QFC - Le bon poisson… finit à la casserole !
Mt 13:47 Le royaume des Cieux est encore comparable à un filet que l’on jette dans la mer, et qui ramène toutes sortes de poissons. 48 Quand il est plein, on le tire sur le rivage, on s’assied, on ramasse dans des paniers ce qui est bon, et on rejette ce qui ne vaut rien.
Dans la vie quotidienne, que fait-on d’un bon poisson ?
On le garde… pour le donner, le préparer, le partager, le manger.
Autrement dit, le « bon poisson » ne reste pas tranquillement dans son panier. Il est destiné à être livré. Ce détail ouvre une méditation plus profonde sur la vie du disciple.
Être choisi par Dieu, ce n’est pas être conservé… c’est être offert
Le bon poisson est séparé des autres. Il est choisi. Mais ce choix n’a pas pour but sa tranquillité. Il est choisi parce qu’il est destiné à une autre finalité. Le chrétien pourrait facilement croire que l’élection divine consiste à être préservé des difficultés.
Or Jésus enseigne exactement l’inverse.
Mt 16:25 Celui qui veut sauver sa vie la …Plus
ANNEXE - paradoxes bibliques
« Le bon poisson finit à la casserole »
Le monde pense : Être choisi = être épargné.
L’Évangile répond : Être choisi = être offert.
« Le bon fruit… finit mangé »
Jn 15: le sarment porte du fruit.
Pourquoi ? Pas pour admirer le fruit. Un fruit est fait pour être cueilli, partagé, mangé. Un arbre qui refuse qu’on cueille ses fruits ne sert plus à rien.
On y retrouve :
*le don de soi ;
*l’Eucharistie ;
*« à ceci mon Père est glorifié : que vous portiez beaucoup de fruit ».
« Le bon berger… meurt »
Le monde pense : le berger qui protège.
Mais Jésus ajoute :
Jn 10:11 Le bon berger donne sa vie pour ses brebis.
Ce qui fait qu’il est bon n’est pas qu’il garde sa vie. C’est qu’il la donne.
« Le sel disparaît »
Le sel ne sert que s’il cesse d’être visible. On ne mange jamais du sel. On mange un plat transformé par le sel. Le chrétien est appelé à disparaître pour que le Christ soit goûté.
« La lampe n’est pas faite pour elle-même »
La lampe se consume. Elle éclaire. Elle perd son huile. Elle se donne.
« Le pain est bon… parce qu’il est rompu »
Le pain devient nourriture lorsqu’il cesse d’être entier.
Jésus : « Ceci est mon corps livré… »
« Les meilleurs serviteurs sont ceux qui s’épuisent »
Luc 17 : Le serviteur revient des champs. Il ne reçoit pas d’abord une récompense. Il continue de servir.
Le monde voit une injustice.
L’Évangile montre que servir est déjà la récompense.
Celui qui est “bon”… est mangé !
Dans toute la Bible, ce qui est déclaré “bon” finit très souvent par être donné.
Le bon poisson.
Le bon fruit.
Le bon pain.
Le bon berger.
Le grain de blé.
Même le Christ, agneau de Dieu.
Le fil conducteur biblique : Le bien n’existe pas pour être conservé, mais pour être donné.
Tandis que le mal cherche à retenir, le Bien, se communique.
Dieu est bon parce qu’il se donne :
Le Père donne le Fils.
Le Fils donne sa vie.
L’Esprit est donné.
Le pain est donné.
Le Royaume est donné.
Le disciple est appelé à se donner.
Le désir devient mauvais lorsqu’il veut posséder au lieu de recevoir.
La vraie vie consiste à se donner plutôt qu’à se conserver.