Laurier

LE PAPE PAUL VI A EXPRESSÉMENT CONDAMNÉ TOUT SYNCRÉTISME ET L'IRÉNISME !

LE PAPE PAUL VI a expressément condamné tout syncrétisme et tout irénisme, donc celui de Bergoglio qui trahit perfidement l'enseignement du pape Paul VI (Ecclesiam suam, 6 août 1964) :

« 64 - Voici comment le même saint Paul éduquait les chrétiens de la première génération : « Ne formez pas avec des infidèles d'attelage disparate. Quel rapport en effet entre la justice et l'impiété ? Quelle union entre la lumière et les ténèbres ?... Ou quelle association entre le fidèle et l'infidèle ? » (2 Cor., 6, 14.16). La pédagogie chrétienne devra toujours rappeler à son élève des temps modernes cette condition privilégiée et le devoir qui en découle de vivre dans le monde sans être du monde, selon le souhait rappelé ci-dessus, que Jésus formait pour ses disciples : « Je ne te prie pas de les retirer du monde, mais de les garder du mal. Ils ne sont pas du monde, comme moi je ne suis pas du monde. » (Jn, 17, 15-16.) Et l'Eglise fait sien ce même souhait.
65 - Mais cette distinction d'avec le monde n'est pas séparation. Bien plus, elle n'est pas indifférence, ni crainte, ni mépris. [...]
90 - Jusqu'à quel point l'Eglise doit-elle se conformer aux circonstances historiques et locales dans lesquelles elle déploie sa mission ? Comment doit-elle se prémunir contre le danger d'un relativisme qui entamerait sa fidélité au dogme et à la morale ? Mais comment en même temps se rendre capable d'approcher tous les hommes pour les sauver tous, selon l'exemple de l'Apôtre : « Je me suis fait tout à tous, afin de les sauver tous » ? (1 Cor., 9, 22.) [...]
91 - Mais le danger demeure. L'art de l'apôtre est plein de risques. La préoccupation d'approcher nos frères ne doit pas se traduire par une atténuation, par une diminution de la vérité. Notre dialogue ne peut être une faiblesse vis-à-vis des engagements de notre foi. L'apostolat ne peut transiger et se transformer en compromis ambigu au sujet des principes de pensée et d'action qui doivent distinguer notre profession chrétienne. L'irénisme et le syncrétisme sont, au fond, des formes de scepticisme envers la force et le contenu de la Parole de Dieu que nous voulons prêcher.
92 - Seul celui qui est pleinement fidèle à la doctrine du Christ peut être efficacement apôtre. Et seul celui qui vit en plénitude la vocation chrétienne peut être immunisé contre la contagion des erreurs avec lesquelles il entre en contact. [...]
111 - Puis, autour de nous nous voyons se dessiner un autre cercle immense, lui aussi, mais moins éloigné de nous : c'est avant tout celui des hommes qui adorent le Dieu unique et souverain, celui que nous adorons nous aussi ; Nous faisons allusion aux fils, dignes de Notre affectueux respect, du peuple hébreu, fidèles à la religion que Nous nommons de l'Ancien Testament ; puis aux adorateurs de Dieu selon la conception de la religion monothéiste - musulmane en particulier - qui méritent admiration pour ce qu'il y a de vrai et de bon dans leur culte de Dieu ; et puis encore aux fidèles des grandes religions afro-asiatiques. Nous ne pouvons évidemment partager ces différentes expressions religieuses, ni ne pouvons demeurer indifférent, comme si elles s'équivalaient toutes, chacune à sa manière, et comme si elles dispensaient leurs fidèles de chercher si Dieu lui-même n'a pas révélé la forme exempte d'erreur, parfaite et définitive, sous laquelle il veut être connu, aimé et servi ; au contraire, par devoir de loyauté, nous devons manifester notre conviction que la vraie religion est unique et que c'est la religion chrétienne, et nourrir l'espoir de la voir reconnue comme telle par tous ceux qui cherchent et adorent Dieu. |...]
Mais Nous devons dire aussi qu'il n'est pas en Notre pouvoir de transiger sur l'intégrité de la foi et sur les exigences de la charité. Nous entrevoyons des défiances et des résistances à cet égard. Mais maintenant que l'Eglise catholique a pris l'initiative de recomposer l'unique bercail du Christ, elle ne cessera d'avancer en toute patience et avec tous les égards possibles ; elle ne cessera pas de montrer comment les prérogatives qui tiennent encore éloignés d'elle les frères séparés ne sont pas le fruit d'ambitions historiques ou d'une spéculation théologique imaginaire, mais qu'elles dérivent de la volonté du Christ et que, comprises dans leur véritable signification, elles tournent au bien de tous, servent à l'unité commune, à la liberté commune et à la commune plénitude chrétienne ; l'Eglise catholique ne cessera de se rendre capable et digne, dans la prière et dans la pénitence, de la réconciliation désirée.
Une pensée à cet égard Nous afflige, celle de voir que c'est précisément, Nous, défenseur de cette réconciliation, qui sommes considéré par beaucoup de nos frères séparés comme l'obstacle, à cause du primat d'honneur et de juridiction que le Christ a conféré à l'apôtre Pierre, et que Nous avons hérité de lui. Certains ne disent-ils pas que si la primauté du Pape était écartée, l'union des Eglises séparées avec l'Eglise catholique serait plus facile ? Nous voulons supplier les frères séparés de considérer l'inconsistance d'une telle hypothèse ; et non seulement parce que sans le Pape l'Eglise catholique ne serait plus telle, mais parce que l'office pastoral suprême, efficace et décisif de Pierre venant à manquer dans l'Eglise du Christ, l'unité se décomposerait ; et on chercherait en vain ensuite à la recomposer sur des principes qui remplaceraient le seul principe authentique, établi par le Christ lui-même : “Il y aurait dans l'Eglise autant de schismes qu'il y a de prêtres”, écrit justement saint Jérôme (Dial, contra Luciferianos n° 9 ; P.L. 23, 173).
Et il faut aussi considérer que ce pivot central de la sainte Eglise ne veut pas constituer une suprématie d'orgueil spirituel et de domination humaine, mais une supériorité de service, de ministère et d'amour. Ce n'est pas vaine réthorique d'attribuer au Vicaire du Christ le titre de « Serviteur des serviteurs de Dieu ».

115 - Tel est le plan sur lequel veille Notre dialogue, qui avant même de se dérouler en conversations fraternelles s'exprime en colloque avec le Père céleste, en effusion de prière et d'espérance.
116 - Nous devons noter avec joie et avec confiance, vénérables frères, que ce secteur varié et très étendu des chrétiens séparés est tout pénétré de ferments spirituels qui semblent préluder à des développements consolants pour la cause de leur remise en place dans l'unique Eglise du Christ. »

Du Vatican, le 6 août 1964, en la fête de la Transfiguration de Notre-Seigneur Jésus-Christ.
PAULUS PP. VI

Nota : « L’irénisme est une attitude visant à la compréhension mutuelle en se focalisant sur ce qui unit ou rapproche et en minimisant ce qui éloigne ou amène au conflit. Historiquement, cette attitude est apparue dans la réflexion de Leibniz sur les rapports entre Églises. Le terme irénisme vient du grec εἰρήνη, la paix. » Wikipédia
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Laurier

@Elie M. Il convient de faire une lecture dans le sens authentique du texte et de ne pas lui faire dire ce qu'il ne dit pas (analyse/interprétation subversive illégitime) et le pape Paul VI s'est exprimé clairement notamment en juin 1968 (Credo) :
« Nous croyons à l'Église une, sainte, catholique et apostolique, édifiée par Jésus-Christ sur cette pierre qui est Pierre. Elle est le Corps mystique du Christ, à la fois société visible instituée avec des organes hiérarchiques et communauté spirituelle, [...] Nous croyons TOUT ce qui est contenu dans la parole de Dieu écrite ou transmise, et que l'Église propose à croire comme divinement révélé, soit par un jugement solennel, soit par le magistère ordinaire et universel. [...] Nous avons l'espérance que les chrétiens qui ne sont pas encore dans la pleine communion de l'unique Église se réuniront un jour en un seul troupeau avec un seul pasteur. Nous croyons que l'Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l'Église. »
Et même l'Abbé Gleize admet que Paul VI n'a rien enseigné d'autre : «
La constitution Lumen gentium sur l’Eglise, complétée par le décret Unitatis redintegratio sur l’œcuménisme et la déclaration Nostra aetate sur les religions non chrétiennes récusent en effet le principe même du pluralisme religieux, c’est-à-dire l’idée de l’égale dignité, vérité et efficacité en matière de salut de toutes les religions. Pour admettre la valeur salvifique de toutes les religions, les enseignements de Vatican II veulent l’entendre de façon différenciée, en référence à la primauté de l’Eglise du Christ, subsistant dans l’Eglise catholique.
« 2. L’idée du pluralisme religieux entendu au sens strict fit d’ailleurs l’objet d’une évaluation critique de la part de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi, alors dirigée par le cardinal Joseph Ratzinger, dans une Notification que publia l’Osservatore Romano du 26 février 2001. Le Saint Siège prit alors occasion de la parution du livre du Père jésuite Jacques Dupuis, Vers une théologie chrétienne du pluralisme religieux sorti en librairie en 1997, pour réagir et indiquer le véritable sens des textes du Concile censés autoriser le dialogue interreligieux. »
La néo pastorale de François (II) • Abbé Jean-Michel Gleize • LPL

Elie M.

Est récusée, selon Gleizes, "l’idée de l’égale dignité, vérité et efficacité en matière de salut de toutes les religions."
Donc si c'est inégal, c'est bien. Le christianisme sauve à 100%, l'islam à disons 50%, etc.
Apprenez à lire ce que vous citez vous-même avant de parler du sens authentique d'un texte !

Laurier

@Elie M. Apprenez aussi la bonne théologie : « Nous croyons que l'Église est nécessaire au salut, car le Christ qui est seul médiateur et voie de salut se rend présent pour nous dans son Corps qui est l'Église. Mais le dessein divin du salut embrasse tous les hommes; et ceux qui, sans faute de leur part, ignorent l'Évangile du Christ et son Église mais cherchent Dieu sincèrement et, sous l'influence de la grâce, s'efforcent d'accomplir sa volonté reconnue par les injonctions - de leur conscience, ceux-là, en un nombre que Dieu seul connaît, peuvent obtenir le salut. » (Credo 1968)

Elie M.

Rien à voir. Votre confusion : Jésus OFFRE son salut à tous les hommes, soit durant leur vie terrestre par l'Eglise, soit dans le mystère de sa descente aux enfers (shéol). Jésus ne sauve pas tous les hommes car ceux qui refusent son salut, il ne peut pas le leur donner de force.
Offrir et sauver, ce n'est pas la même chose car entre les deux, il y a le oui ou le non de l'homme...

Laurier

@Elie M. Il n'a jamais été dit ici que "Dieu sauve tous les hommes", mais que "Dieu VEUT que tous les hommes soient sauvés" (1 Timothée II, 4) : la nuance est de taille et les textes cités ci-dessus ne disent pas autre chose.

Elie M.

C'est justement Ecclesiam Suam qui a lancé l'idée des cercles concentriques autour de l'Eglise, avec de moins en mois de "vérité" au fur et à mesure qu'on s'en éloigne.
De là, l'idée que l'Eglise catholique sauve "mieux" que les autres confessions chrétiennes, et beaucoup mieux encore que les autres "religions", voire l'athéisme.
La différence est totalement minime avec l'affirmation que toutes les religions mènent à Dieu (y compris, logiquement, la religion luciférienne).

Sur la photo, on voit le pape Paul VI portant la tiare, ce qui était très rare. Elu et couronné en juin 1963, Paul VI renonça à la porter en novembre 1963 et depuis lors, plus aucun pape n'a porté de tiare. Cette tiare fabriquée pour le couronnement de Paul VI a été rachetée par l'Eglise des Etats-Unis et est exposée en permanence dans la basilique de l'Immaculée Conception à Washington D.C.

Laurier

@Xavier Edmond Schaffers Paul VI n'a plus porté la Tiare après 1963 pour la raison indiquée dans sa première encyclique citée ici : « Et il faut aussi considérer que ce pivot central de la sainte Église [la primauté du Pape] ne veut pas constituer une suprématie d'orgueil spirituel et de domination humaine, mais une supériorité de service, de ministère et d'amour. Ce n'est pas vaine rhétorique d'attribuer au Vicaire du Christ le titre de “Serviteur des serviteurs de Dieu”. » (n°114). Mais, il n'a pas pour autant aboli le couronnement que doit recevoir tout nouveau pape ! puisqu'en octobre 1975 avec sa nouvelle Constitution pour l'élection du Pontife Romain, ce couronnement est toujours prescrit : « 92. Enfin, le Souverain Pontife est couronné par le premier cardinal diacre, ... » (Romano pontifici eligendo, 1-10-1975)

Laurier

@AveMaria44
L’explication, la RÉPONSE, M. Gilbert Chevalier, elle est écrite et annoncée depuis des siècles dans l’Écriture sainte et vous devez pourtant bien la connaître, non ?
1. C’est l’heure de la Puissance des Ténèbres évoquée par le Christ lors de sa Passion (Luc XXII, 53).
2. Où la Bête apocalyptique aura le pouvoir de « jeter à terre la vérité et de vaincre les saints. » (Apoc. XIII, 7 ; Isaïe LIII, 8 ; Dan. VIII, 7-12 et XII, 11-12 ; II Thess. II.)
3. Le Prophète Daniel nous en avertit : « VIII, 10. Et elle s’éleva jusqu’à la force du ciel, et renversa une partie de la force, et des étoiles, et les foula aux pieds. 11. Et elle s’éleva jusqu’au prince de la force, elle lui ravit son sacrifice perpétuel, et renversa le lieu de sa sanctification. 12. Or la force lui fut donnée contre le sacrifice perpétuel, à cause des péchés ; et la vérité sera abattue sur la terre, et il agira, et il prospérera.… » [VIII, 11 sq. et XII, 11] « C’est, en un mot, le Sacrifice de nos autels qui alors, en ces terribles jours, sera partout proscrit, partout interdit, sauf ce qui pourra se faire et se fera dans l’ombre souterraine des catacombes, partout interrompu. » (cardinal Billot, La Parousie, Beauchesne 1920.) « Le chef de l’armée des saints, le prince de la force, dans l’Église militante au temps de l’Antéchrist, c’est le Pape, Vicaire de Jésus-Christ, éminent gardien du sacrifice perpétuel, et fondement de l’Église catholique. Cf. Matthieu XVI, 18. »
La caractéristique essentielle de La Passion est indiquée par le Christ lui-même qui s’appuie sur une Prophétie du prophète Zacharie : « Le Pasteur étant frappé, le troupeau sera dispersé. » (Zacharie XIII, 7 ; Isaïe LIII, 8 ; Daniel VIII, 7 et XII, 7 ; Matth. XXVI, 31 ; Marc XIV, 27). La Passion est donc vécue avant tout dans la Tête. Jésus-Christ dans sa nature humaine lorsqu’il était présent parmi nous. Le pape légitime, son vicaire, « doux christ sur la terre » (sainte Catherine de Sienne), en toute logique, pour « la Passion de l’Église », devant donc subir une gravissime persécution, scandalisant les fidèles, pour l’heure de la Puissance des Ténèbres (potestas Tenebrarum : Luc XXII, 53), heure dans laquelle nous sommes actuellement entrés selon l’enseignement du pape Grégoire XVI dans Mirari vos (1832). Cf. aussi Isaïe LIII, Psaume XXI…
LA PASSION DE L’ÉGLISE et le Pasteur frappé
4. Léon XIII dans les ASS réactualise cette Prophétie comme devant se réaliser à nouveau dans un proche avenir. Cf. prière à saint Michel dans son exorcisme publié en 1890-1891 (ASS, vol. xxiii, p. 743-747) : « Le Pasteur [le vrai Pontife et non un faux !] étant frappé [= persécuté, violenté, bafoué, empoisonné, percuté, ligoté : c’est le sens du mot latin “ut PERCUSSO Pastore”, comme le Christ qui a été frappé !], le troupeau puisse être dispersé » (Léon XIII, prière à S. Michel, exorcisme, reprenant Zach. XIII, Matth. ). Abomination qui consiste aussi et surtout à « frapper le Pasteur » (ut percusso Pastore), or « le Pontife Romain est le Pasteur universel de l’Église » (grand Catéchisme de S. Pie X, Q. 153), « de sorte que » dit le texte « le troupeau soit dispersé » (donc soit dans la confusion, l’incompréhension, la division, l’angoisse, l’éparpillement…). Non pas « une partie du troupeau » mais LE troupeau, donc l’ensemble des membres de l’Église ! C’est dire la violence du choc, de la persécution, jamais vue, qui vise le vrai Pape, fondement de l’Église ! À l’instar de l’Église, il sera « saturé d’amertume et abreuvé de poison par des ennemis très rusés ». Et cette « dispersion » concomitante est, elle aussi, annoncée dans l’Écriture, comme nous l’indiquons en note, faisant donc référence à des prophéties scripturaires de la plus haute importance ! Commentant cette dispersion du peuple saint annoncée aussi en Dan. XII, 7, propre au temps de l’Antéchrist, le cardinal Billot souligne que « quand la force du peuple saint sera entièrement brisée, alors tout se consommera. » (op. cité, art. IV). Pour autant, le pape Léon XIII n’a pas prédit la défection de l’Église catholique (ce qui est impossible, car les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre elle : Matt. XVI, 18), ni la défection ou la destruction de la Chaire de Pierre (qui est aussi dogmatiquement impossible), mais il prédisait une gravissime persécution au plus haut sommet, la mise en œuvre par les ennemis, par ruse et fraude, d’un apostat, une religion catholique de contrefaçon à Rome, illégitime, où « le Pasteur est frappé » (le vrai pape) et est remplacé par un antipape usurpateur (comme cela s’est produit à des moments de l’histoire de l’Église), avec la conception inique que « les brebis se dispersent », dispersion elle aussi prophétisée dans la sainte Bible : Zacharie XIII, 7 ; Daniel VIII, 7-12 et XII, 7 ; Matthieu XXVI, 31 ; Marc XIV, 27. Tout cela étant en parfaite concordance avec le Secret de La Salette publié en 1879… Ou encore Fatima : « le Saint-Père aura beaucoup à souffrir »…
Lisez donc attentivement ce livre pour un exposé plus détaillé :
« La visibilité de l’Église à la fin des temps, à la lumière de l’enseignement de l’Église, “la Femme au désert” (Apoc. XII) » par Laurent Morlier. 160 pages, 2023 (que vous pouvez télécharger provisoirement sur le site fichier-pdf.fr ).

philippeLILOU

Paul VI est l'un de ceux par lesquels "la fumée de Satan est entrée dans le Temple de Dieu" ... Audience du 1er octobre 1969

AveMaria44

Cher Monsieur, vous êtes désopilant, vous me sortez Don Sarda, alors que Paul VI est le type même du libéral, qui dit une chose et en fait une autre, ce que je vous montrais par l'image postée. Quand Paul VI donne son anneau du pêcheur à la vielle crapule de Ramsay et lui demande de bénir la foule, il condamne sans doute l'irénisme et le syncrétisme.....Vous feignez de plus d'ignorer l'argument et relevez seul la phrase d'explication. Cous m'avez bien faire rire c'est déjà çà. Le débat est clos et la crise de l’Église, plutôt dans l’Église n'est pas prêt de se terminer.

Laurier

@AveMaria44 Problème : Canon 1556 : "Le pape n'est jugé par personne".... sauf par Gilbert Chevalier manifestement !? Démontrez-moi d'abord que Paul VI n'était pas pape légitime alors qu'il a été reconnu tel par l'Église universelle sans aucune exception, ce qui est un fait dogmatique qui oblige de Foi ! Et nier un fait dogmatique est "un péché mortel contre la Foi".... Prétendre défendre la Foi traditionnelle en niant l'indéfectibilité de l'Église, c'est assez cocasse....
Où est aujourd'hui l'authentique hiérarchie légitime, M. Gilbert Chevalier ? sans laquelle l'Église serait interrompue dans son fondement d'institution divine, donc morte !?
On attend toujours la réponse......
ERREURS véhiculées sur L’ACCEPTATION PACIFIQUE DE …

Laurier

@AveMaria44 Ce n'est pas avec des formules à l'emporte-pièce qu'on résout la crise de l'Église, et pour votre éclairage personnel, je vous cite un auteur pourtant bien connu dans les milieux traditionalistes et qui ne peut être taxé de libéralisme lui, puisque son livre est titré précisément "Le Libéralisme est un péché" par Don Félix Sarda Y Salvani :
« chapitre XXX
Que faut-il penser des relations que le Pape entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux ?
Mais alors, s’écriera-t-on, que devons-nous penser des relations et des amitiés que l’Église entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux, ou, ce qui revient au même, avec le libéralisme.
Réponse.
Nous devons estimer que ce sont là des relations et amitiés officielles : rien de plus. Ces relations ne supposent aucune affection particulière pour les personnes qui en sont l’objet, bien moins l’approbation de leurs actes et infiniment moins encore l’adhésion à leurs doctrines ou leur approbation. Ceci est un point qu’il convient d’éclaircir, puisque c’est là-dessus que les sectaires du libéralisme dressent un grand appareil de théologie libérale pour combattre la sainte intransigeance catholique.
Il convient d’abord de faire remarquer qu’il y a deux ministères dans l’Église de Dieu : un que nous appellerons apostolique, relatif à la propagation de la foi et au salut des âmes, l’autre que nous pourrions très bien nommer diplomatique, ayant pour sujet les relations humaines avec les pouvoirs de la terre.
Le premier est le plus noble : c’est à proprement parler le principal et essentiel. Le second est inférieur et subordonné au premier, dont il est uniquement l’auxiliaire. Dans le premier l’Église est intolérante et intransigeante ; elle va droit à sa fin, et rompt plutôt que de plier : Frangi non flecti. Voyez plutôt l’histoire de ses persécutions. Il s’agit de droits divins et de devoirs divins, par conséquent il n’y a là ni atténuation ni transaction possible. Dans le second ministère, l’Église est condescendante, bienveillante et pleine de patience. Elle discute, elle sollicite, elle négocie, elle donne des louanges dans le but d’adoucir, elle se tait quelquefois pour mieux réussir, recule, se semble, mais pour mieux avancer et pour tirer bientôt un meilleur parti de la situation. Dans cet ordre de relations sa devise pourrait être : flecti non frangi. Il s’agit ici de relations humaines, elles comportent par suite une certaine flexibilité et admettent l’usage de ressorts spéciaux.
Sur ce terrain tout ce qui n’est pas déclaré mauvais et défendu par la loi commune dans les relations ordinaires entre les hommes est licite et bon. Plus clairement : l’Église croit pouvoir se servir et se sert en effet dans cette sphère de toutes les ressources d’une ‘‘honnête diplomatie’’.
Qui osera lui faire un reproche soit de ce qu’elle accrédite des ambassadeurs auprès de gouvernements mauvais et même de princes infidèles et en accepte de leur part, soit de ce qu’elle leur fasse ou reçoive d’eux des présents, des politesses et des honneurs diplomatiques, de ce qu’elle offre des distinctions, des titres, des décorations à leurs représentants, de ce qu’elle honore leurs famille, par de courtoises et gracieuses manières de parler et rehausse leurs fêtes par la présence de ses légats ?
Mais voilà qu’aussitôt les sots et les libéraux nous viennent à l’encontre : « Eh ! pourquoi devrions-nous détester le libéralisme et combattre les gouvernements libéraux, puisque le Pape traite avec eux, les reconnaît, et les comble de distinctions ? » Méchants ou bornés ! L’un et l’autre à la fois peut-être, écoutez cette comparaison et jugez ensuite. Père de famille, vous avez cinq ou six filles que vous élevez dans la plus rigoureuse honnêteté. En face de votre maison ou simplement séparées de vous par un mur mitoyen, vivent des créatures infâmes Vous recommandez sans cesse à vos filles de n’avoir aucune relation avec ces femmes de mauvaise vie. Vous leur défendez même de les regarder et de les saluer. Vous voulez qu’elles les tiennent pour perverses et corrompues, qu’elle abhorrent leur conduite et leurs idées, prennent soin de ne leur ressembler en rien, ni par leur langage, ni par leurs œuvres, ni par leurs toilettes. Vos filles bonnes et dociles ont le devoir évident de suivre vos ordres qui sont ceux d’un père de famille prudent et avisé. Mais voilà qu’un différend s’élève entre vous et ce voisinage sur un point d’intérêt commun. Une confrontation de limites ou une conduite d’eau par exemple, et vous, père de famille honorable, vous êtes tenu, tout en demeurant honorable, d’entrer en pourparlers avec une de ces créatures infâmes sans que pour cela elle cesse d’être infâme, ou tout au moins avec quelqu’un qui la représente. Vous devez traiter de cette affaire et avoir des entrevues. Vous vous parlez et usez l’un envers l’autre des formules de courtoisie en usage dans la société et cherchez à vous entendre et à conclure un accord sur la question en litige.
Vos filles auraient-elles raison de s’écrier tout aussitôt : « Puisque notre père est entré en relations avec nos voisines de mauvaise vie, c’est qu’elles ne sont pas aussi mauvaises qu’il le prétend. Nous pourrons donc, nous aussi, avoir des rapports avec elles, leur supposer de bonnes mœurs, trouver leur toilettes modestes, louable et honorable leur manière de vivre ».
Voyons, est-ce que vos filles ne parleraient pas comme des sottes en tenant ce langage ? Appliquons maintenant la parabole ou comparaison.
L’Église est la famille des gens de bien (ou qui devraient l’être et qu’elle désire tels), mais elle est entourée de gouvernements plus ou moins pervers ou entièrement pervertis. Elle dit donc à ses enfants : « Détestez les maximes de ces gouvernements ; combattez-les ; leur doctrine n’est qu’erreur, leurs lois ne sont qu’iniquité ». Toutefois, et en même temps, dans des questions où sont engagés ses intérêts propres et parfois les leurs, elle se trouve dans la nécessité de traiter avec les chefs ou représentants de ces mauvais gouvernements, et, de fait, elle traite avec eux, reçoit leurs compliments, et use envers eux des formules d’urbanité diplomatique en usage dans tous pays, pactise avec eux sur des sujets d’intérêt commun, s’efforçant de tirer le meilleur parti possible de sa situation au milieu de pareils voisins. Agir ainsi, est-ce mal ? Non, sans aucun doute. Mais n’est-il pas ridicule qu’un catholique se prévalant aussitôt de cette conduite nous la présente comme la sanction des doctrines que l’Église ne cesse de condamner, et comme l’approbation d’actes qu’elle ne cesse de combattre ?
Voyons, est-ce que l’Église sanctionne le Coran, en traitant de puissance à puissance avec les sectateurs du Coran ? Approuve-t-elle la polygamie parce qu’elle reçoit les présents et les ambassades du Grand-Turc ? Eh bien ! c’est de la même façon que l’Église approuve le libéralisme, quand elle décore ses rois ou ses ministres, quand elle leur envoie ses bénédictions, simples formules de courtoisie chrétienne que le pape accorde même aux protestants. C’est un sophisme que de prétendre que l’Église autorise par de tels actes ce que par d’autres actes elle ne cesse de condamner. Son ministère diplomatique n’annule pas son ministère apostolique ; et c’est dans ce dernier qu’il faut chercher l’explication des contradictions apparentes de son ministère diplomatique.
Ainsi se comporte le pape avec les chefs des nations, ainsi l’évêque avec ceux du diocèse, ainsi le curé avec ceux de la paroisse. Chacun sait jusqu’où vont ces relations officielles et diplomatiques et quel en est le véritable sens, seuls les malheureux sectaires du libéralisme et ceux qui en sont entachés l’ignorent ou feignent de l’ignorer. »
LE CHAPITRE PRÉCÉDENT EST TOUT AUSSI PERTINENT :
« Chapitre XXIX
Quelle conduite doit observer le bon catholique avec les ministres de Dieu ainsi infectés de libéralisme ?
Voilà qui est bien, dira quelqu’un. Tout ceci est très facile à comprendre, et il suffit d’avoir quelque peu feuilleté l’histoire pour s’en convaincre. Mais, le côté délicat et épineux est de tracer la conduite que doit tenir avec les ecclésiastiques dévoyés, le fidèle laïque, aussi saintement jaloux de la pureté de sa foi que des droits légitimes de l’autorité.
Il est indispensable ici d’établir diverses distinctions et classifications et de répondre différemment à chacune d’elles.
1° - Il peut arriver qu’un ministre de l’Église soit publiquement condamné par elle comme libéral; dans ce cas il suffira de se souvenir que tout fidèle ecclésiastique ou laïque que l’Église sépare de son sein, cesse d’être catholique quant au droit d’être tenu pour tel, tant que, par une véritable rétractation et un formel repentir, il ne s’est pas fait réintégrer dans la communion des fidèles. Lorsqu’il en est ainsi d’un ministre de l’Église, c’est un loup ; il cesse d’être un pasteur et même une brebis. Il faut l’éviter, et surtout prier pour lui.
2° - Il peut se présenter le cas d’un ministre tombé dans l’hérésie sans être officiellement déclaré coupable par l’Église, il convient alors d’user d’une grande circonspection. Un ministre de l’Église, tombé dans une erreur contre la foi ne peut être officiellement discrédité que par le chef hiérarchique, ayant juridiction sur lui. Toutefois, sur le terrain de la polémique purement scientifique, on peut l’attaquer pour ses erreurs et l’en convaincre, laissant toujours le dernier mot ou la sentence définitive à l’autorité seule infaillible du maître universel. La grande règle, la seule règle en ces matières, dirions-nous volontiers, c’est la pratique constante de l’Église de Dieu, suivant cet adage d’u saint Père. Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus [13]. Eh bien ! Voici comment l’on a toujours procédé dans l’Église de Dieu. De simples fidèles ont remarqué chez un ecclésiastique des doctrines opposées à celles communément enseignées comme exclusivement bonnes et vraies ; contre elles ils ont poussé le cri d’alarme dans leurs livres, de vive voix et dans leurs brochures, réclamant ainsi du magistère infaillible de Rome la sentence décisive. Ce sont les aboiements du chien qui avertissent le berger. À peine s’il y a eu dans le catholicisme une hérésie qui n’ait point été démasquée et confondue tout d’abord de cette façon.
3° - Le cas peut se présenter où le malheureux dévoyé soit un ministre de l’Église auquel nous sommes particulièrement subordonnés. Il est nécessaire alors de procéder avec plus de mesure et de discrétion encore. Il faut respecter en lui l’autorité divine jusqu’à ce que l’Église l’en déclare dépouillé. Si l’erreur est douteuse, il faut appeler sur elle l’attention des supérieurs immédiats, afin qu’ils demandent à celui qui en est soupçonné des explications nettes et claires. L’erreur est-elle évidente, il n’est pas néanmoins permis de se mettre immédiatement en révolte ouverte, et il faut se contenter d’une résistance passive à cette autorité, sur les points où elle se met manifestement en contradiction avec les doctrines reconnues pour saines dans l’Église. On doit conserver pour elle le respect extérieur qui lui est dû, lui obéir en tout ce qui n’est pas d’un enseignement condamné ni nuisible ; et lui résister pacifiquement et respectueusement en tout ce qui s’écarte du sentiment commun catholique.
4° - Il peut encore arriver (c’est le cas le plus fréquent), que l’erreur d’un ministre de l’Église porte moins sur des points de la doctrine catholique, que sur certaines appréciations de faits et de personnes ; appréciations plus ou moins liées avec elle. Dans ce cas, la prudence chrétienne conseille de tenir en prévention ce prêtre entaché, de préférer à ses avis ceux des prêtres qui n’ont pas de pareilles taches, et de se souvenir de cette maxime du Sauveur : « Un peu de levain fait fermenter toute la masse ». En conséquence, la règle à ce propos, sûre entre toutes, est ici de se tenir en une prudente défiance. Enfin, en ceci comme en tout autre chose, il faut demander à Dieu ses lumières, aux personnes dignes et d’une foi intègre leurs conseils, nous tenant toujours sur la plus grande réserve avec quiconque ne juge pas sainement des erreurs du jour, ou ne se prononce pas clairement contre elles.
Voilà tout ce que nous pouvons dire sur ce sujet, hérissé d’innombrables difficultés qu’il est impossible de résoudre en thèse générale. N’oublions pas une observation d’où jaillissent des torrents de lumière. On connaît mieux l’homme par ses affections personnelles que par ses paroles et ses écrits. Être l’ami des libéraux, mendier leurs faveurs et leurs louanges est, régulièrement parlant, pour un prêtre, une preuve plus que douteuse d’orthodoxie doctrinale.
Que nos amis fixent leur attention sur ce phénomène moral, ils verront combien est sûre la règle, combien infaillible le critère qu’ils en tireront. »
(Par Don Félix Sarda y Salvany, docteur en théologie, Prêtre du diocèse de Barcelone et directeur du journal « La Revista popular » Traduit de l’espagnol par Madame la marquise de Tristany Suivi de la lettre pastorale sur le libéralisme des évêques de l’Equateur.)
Avec un décret d'approbation de la Sacrée Congrégation de l’Index :
« C’est pourquoi ladite Sacrée-Congrégation a soigneusement examiné l’un et l’autre opuscule, avec les observations qu’ils avaient suscitées. Or, dans le premier, non seulement elle n’a rien trouvé qui soit contraire à la saine doctrine, mais son auteur D. Félix Sarda mérite d’être loué, parce qu’il expose et défend la saine doctrine sur le sujet dont il s’agit, par des arguments solides, développés avec ordre et clarté, sans nulle attaque à qui que ce soit. »

AveMaria44

Faites ce que je dis, mais ne faites pas ce que je fais......

Laurier

@AveMaria44 Ce n'est pas avec des formules à l'emporte-pièce qu'on résout la crise de l'Église, et pour votre éclairage personnel, je vous cite un auteur pourtant bien connu dans les milieux traditionalistes et qui ne peut être taxé de libéralisme lui, puisque son livre est titré précisément "Le Libéralisme est un péché" par Don Félix Sarda Y Salvani :
« chapitre XXX
Que faut-il penser des relations que le Pape entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux ?
Mais alors, s’écriera-t-on, que devons-nous penser des relations et des amitiés que l’Église entretient avec les gouvernements et les personnages libéraux, ou, ce qui revient au même, avec le libéralisme.
Réponse.
Nous devons estimer que ce sont là des relations et amitiés officielles : rien de plus. Ces relations ne supposent aucune affection particulière pour les personnes qui en sont l’objet, bien moins l’approbation de leurs actes et infiniment moins encore l’adhésion à leurs doctrines ou leur approbation. Ceci est un point qu’il convient d’éclaircir, puisque c’est là-dessus que les sectaires du libéralisme dressent un grand appareil de théologie libérale pour combattre la sainte intransigeance catholique.
Il convient d’abord de faire remarquer qu’il y a deux ministères dans l’Église de Dieu : un que nous appellerons apostolique, relatif à la propagation de la foi et au salut des âmes, l’autre que nous pourrions très bien nommer diplomatique, ayant pour sujet les relations humaines avec les pouvoirs de la terre.
Le premier est le plus noble : c’est à proprement parler le principal et essentiel. Le second est inférieur et subordonné au premier, dont il est uniquement l’auxiliaire. Dans le premier l’Église est intolérante et intransigeante ; elle va droit à sa fin, et rompt plutôt que de plier : Frangi non flecti. Voyez plutôt l’histoire de ses persécutions. Il s’agit de droits divins et de devoirs divins, par conséquent il n’y a là ni atténuation ni transaction possible. Dans le second ministère, l’Église est condescendante, bienveillante et pleine de patience. Elle discute, elle sollicite, elle négocie, elle donne des louanges dans le but d’adoucir, elle se tait quelquefois pour mieux réussir, recule, se semble, mais pour mieux avancer et pour tirer bientôt un meilleur parti de la situation. Dans cet ordre de relations sa devise pourrait être : flecti non frangi. Il s’agit ici de relations humaines, elles comportent par suite une certaine flexibilité et admettent l’usage de ressorts spéciaux.
Sur ce terrain tout ce qui n’est pas déclaré mauvais et défendu par la loi commune dans les relations ordinaires entre les hommes est licite et bon. Plus clairement : l’Église croit pouvoir se servir et se sert en effet dans cette sphère de toutes les ressources d’une ‘‘honnête diplomatie’’.
Qui osera lui faire un reproche soit de ce qu’elle accrédite des ambassadeurs auprès de gouvernements mauvais et même de princes infidèles et en accepte de leur part, soit de ce qu’elle leur fasse ou reçoive d’eux des présents, des politesses et des honneurs diplomatiques, de ce qu’elle offre des distinctions, des titres, des décorations à leurs représentants, de ce qu’elle honore leurs famille, par de courtoises et gracieuses manières de parler et rehausse leurs fêtes par la présence de ses légats ?
Mais voilà qu’aussitôt les sots et les libéraux nous viennent à l’encontre : « Eh ! pourquoi devrions-nous détester le libéralisme et combattre les gouvernements libéraux, puisque le Pape traite avec eux, les reconnaît, et les comble de distinctions ? » Méchants ou bornés ! L’un et l’autre à la fois peut-être, écoutez cette comparaison et jugez ensuite. Père de famille, vous avez cinq ou six filles que vous élevez dans la plus rigoureuse honnêteté. En face de votre maison ou simplement séparées de vous par un mur mitoyen, vivent des créatures infâmes Vous recommandez sans cesse à vos filles de n’avoir aucune relation avec ces femmes de mauvaise vie. Vous leur défendez même de les regarder et de les saluer. Vous voulez qu’elles les tiennent pour perverses et corrompues, qu’elle abhorrent leur conduite et leurs idées, prennent soin de ne leur ressembler en rien, ni par leur langage, ni par leurs œuvres, ni par leurs toilettes. Vos filles bonnes et dociles ont le devoir évident de suivre vos ordres qui sont ceux d’un père de famille prudent et avisé. Mais voilà qu’un différend s’élève entre vous et ce voisinage sur un point d’intérêt commun. Une confrontation de limites ou une conduite d’eau par exemple, et vous, père de famille honorable, vous êtes tenu, tout en demeurant honorable, d’entrer en pourparlers avec une de ces créatures infâmes sans que pour cela elle cesse d’être infâme, ou tout au moins avec quelqu’un qui la représente. Vous devez traiter de cette affaire et avoir des entrevues. Vous vous parlez et usez l’un envers l’autre des formules de courtoisie en usage dans la société et cherchez à vous entendre et à conclure un accord sur la question en litige.
Vos filles auraient-elles raison de s’écrier tout aussitôt : « Puisque notre père est entré en relations avec nos voisines de mauvaise vie, c’est qu’elles ne sont pas aussi mauvaises qu’il le prétend. Nous pourrons donc, nous aussi, avoir des rapports avec elles, leur supposer de bonnes mœurs, trouver leur toilettes modestes, louable et honorable leur manière de vivre ».
Voyons, est-ce que vos filles ne parleraient pas comme des sottes en tenant ce langage ? Appliquons maintenant la parabole ou comparaison.
L’Église est la famille des gens de bien (ou qui devraient l’être et qu’elle désire tels), mais elle est entourée de gouvernements plus ou moins pervers ou entièrement pervertis. Elle dit donc à ses enfants : « Détestez les maximes de ces gouvernements ; combattez-les ; leur doctrine n’est qu’erreur, leurs lois ne sont qu’iniquité ». Toutefois, et en même temps, dans des questions où sont engagés ses intérêts propres et parfois les leurs, elle se trouve dans la nécessité de traiter avec les chefs ou représentants de ces mauvais gouvernements, et, de fait, elle traite avec eux, reçoit leurs compliments, et use envers eux des formules d’urbanité diplomatique en usage dans tous pays, pactise avec eux sur des sujets d’intérêt commun, s’efforçant de tirer le meilleur parti possible de sa situation au milieu de pareils voisins. Agir ainsi, est-ce mal ? Non, sans aucun doute. Mais n’est-il pas ridicule qu’un catholique se prévalant aussitôt de cette conduite nous la présente comme la sanction des doctrines que l’Église ne cesse de condamner, et comme l’approbation d’actes qu’elle ne cesse de combattre ?
Voyons, est-ce que l’Église sanctionne le Coran, en traitant de puissance à puissance avec les sectateurs du Coran ? Approuve-t-elle la polygamie parce qu’elle reçoit les présents et les ambassades du Grand-Turc ? Eh bien ! c’est de la même façon que l’Église approuve le libéralisme, quand elle décore ses rois ou ses ministres, quand elle leur envoie ses bénédictions, simples formules de courtoisie chrétienne que le pape accorde même aux protestants. C’est un sophisme que de prétendre que l’Église autorise par de tels actes ce que par d’autres actes elle ne cesse de condamner. Son ministère diplomatique n’annule pas son ministère apostolique ; et c’est dans ce dernier qu’il faut chercher l’explication des contradictions apparentes de son ministère diplomatique.
Ainsi se comporte le pape avec les chefs des nations, ainsi l’évêque avec ceux du diocèse, ainsi le curé avec ceux de la paroisse. Chacun sait jusqu’où vont ces relations officielles et diplomatiques et quel en est le véritable sens, seuls les malheureux sectaires du libéralisme et ceux qui en sont entachés l’ignorent ou feignent de l’ignorer. »
LE CHAPITRE PRÉCÉDENT EST TOUT AUSSI PERTINENT :
« Chapitre XXIX
Quelle conduite doit observer le bon catholique avec les ministres de Dieu ainsi infectés de libéralisme ?
Voilà qui est bien, dira quelqu’un. Tout ceci est très facile à comprendre, et il suffit d’avoir quelque peu feuilleté l’histoire pour s’en convaincre. Mais, le côté délicat et épineux est de tracer la conduite que doit tenir avec les ecclésiastiques dévoyés, le fidèle laïque, aussi saintement jaloux de la pureté de sa foi que des droits légitimes de l’autorité.
Il est indispensable ici d’établir diverses distinctions et classifications et de répondre différemment à chacune d’elles.
1° - Il peut arriver qu’un ministre de l’Église soit publiquement condamné par elle comme libéral; dans ce cas il suffira de se souvenir que tout fidèle ecclésiastique ou laïque que l’Église sépare de son sein, cesse d’être catholique quant au droit d’être tenu pour tel, tant que, par une véritable rétractation et un formel repentir, il ne s’est pas fait réintégrer dans la communion des fidèles. Lorsqu’il en est ainsi d’un ministre de l’Église, c’est un loup ; il cesse d’être un pasteur et même une brebis. Il faut l’éviter, et surtout prier pour lui.
2° - Il peut se présenter le cas d’un ministre tombé dans l’hérésie sans être officiellement déclaré coupable par l’Église, il convient alors d’user d’une grande circonspection. Un ministre de l’Église, tombé dans une erreur contre la foi ne peut être officiellement discrédité que par le chef hiérarchique, ayant juridiction sur lui. Toutefois, sur le terrain de la polémique purement scientifique, on peut l’attaquer pour ses erreurs et l’en convaincre, laissant toujours le dernier mot ou la sentence définitive à l’autorité seule infaillible du maître universel. La grande règle, la seule règle en ces matières, dirions-nous volontiers, c’est la pratique constante de l’Église de Dieu, suivant cet adage d’u saint Père. Quod semper, quod ubique, quod ab omnibus [13]. Eh bien ! Voici comment l’on a toujours procédé dans l’Église de Dieu. De simples fidèles ont remarqué chez un ecclésiastique des doctrines opposées à celles communément enseignées comme exclusivement bonnes et vraies ; contre elles ils ont poussé le cri d’alarme dans leurs livres, de vive voix et dans leurs brochures, réclamant ainsi du magistère infaillible de Rome la sentence décisive. Ce sont les aboiements du chien qui avertissent le berger. À peine s’il y a eu dans le catholicisme une hérésie qui n’ait point été démasquée et confondue tout d’abord de cette façon.
3° - Le cas peut se présenter où le malheureux dévoyé soit un ministre de l’Église auquel nous sommes particulièrement subordonnés. Il est nécessaire alors de procéder avec plus de mesure et de discrétion encore. Il faut respecter en lui l’autorité divine jusqu’à ce que l’Église l’en déclare dépouillé. Si l’erreur est douteuse, il faut appeler sur elle l’attention des supérieurs immédiats, afin qu’ils demandent à celui qui en est soupçonné des explications nettes et claires. L’erreur est-elle évidente, il n’est pas néanmoins permis de se mettre immédiatement en révolte ouverte, et il faut se contenter d’une résistance passive à cette autorité, sur les points où elle se met manifestement en contradiction avec les doctrines reconnues pour saines dans l’Église. On doit conserver pour elle le respect extérieur qui lui est dû, lui obéir en tout ce qui n’est pas d’un enseignement condamné ni nuisible ; et lui résister pacifiquement et respectueusement en tout ce qui s’écarte du sentiment commun catholique.
4° - Il peut encore arriver (c’est le cas le plus fréquent), que l’erreur d’un ministre de l’Église porte moins sur des points de la doctrine catholique, que sur certaines appréciations de faits et de personnes ; appréciations plus ou moins liées avec elle. Dans ce cas, la prudence chrétienne conseille de tenir en prévention ce prêtre entaché, de préférer à ses avis ceux des prêtres qui n’ont pas de pareilles taches, et de se souvenir de cette maxime du Sauveur : « Un peu de levain fait fermenter toute la masse ». En conséquence, la règle à ce propos, sûre entre toutes, est ici de se tenir en une prudente défiance. Enfin, en ceci comme en tout autre chose, il faut demander à Dieu ses lumières, aux personnes dignes et d’une foi intègre leurs conseils, nous tenant toujours sur la plus grande réserve avec quiconque ne juge pas sainement des erreurs du jour, ou ne se prononce pas clairement contre elles.
Voilà tout ce que nous pouvons dire sur ce sujet, hérissé d’innombrables difficultés qu’il est impossible de résoudre en thèse générale. N’oublions pas une observation d’où jaillissent des torrents de lumière. On connaît mieux l’homme par ses affections personnelles que par ses paroles et ses écrits. Être l’ami des libéraux, mendier leurs faveurs et leurs louanges est, régulièrement parlant, pour un prêtre, une preuve plus que douteuse d’orthodoxie doctrinale.
Que nos amis fixent leur attention sur ce phénomène moral, ils verront combien est sûre la règle, combien infaillible le critère qu’ils en tireront. »
(Par Don Félix Sarda y Salvany, docteur en théologie, Prêtre du diocèse de Barcelone et directeur du journal « La Revista popular » Traduit de l’espagnol par Madame la marquise de Tristany Suivi de la lettre pastorale sur le libéralisme des évêques de l’Equateur.)
Avec un décret d'approbation de la Sacrée Congrégation de l’Index :
« C’est pourquoi ladite Sacrée-Congrégation a soigneusement examiné l’un et l’autre opuscule, avec les observations qu’ils avaient suscitées. Or, dans le premier, non seulement elle n’a rien trouvé qui soit contraire à la saine doctrine, mais son auteur D. Félix Sarda mérite d’être loué, parce qu’il expose et défend la saine doctrine sur le sujet dont il s’agit, par des arguments solides, développés avec ordre et clarté, sans nulle attaque à qui que ce soit. »