il créer une nouvelle église ?

3 autres commentaires de Laurier
Laurier

@Panetier Qu'il y ait une fausse église qui cherche à supplanter la vraie, c'est plus qu'évident et tous mes textes l'indiquent (les "loups ravisseurs" et les "faux apôtres/prophètes" sont annoncés dans l'Évangile) ! Mais où, en qui, demeure aujourd'hui la vraie Église, ayant juridiction ordinaire d'un vrai pape nécessairement, qui dogmatiquement ne peut pas s'interrompre un seul instant ?! (promesses divines) Vous ne répondez pas à mes questions, mais ce faisant vous perdez la Foi dans l'Église indéfectible et Apostolique qui doit demeurer "en tout temps, jusqu'à la consommation des siècles" (note essentielle qui est au Credo).... Si TOUTE "la hiérarchie a sombré" comme vous l'écrivez, vous n'avez plus la Foi catholique ! En êtes-vous conscient ? Revoyez votre catéchisme !
LES HÉRÉSIES DE L’ABBÉ XAVIER ROLLAND (ex-GROSSIN)
De plus, vous citez le Padre Pio sans prendre en compte la grande estime qu'il avait pour Montini / Paul VI.... :
Fichier PDF Padre Pio prophétise au cardinal Montini qu'il deviendra PAPE.pdf

Laurier

@Panetier Cela vous satisfait peut-être mais ce n'est pas conforme à la doctrine catholique ! Les prêtres et les évêques sans juridiction ne font pas partie de la hiérarchie d'institution divine (canon 108 §3) et ne rendent pas compte de la succession apostolique ininterrompue ! Dommage que vous refusiez d'avancer plus avant dans la connaissance de cette doctrine (car vous découvririez la vérité), préférant vous fier à des analyses sans autorité, contrairement aux citations apportées dans ce livre :
Fichier PDF APOCALYPSE XII La Femme au désert.pdf
Et sur ce qu'est véritablement LA PASSION DE L'ÉGLISE, c'est ici :
LA PASSION DE L’ÉGLISE et le Pasteur frappé

Laurier

@Panetier Citations parmi tant d'autres :
« C’est pourquoi il est aussi manifeste que la série des successeurs ne doit jamais être interrompue, si en effet à un certain point elle est interrompue, cesse ce ministère avec lequel l’Église doit être gouvernée et cesse le principe de sa vraie unité, l’Église elle-même cesse donc : mais si jamais un jour l’Église cesse, elle ne pourra plus être rétablie. En effet son principe efficient est le ministère des Apôtres qui consiste à enseigner, gouverner et sanctifier, et qui dans cette hypothèse n’existerait plus. Les ministres ne peuvent pas s’engendrer d’eux-mêmes, puisque le ministère doit être Apostolique et pour être Apostolique il doit provenir par transmission de la succession… » (Domenico Palmieri, s. j., Tractatus de Romano Pontifice, Prati Giachetti 1891.)
Et encore : « La première voie [pour constater qu’un évêque est légitime successeur des apôtres] est, que l’on puisse démontrer avec des documents historiques, qu’il est en connexion avec l’un des apôtres au moyen d’une série ininterrompue de prédécesseurs ; il est toutefois nécessaire de démontrer en même temps que personne dans toute la série n’a jamais occupé illégitimement la place de l’immédiat prédécesseur ni n’a jamais perdu sa mission après avoir été légitimement coopté ; en effet, la succession matérielle à elle seule ne prouve rien (n° 120). Donc, quiconque se vante de la succession apostolique mais n’est pas uni au Pontife romain peut certainement avoir le pouvoir de l’ordre, peut occuper par succession matérielle le siège fondé par un apôtre, ou au moins pourrait le faire, mais n’est pas le vrai et formel successeur des apôtres dans la charge pastorale (n° 120). » (Mgr G. Van Noort, Tractatus de Ecclesia Christi. Hilversi in Hollandia, 1932.)
Tout est dit en quelques paragraphes ! Et la conclusion s’impose sinon on perd la Foi catholique ! Un sedevacantiste m’écrit : « de fait, beaucoup de questions sans réponse »… C’est quand même ennuyeux quand ça touche à des éléments essentiels de notre Foi catholique ! Il serait plus honnête d’écrire : on ne veut pas de cette réponse (la survie de P.) ! qui pourtant : « elle ne s’oppose à aucune vérité de la Foi et ne nie aucun fait dogmatique. » (abbé Belmont)… Contrairement au sedevacantisme qui est clairement devenu une impossibilité théologique car alors, il n’y aurait plus ni pape, ni cardinaux, ni évêques légitimes : donc la succession apostolique serait irrémédiablement rompue, et l’Église vaincue par l’Ennemi ! Comment, pour les sedevacantistes, justifier aujourd’hui de la note d’Apostolicité et de la succession apostolique formelle ininterrompue ?? Une rupture est dogmatiquement impossible ! Rejeter Bergoglio comme usurpateur et pape illégitime : OUI, mais pour s’accrocher à qui et à quoi ? Plus de juridiction ordinaire nulle part (Pasteurs légitimes) = mort de l’Église (cf. citations ci-dessus).

Napo Lissou partage ceci
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Laurier

@Panetier "Un tel papier" ? Basé en l’occurrence sur des sources incontestables (AAS et discours du pape lors du sacre de Mgr Montini) ! Quand on recherche la vraie vérité, on ne peut qu'apprécier au lieu des fadaises répandues sur Paul VI (la liste est longue)....

Laurier

@Panetier Ce n'est pas avec des raccourcis et des analyses personnelles qu'on résout la crise de l'Église, et pour votre éclairage personnel, je vous cite un auteur pourtant bien connu dans les milieux traditionalistes et qui ne peut être taxé de libéralisme lui, puisque son livre est titré précisément "Le Libéralisme est un péché" par Don Félix Sarda Y Salvani :
« chapitre XXX
Que faut-il penser des relations que le Pape entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux ?
Mais alors, s’écriera-t-on, que devons-nous penser des relations et des amitiés que l’Église entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux, ou, ce qui revient au même, avec le libéralisme.
Réponse.
Nous devons estimer que ce sont là des relations et amitiés officielles : rien de plus. Ces relations ne supposent aucune affection particulière pour les personnes qui en sont l’objet, bien moins l’approbation de leurs actes et infiniment moins encore l’adhésion à leurs doctrines ou leur approbation. Ceci est un point qu’il convient d’éclaircir, puisque c’est là-dessus que les sectaires du libéralisme dressent un grand appareil de théologie libérale pour combattre la sainte intransigeance catholique.
Il convient d’abord de faire remarquer qu’il y a deux ministères dans l’Église de Dieu : un que nous appellerons apostolique, relatif à la propagation de la foi et au salut des âmes, l’autre que nous pourrions très bien nommer diplomatique, ayant pour sujet les relations humaines avec les pouvoirs de la terre.
Le premier est le plus noble : c’est à proprement parler le principal et essentiel. Le second est inférieur et subordonné au premier, dont il est uniquement l’auxiliaire. Dans le premier l’Église est intolérante et intransigeante ; elle va droit à sa fin, et rompt plutôt que de plier : Frangi non flecti. Voyez plutôt l’histoire de ses persécutions. Il s’agit de droits divins et de devoirs divins, par conséquent il n’y a là ni atténuation ni transaction possible. Dans le second ministère, l’Église est condescendante, bienveillante et pleine de patience. Elle discute, elle sollicite, elle négocie, elle donne des louanges dans le but d’adoucir, elle se tait quelquefois pour mieux réussir, recule, se semble, mais pour mieux avancer et pour tirer bientôt un meilleur parti de la situation. Dans cet ordre de relations sa devise pourrait être : flecti non frangi. Il s’agit ici de relations humaines, elles comportent par suite une certaine flexibilité et admettent l’usage de ressorts spéciaux.
Sur ce terrain tout ce qui n’est pas déclaré mauvais et défendu par la loi commune dans les relations ordinaires entre les hommes est licite et bon. Plus clairement : l’Église croit pouvoir se servir et se sert en effet dans cette sphère de toutes les ressources d’une ‘‘honnête diplomatie’’.
Qui osera lui faire un reproche soit de ce qu’elle accrédite des ambassadeurs auprès de gouvernements mauvais et même de princes infidèles et en accepte de leur part, soit de ce qu’elle leur fasse ou reçoive d’eux des présents, des politesses et des honneurs diplomatiques, de ce qu’elle offre des distinctions, des titres, des décorations à leurs représentants, de ce qu’elle honore leurs famille, par de courtoises et gracieuses manières de parler et rehausse leurs fêtes par la présence de ses légats ?
Mais voilà qu’aussitôt les sots et les libéraux nous viennent à l’encontre : « Eh ! pourquoi devrions-nous détester le libéralisme et combattre les gouvernements libéraux, puisque le Pape traite avec eux, les reconnaît, et les comble de distinctions ? » Méchants ou bornés ! L’un et l’autre à la fois peut-être, écoutez cette comparaison et jugez ensuite. Père de famille, vous avez cinq ou six filles que vous élevez dans la plus rigoureuse honnêteté. En face de votre maison ou simplement séparées de vous par un mur mitoyen, vivent des créatures infâmes Vous recommandez sans cesse à vos filles de n’avoir aucune relation avec ces femmes de mauvaise vie. Vous leur défendez même de les regarder et de les saluer. Vous voulez qu’elles les tiennent pour perverses et corrompues, qu’elle abhorrent leur conduite et leurs idées, prennent soin de ne leur ressembler en rien, ni par leur langage, ni par leurs œuvres, ni par leurs toilettes. Vos filles bonnes et dociles ont le devoir évident de suivre vos ordres qui sont ceux d’un père de famille prudent et avisé. Mais voilà qu’un différend s’élève entre vous et ce voisinage sur un point d’intérêt commun. Une confrontation de limites ou une conduite d’eau par exemple, et vous, père de famille honorable, vous êtes tenu, tout en demeurant honorable, d’entrer en pourparlers avec une de ces créatures infâmes sans que pour cela elle cesse d’être infâme, ou tout au moins avec quelqu’un qui la représente. Vous devez traiter de cette affaire et avoir des entrevues. Vous vous parlez et usez l’un envers l’autre des formules de courtoisie en usage dans la société et cherchez à vous entendre et à conclure un accord sur la question en litige.
Vos filles auraient-elles raison de s’écrier tout aussitôt : « Puisque notre père est entré en relations avec nos voisines de mauvaise vie, c’est qu’elles ne sont pas aussi mauvaises qu’il le prétend. Nous pourrons donc, nous aussi, avoir des rapports avec elles, leur supposer de bonnes mœurs, trouver leur toilettes modestes, louable et honorable leur manière de vivre ».
Voyons, est-ce que vos filles ne parleraient pas comme des sottes en tenant ce langage ? Appliquons maintenant la parabole ou comparaison.
L’Église est la famille des gens de bien (ou qui devraient l’être et qu’elle désire tels), mais elle est entourée de gouvernements plus ou moins pervers ou entièrement pervertis. Elle dit donc à ses enfants : « Détestez les maximes de ces gouvernements ; combattez-les ; leur doctrine n’est qu’erreur, leurs lois ne sont qu’iniquité ». Toutefois, et en même temps, dans des questions où sont engagés ses intérêts propres et parfois les leurs, elle se trouve dans la nécessité de traiter avec les chefs ou représentants de ces mauvais gouvernements, et, de fait, elle traite avec eux, reçoit leurs compliments, et use envers eux des formules d’urbanité diplomatique en usage dans tous pays, pactise avec eux sur des sujets d’intérêt commun, s’efforçant de tirer le meilleur parti possible de sa situation au milieu de pareils voisins. Agir ainsi, est-ce mal ? Non, sans aucun doute. Mais n’est-il pas ridicule qu’un catholique se prévalant aussitôt de cette conduite nous la présente comme la sanction des doctrines que l’Église ne cesse de condamner, et comme l’approbation d’actes qu’elle ne cesse de combattre ?
Voyons, est-ce que l’Église sanctionne le Coran, en traitant de puissance à puissance avec les sectateurs du Coran ? Approuve-t-elle la polygamie parce qu’elle reçoit les présents et les ambassades du Grand-Turc ? Eh bien ! c’est de la même façon que l’Église approuve le libéralisme, quand elle décore ses rois ou ses ministres, quand elle leur envoie ses bénédictions, simples formules de courtoisie chrétienne que le pape accorde même aux protestants. C’est un sophisme que de prétendre que l’Église autorise par de tels actes ce que par d’autres actes elle ne cesse de condamner. Son ministère diplomatique n’annule pas son ministère apostolique ; et c’est dans ce dernier qu’il faut chercher l’explication des contradictions apparentes de son ministère diplomatique.
Ainsi se comporte le pape avec les chefs des nations, ainsi l’évêque avec ceux du diocèse, ainsi le curé avec ceux de la paroisse. Chacun sait jusqu’où vont ces relations officielles et diplomatiques et quel en est le véritable sens, seuls les malheureux sectaires du libéralisme et ceux qui en sont entachés l’ignorent ou feignent de l’ignorer. »
LE CHAPITRE PRÉCÉDENT EST TOUT AUSSI PERTINENT :
« Chapitre XXIX
Quelle conduite doit observer le bon catholique avec les ministres de Dieu ainsi infectés de libéralisme ?
Voilà qui est bien, dira quelqu’un. Tout ceci est très facile à comprendre, et il suffit d’avoir quelque peu feuilleté l’histoire pour s’en convaincre. Mais, le côté délicat et épineux est de tracer la conduite que doit tenir avec les ecclésiastiques dévoyés, le fidèle laïque, aussi saintement jaloux de la pureté de sa foi que des droits légitimes de l’autorité.
Il est indispensable ici d’établir diverses distinctions et classifications et de répondre différemment à chacune d’elles.
1° - Il peut arriver qu’un ministre de l’Église soit publiquement condamné par elle comme libéral; dans ce cas il suffira de se souvenir que tout fidèle ecclésiastique ou laïque que l’Église sépare de son sein, cesse d’être catholique quant au droit d’être tenu pour tel, tant que, par une véritable rétractation et un formel repentir, il ne s’est pas fait réintégrer dans la communion des fidèles. Lorsqu’il en est ainsi d’un ministre de l’Église, c’est un loup ; il cesse d’être un pasteur et même une brebis. Il faut l’éviter, et surtout prier pour lui.
2° - Il peut se présenter le cas d’un ministre tombé dans l’hérésie sans être officiellement déclaré coupable par l’Église, il convient alors d’user d’une grande circonspection. Un ministre de l’Église, tombé dans une erreur contre la foi ne peut être officiellement discrédité que par le chef hiérarchique, ayant juridiction sur lui. Toutefois, sur le terrain de la polémique purement scientifique, on peut l’attaquer pour ses erreurs et l’en convaincre, laissant toujours le dernier mot ou la sentence définitive à l’autorité seule infaillible du maître universel. La grande règle, la seule règle en ces matières, dirions-nous volontiers, c’est la pratique constante de l’Église de Dieu, suivant cet adage d’u saint Père. Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus [13]. Eh bien ! Voici comment l’on a toujours procédé dans l’Église de Dieu. De simples fidèles ont remarqué chez un ecclésiastique des doctrines opposées à celles communément enseignées comme exclusivement bonnes et vraies ; contre elles ils ont poussé le cri d’alarme dans leurs livres, de vive voix et dans leurs brochures, réclamant ainsi du magistère infaillible de Rome la sentence décisive. Ce sont les aboiements du chien qui avertissent le berger. À peine s’il y a eu dans le catholicisme une hérésie qui n’ait point été démasquée et confondue tout d’abord de cette façon.
3° - Le cas peut se présenter où le malheureux dévoyé soit un ministre de l’Église auquel nous sommes particulièrement subordonnés. Il est nécessaire alors de procéder avec plus de mesure et de discrétion encore. Il faut respecter en lui l’autorité divine jusqu’à ce que l’Église l’en déclare dépouillé. Si l’erreur est douteuse, il faut appeler sur elle l’attention des supérieurs immédiats, afin qu’ils demandent à celui qui en est soupçonné des explications nettes et claires. L’erreur est-elle évidente, il n’est pas néanmoins permis de se mettre immédiatement en révolte ouverte, et il faut se contenter d’une résistance passive à cette autorité, sur les points où elle se met manifestement en contradiction avec les doctrines reconnues pour saines dans l’Église. On doit conserver pour elle le respect extérieur qui lui est dû, lui obéir en tout ce qui n’est pas d’un enseignement condamné ni nuisible ; et lui résister pacifiquement et respectueusement en tout ce qui s’écarte du sentiment commun catholique.
4° - Il peut encore arriver (c’est le cas le plus fréquent), que l’erreur d’un ministre de l’Église porte moins sur des points de la doctrine catholique, que sur certaines appréciations de faits et de personnes ; appréciations plus ou moins liées avec elle. Dans ce cas, la prudence chrétienne conseille de tenir en prévention ce prêtre entaché, de préférer à ses avis ceux des prêtres qui n’ont pas de pareilles taches, et de se souvenir de cette maxime du Sauveur : « Un peu de levain fait fermenter toute la masse ». En conséquence, la règle à ce propos, sûre entre toutes, est ici de se tenir en une prudente défiance. Enfin, en ceci comme en tout autre chose, il faut demander à Dieu ses lumières, aux personnes dignes et d’une foi intègre leurs conseils, nous tenant toujours sur la plus grande réserve avec quiconque ne juge pas sainement des erreurs du jour, ou ne se prononce pas clairement contre elles.
Voilà tout ce que nous pouvons dire sur ce sujet, hérissé d’innombrables difficultés qu’il est impossible de résoudre en thèse générale. N’oublions pas une observation d’où jaillissent des torrents de lumière. On connaît mieux l’homme par ses affections personnelles que par ses paroles et ses écrits. Être l’ami des libéraux, mendier leurs faveurs et leurs louanges est, régulièrement parlant, pour un prêtre, une preuve plus que douteuse d’orthodoxie doctrinale.
Que nos amis fixent leur attention sur ce phénomène moral, ils verront combien est sûre la règle, combien infaillible le critère qu’ils en tireront. »
(Par Don Félix Sarda y Salvany, docteur en théologie, Prêtre du diocèse de Barcelone et directeur du journal « La Revista popular » Traduit de l’espagnol par Madame la marquise de Tristany Suivi de la lettre pastorale sur le libéralisme des évêques de l’Equateur.)
Avec un décret d'approbation de la Sacrée Congrégation de l’Index :
« C’est pourquoi ladite Sacrée-Congrégation a soigneusement examiné l’un et l’autre opuscule, avec les observations qu’ils avaient suscitées. Or, dans le premier, non seulement elle n’a rien trouvé qui soit contraire à la saine doctrine, mais son auteur D. Félix Sarda mérite d’être loué, parce qu’il expose et défend la saine doctrine sur le sujet dont il s’agit, par des arguments solides, développés avec ordre et clarté, sans nulle attaque à qui que ce soit. »