Réflexions : Pierre en prison ?
– 1 – Un terrible dilemme
29 JUIN 2019 / CANADA FIDÈLE (Abbé Pierre ROY)
« Vers ce temps-là, le roi Hérode fit arrêter quelques membres de l’Église pour les maltraiter; il fit mourir par le glaive Jacques, frère de Jean. Voyant que cela était agréable aux Juifs, il ordonna encore l’arrestation de Pierre : c’était pendant les jours des Azymes. Lorsqu’il l’eut en son pouvoir, il le jeta en prison, et le mit sous la garde de quatre escouades de quatre soldats chacune, avec l’intention de le faire comparaître devant le peuple après la Pâque. Pendant que Pierre était ainsi gardé dans la prison, l’Église ne cessait d’adresser pour lui des prières à Dieu. Or, la nuit même du jour où Hérode devait le faire comparaître, Pierre, lié de deux chaînes, dormait entre deux soldats, et des sentinelles devant la porte gardaient la prison. Tout à coup survint un ange du Seigneur, et une lumière resplendit dans la prison. L’ange, frappant Pierre au côté, le réveilla en disant : « Lève-toi promptement »; et les chaînes tombèrent de ses mains. L’ange lui dit : « Mets ta ceinture et tes sandales. » Il le fit, et l’ange ajouta : « Enveloppe-toi de ton manteau et suis-moi. » Pierre sortit et le suivit, ne sachant pas que ce qui se faisait par l’ange fût réel; il croyait avoir une vision. Lorsqu’ils eurent passé la première garde, puis la seconde, ils arrivèrent à la porte de fer qui donne sur la ville : elle s’ouvrit d’elle-même devant eux; ils sortirent et s’engagèrent dans une rue, et aussitôt l’ange le quitta. Alors revenu à lui-même, Pierre se dit : « Je vois maintenant que le Seigneur a réellement envoyé son ange et qu’il m’a délivré de la main d’Hérode et de tout ce qu’attendait le peuple Juif. » Après un moment de réflexion, il se dirigea vers la maison de Marie, la mère de Jean, surnommé Marc, où une nombreuse assemblée était en prière. Il frappa à la porte du vestibule et une servante, nommée Rhodé, s’approcha pour écouter. Dès qu’elle eut reconnu la voix de Pierre, dans sa joie, au lieu d’ouvrir, elle courut à l’intérieur annoncer que Pierre était devant la porte. Ils lui dirent : « Tu es folle. » Mais elle affirma qu’il en était ainsi; et ils dirent : « C’est son ange. » Cependant Pierre continuait à frapper; et lorsqu’ils lui eurent ouvert, en le voyant, ils furent saisis de stupeur. Mais Pierre, leur ayant fait de la main signe de se taire, leur raconta comment le Seigneur l’avait tiré de la prison, et il ajouta : « Allez porter cette nouvelle à Jacques et aux frères. » Puis il sortit et s’en alla dans un autre lieu. » Actes 12 ; 1-17
(image : Rembrandt – Apôtre Pierre en prison, 1631)
Nous célébrons aujourd’hui la fête des Saints Apôtres Pierre et Paul. Cette fête est intimement liée au Siège Apostolique, comme le manifeste Saint Léon le Grand dans les Matines d’aujourd’hui : « Car ce sont là, ô Rome, les deux héros qui ont fait resplendir à tes yeux l’Évangile du Christ ; et c’est par eux que toi, qui étais maîtresse d’erreur, tu es devenue disciple de la vérité. »
La situation présente du Siège Apostolique
Hélas, la situation présente du Siège Apostolique est extrêmement dramatique. Il se trouve en effet qu’un apostat de la pire espèce y trône et continue jour après jour à persécuter l’Église de Dieu. Des choses bien semblables peuvent être dites de ses prédécesseurs immédiats... Nous prenons ces faits pour acquis et les regardons comme indiscutables et nous ne tâcherons pas de les prouver ici. Ils sont de fait acceptés aujourd’hui par tous les Catholiques véritables.
Comment s’y retrouver dans cette situation inédite ? Les Pontifes du passé n’ont-ils pas étés on ne peut plus clairs concernant l’infaillibilité et l’indéfectibilité du Siège de Pierre ?
« Cette prière a obtenu que jusqu’ici la Foi de Pierre n’a pas manqué ; et l’on ne croit pas qu’elle manquera sur son trône, jusqu’à la fin des siècles ; Pierre affermira le cœur de ses frères, comme il n’a cessé de le faire jusqu’à présent. » (St Léon IX)
« L’Église romaine n’a jamais erré ; elle n’errera jamais : et l’on ne met pas au rang des catholiques quiconque n’est pas d’accord avec l’Église romaine. » (Grégoire VII)
Et nous pourrions citer tant d’autres passages que d’autres ont cités avant nous…
Faudra-t-il donc adopter les hérésies et les apostasies quotidiennes de Bergoglio pour être d’accord avec l’Église romaine ? Dieu nous en préserve ! Nous serions aussi bien d’abandonner toute ensemble la Religion divinement révélée que de tenter d’aligner notre Foi sur celle de François l’impie.
François et ses prédécesseurs immédiats sont-ils à considérer comme les Vicaires du Christ en terre ? Beaucoup pensent que non et ont d’excellentes raisons de penser que non.
Est-ce à dire que la lignée des successeurs de Pierre s’est interrompue ? Après près de 2000 ans de succession constante, y a-t-il finalement eu interruption dans le pouvoir donné à Pierre par le Christ : « Pais mes brebis » ? L’Église n’est-elle plus apostolique ? Ne pouvons-nous plus dire dans notre Credo : « Je crois en l’Église Une, Sainte, Catholique et Apostolique » ?
Les paroles de Vatican I devront-elles donc être changées ?
« De même qu’il envoya les Apôtres qu’il s’était choisis dans le monde, comme lui-même avait été envoyé par le Père [Jn 20, 21], de même il voulut qu’il y eût en son Église des pasteurs et des docteurs jusqu’à la fin du monde [Mt 28, 20]. »
« Ce que le Christ notre Seigneur, chef des pasteurs, pasteur suprême des brebis, a institué pour le salut éternel et le bien perpétuel de l’Église doit nécessairement, par cette même autorité, durer toujours dans l’Église, qui, fondée sur la pierre, subsistera ferme jusqu’à la fin des siècles. » --- Personne ne doute, et tous les siècles savent que le saint et très bienheureux Pierre, chef et tête des Apôtres, colonne de la foi, fondement de l’Église catholique, a reçu les clés du Royaume de notre Seigneur Jésus-Christ, Sauveur et Rédempteur du genre humain : jusqu’à maintenant et toujours, c’est lui qui, dans la personne de ses successeurs, les évêques du Saint-Siège de Rome, fondé par lui et consacré par son sang, « vit, préside et exerce le pouvoir de juger. » (Concile d’Éphèse, 3e session (11 juillet 431), discours du prêtre Philippe.)
Serions-nous simplement depuis plusieurs décennies dans un long interregnum, une vacance du Siège Apostolique plus longue qu’à l’ordinaire ? Certains l’affirment. Mais a-t-on jamais vu une vacance du Siège Apostolique pendant laquelle l’Église du Christ, guidée par l’Esprit-Saint, ne tentait pas par tous les moyens d’élire un successeur à Pierre ? N’y a-t-il pas une différence abyssale entre la situation actuelle et les courtes vacances du passé ?
Un dilemme affreux
Comme on le voit, les Catholiques sont aujourd’hui prisonniers d’un terrible dilemme :
soit on se soumet aux autorités apostates du Vatican et l’on sacrifie notre foi dans l’infaillibilité de l’Église. Cette dernière n’est donc plus la gardienne immaculée des dogmes du Christ. A quoi cela sert-il en effet de professer que le Vicaire du Christ est infaillible dans son magistère si, comme certains semblent le penser, il faut que chaque Catholique soit devenu un expert en magistère extraordinaire, ordinaire universel, authentique, non authentique, etc. avant de pouvoir se soumettre en toute confiance à la voix du Pasteur Universel des âmes ?
soit on rejette les pasteurs actuels du Vatican comme des loups dévorants et l’on admet la vacance du Siège Apostolique. Dans ce cas, il faut admettre que toute juridiction s’est éteinte dans l’Église. Les papes de Vatican II ne sont pas les Successeurs des Apôtres et l’Église se trouve sans Pierre depuis des décennies. N’est-elle pas, dans ce cas, disparue elle-même avec Pierre et la Foi inébranlable de celui-ci sur laquelle elle a été établie ? « Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Église. »
Certes, nous n’ignorons pas que certains font de dangereuses acrobaties en disant que les actuels occupants du Vatican sont d’une certaine manière papes, d’une autre manière non-papes. Mais ces rêves ont-ils quoi que ce soit de commun avec la Foi des simples ? Faudra-t-il que toutes les brebis du Christ suivent un cours de théologie approfondi pour comprendre à l’issu de cette crise ce qui s’est réellement passé ? Nous en doutons fort.
Réviser les catéchismes ?
Bref que l’infaillibilité pontificale soit une notion plus complexe qu’on ne l’avait cru jusqu’ici ou que la perpétuité de la Succession apostolique ne se trouve pas interrompue par la situation présente, il ne sera pas simple de réconcilier la crise présente de l’Église avec ce qui était enseigné aux fidèles dans leurs catéchismes. Prenons par exemple l’Explication littérale et sommaire du Petit Catéchisme du Québec :
Q. 140 – Qu’entendez-vous par l’infaillibilité de l’Église ?
Par l’infaillibilité de l’Église, j’entends le privilège que Jésus-Christ a donné à son Église de ne pas se tromper quand elle enseigne une vérité de Foi ou de Morale.
Q. 142 – Qu’est-ce que l’indéfectibilité de l’Église ?
L’indéfectibilité de l’Église veut dire que l’Église, telle que fondée par Jésus-Christ, durera jusqu’à la fin du monde.
Q. 143 – En quelle personne ces trois attributs de l’Église (autorité, infaillibilité et indéfectibilité) sont-ils réunis ?
Ces trois attributs de l’Église se trouvent réunis dans leur plénitude en la personne du Pape, dont l’autorité et l’infaillibilité dureront jusqu’à la fin des temps.
– Le Pape n’est pas immortel, mais jusqu’à la fin du monde, le pape sera à sa mort remplacé par un autre pape qui sera aussi le vicaire de Jésus-Christ, le successeur de Saint-Pierre et le chef visible de l’Église, et qui par conséquent aura les mêmes privilèges que ses prédécesseurs.
– L’Election du pape peut être retardée, mais la papauté ne sera abolie qu’à la fin du monde.
Q. 148 – Comment l’Église est-elle apostolique ?
L’Église est apostolique parce qu’elle a été fondée par Jésus-Christ sur les Apôtres, quelle est gouvernée par leurs successeurs légitimes, et a enseigné et enseignera toujours leur doctrine. (…) Dire que l’Église est apostolique c’est dire qu’elle est aujourd’hui ce qu’elle était du temps des Apôtres, elle n’a changé ni dans sa constitution, ni dans sa foi.
Faudra-t-il changer tous les catéchismes des fidèles et abolir les Explications sommaires pour les remplacer par des Explications détaillées parce que tout est en fait plus compliqué qu’on ne le croyait ? Qu’il nous soit permis d’en douter.
À suivre.
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Réflexions : Pierre en prison ?
– 2 – L’Église éclipsée
4 JUILLET 2019 / CANADA FIDÈLE
Nous continuons nos réflexions sur Pierre en prison. Qu’il soit entendu que ce sont de simples réflexions.
Canada Fidèle
« L’Église sera éclipsée, le monde sera dans la consternation » nous a dit Notre-Dame à La Salette.
Notre-Dame, on peut le penser, a bien choisi ses mots en parlant de la «crise affreuse» que traverserait l’Église. Or, précisément, elle a employé le mot d’éclipse, de préférence à tout autre.
Qu’est-ce qu’une éclipse ? En astronomie, une éclipse est la disparition apparente et temporaire d’un astre qui est occulté par le passage d’un autre astre entre l’astre éclipsé et l’œil de l’observateur. Par exemple – et c’est l’exemple que nous retiendrons ici pour ces réflexions – lors d’une éclipse du soleil, la lune s’interpose entre le soleil et la terre, laissant la terre dans les ténèbres et faisant chuter soudainement et rapidement la température terrestre.
Remarquons bien que lors d’une éclipse solaire, le soleil ne disparaît qu’en apparence et non pas en réalité. Il est toujours visible, de par sa nature d’être physique lumineux, bien qu’il ne soit pas vu par l’observateur. En réalité, le soleil n’a rien perdu de ses propriétés, mais un corps étranger empêche sa lumière et sa chaleur d’atteindre l’homme qui le regarde, laissant facilement ce dernier, s’il n’est pas averti, dans une grande consternation.
L’Église donc sera éclipsée, selon Notre-Dame, c’est-à-dire qu’un corps étranger s’interposera entre l’Église et l’œil des catholiques, les laissant, eux et les autres habitants du globe, dans une grande consternation. Mais pour que l’on puisse dire que le mot d’éclipse a été bien choisi par Notre-Dame, il faut semble-t-il deux choses : l’intervention d’un corps étranger qui éclipse l’Église et le fait que l’Église ne disparaisse qu’en apparence et non pas en réalité.
« Ubi Petrus, ibi Ecclesia, ibi Deus ». Là ou est Pierre, là est l’Église, là est Dieu, selon la célèbre phrase attribuée à Saint Ambroise. Pouvons-nous penser que cet adage s’applique à la situation présente de l’Église ? Pouvons-nous penser qu’en disant que l’« Église sera éclipsée », la Vierge Marie a voulu nous avertir que Pierre lui-même serait éclipsé ? Ubi Petrus, ibi Ecclesia… Que Pierre disparaîtrait en apparence et non pas en réalité, éclipsé qu’il serait par une fausse papauté ? La question mérite d’être posée.
S’il en est ainsi, bien des catholiques d’aujourd’hui, appelés par plusieurs « sédéplénistes », devant le mystère d’une «papauté» devenue maîtresse d’erreurs et de blasphèmes, se seraient résolus à considérer la lune qui éclipse comme étant le soleil lui-même, tout en reconnaissant que, momentanément, le soleil a perdu sa chaleur et sa clarté. Entendez que l’Église et le pape auraient perdu leur infaillibilité doctrinale et morale. Bien sûr, ils ne diront pas cela d’une façon si claire, mais ce qu’ils disent revient en définitive à nier l’infaillibilité de l’Église et du pape.
D’autres catholiques, appelés en général « sédévacantistes », seraient quant à eux plus lucides quant à la nature de l’astre qui éclipse. Ils sauraient que la lune n’est pas le soleil. Cependant, ils parleraient comme si le soleil avait vraiment, momentanément certes, cessé d’exister derrière la lune. Entendez que la succession ininterrompue des successeurs de Pierre aurait été brisée pour un temps. Cela revient à nier d’une façon ou d’une autre la perpétuité de la succession apostolique.
Le problème de ces deux positions contraires est que l’Église ne peut pas perdre ses éléments essentiels. La constitution divine de l’Église est inaltérable et elle exige que l’Église soit toujours infaillible, parfaitement dépourvue d’erreur dans son enseignement doctrinal et moral. Qu’elle soit infaillible et qu’elle le soit toujours et pour toujours.
Tertium datur ?
N’y a-t-il donc après tout aucune manière de concilier les différents aspects de la doctrine de l’Église ? Ne pouvons-nous pas rester fidèles à ce que l’Église nous a dit sur la papauté sans pour autant nous soumettre à une hiérarchie apostate ? La reconnaissance de la légitimité des autorités vaticanes apostates et le sédévacantisme absolu sont-ils donc les deux seules options qui s’offrent à nous ?
Commençons tout d’abord par une vérité que tous les Catholiques admettront sans difficulté : il ne peut y avoir qu’un seul pape. Dieu merci, cela n’est pas encore sujet de disputes parmi les Catholiques. Il est important de rappeler cette vérité, car elle a le mérite de limiter les possibilités qui s’offrent à nous dans cette crise de la papauté.
Bien des traditionalistes, il faut le dire, n’admettent que deux possibilités quand ils regardent la crise présente de la papauté :
ou bien les papes de Vatican II sont papes et le siège de Pierre n’est pas vacant ;
ou bien ils ne le sont pas et le siège de Pierre est vacant.
En réalité, et nous sommes dans l’ordre de la pure réflexion, en pure logique, il existe bien trois possibilités qui sont les suivantes :
ou bien les papes de Vatican II sont papes et le siège n’est pas vacant ;
ou bien les papes de Vatican II ne sont pas papes et le siège est vacant ;
ou bien les papes de Vatican II ne sont pas papes, mais il y a un autre pape et le siège n’est pas vacant.
Tertium datur, dans l’ordre logique, il existe une troisième voie. Peut-être n’est-elle pas la bonne, mais elle existe.
«Tu es folle »
Oui, tertium datur . Il y a une troisième voie qu’il ne faut pas oublier. Celle d’un pape éclipsé par la volonté divine, de telle sorte que son long exil passe inaperçu aux yeux de tous les hommes. Un Dieu qui mettrait à l’épreuve la foi de ses fidèles d’une manière très semblable à l’épreuve permise pour ses apôtres lors de sa mise au tombeau.
Une possibilité qui fait sourire, qui fait lever les yeux au ciel dès qu’on l’aborde, bref, une option qui est véritablement folie aux yeux des hommes. Serait-elle la sagesse de Dieu ? Comme au chapitre 12 des Actes des Apôtres, Pierre viendra-t-il un jour frapper à la porte de l’Église après avoir été libéré miraculeusement par Dieu ? La servante Rhodé s’entendra-t-elle dire de nouveau : « Tu es folle », « C’est son ange » ?
Aussi incroyable qu’elle paraisse, cette troisième voie ne devrait pas être exclue d’un revers de main simplement parce qu’elle requiert l’intervention divine.
La crise que nous traversons n’est pas une crise comme les autres. Il est facile de penser qu’il s’agit de la crise de la fin, que c’est la dernière, qu’il n’y en aura point d’autre. Ceci parce que son ampleur dépasse tout ce que nous avons vu dans l’histoire et surtout parce qu’il n’est pas possible d’en imaginer de plus grande. Qu’y a-t-il en effet de plus trompeur que de voir ceux qui prétendent être les successeurs de Pierre et des Apôtres de Jésus-Christ nous enseigner tous ensemble un autre Évangile que celui de Jésus-Christ ? Non, vraiment, rien ne peut être plus trompeur, rien d’autre ne peut être plus susceptible de tromper « s’il était possible, les élus eux-mêmes. » Matt. 24:24 Dans un tel contexte, pourquoi exclure d’emblée le surnaturel et le divin ? Pourquoi vouloir que tout soit uniquement raisonnable et humain ?
Il est un apôtre qui a exclu le surnaturel et le divin. Il s’appelle Thomas. « Si je ne vois dans ses mains la marque des clous, et si je ne mets mon doigt à la place des clous, et ma main dans son côté, je ne croirai point. Huit jours après, les disciples étant encore dans le même lieu, et Thomas avec eux, Jésus vint, les portes étant fermées, et se tenant au milieu d’eux, il leur dit : « La paix soit avec vous! » Puis il dit à Thomas : « Mets ici ton doigt, et regarde mes mains ; approche aussi ta main, et mets-la dans mon côté ; et ne sois pas incrédule, mais croyant. » Thomas lui répondit : « Mon Seigneur, et mon Dieu ! » Jésus lui dit : « Parce que tu m’as vu, Thomas, tu as cru. Heureux ceux qui n’ont pas vu et qui ont cru. » Jean 20 :25-29
Que François soit un pape, il devient de plus en plus difficile pour les Catholiques de l’affirmer avec certitude, et les tenants de cette position n’ont plus guère que l’agressivité pour défendre leur « pontife » hérétique. Qu’il n’y ait pas de pape, c’est toute autre chose, et nous en avons bien moins d’assurance.
Certains crieront d’emblée que d’admettre la possibilité qu’il existe un pape caché, exilé momentanément, souffrant avec l’Église et pour l’Église, c’est se précipiter dans un monde imaginaire, chez Alice au Pays des Merveilles. Nous n’en sommes pas si sûrs. En effet, comme nous l’avons abordé jusqu’ici, ce qui nous amène à contempler l’hypothèse d’un pape exilé, caché, attendant l’heure de Dieu pour restaurer l’Église, ce n’est pas tant la volonté de nous consoler au milieu d’une situation si catastrophique pour l’Église ou bien la poursuite effrénée de révélations privées, que la théologie et le magistère mêmes de l’Église : ce que nous ont dit les papes du passé sur la papauté, à savoir qu’elle serait infaillible dans son enseignement doctrinal et moral et qu’elle durerait toujours sans interruption.
A suivre.
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Pour développer ce sujet, lire (nouveauté 2023) :
« La visibilité de l’Église à la fin des temps, à la lumière de l’enseignement de l’Église, “la Femme au désert” (Apoc. XII) » par Laurent Morlier. 160 pages, 2023 (que vous pouvez télécharger provisoirement sur le site fichier-pdf.fr ).
Fichier PDF APOCALYPSE XII La Femme au désert.pdf