Des semences du Verbe dans les fausses religions ?
L'idée qu'il y ait des rayons de vérité dans les fausses religions est-elle une nouveauté du concile Vatican2 ? En effet dans Nostra Ætate nous pouvons lire:
"L’Église catholique ... considère avec un respect sincère ces manières d’agir et de vivre, ces règles et ces doctrines qui, quoiqu’elles diffèrent sous bien des rapports de ce qu’elle-même tient et propose, cependant reflètent souvent un rayon de la vérité qui illumine tous les hommes."
Nous allons voir que cela n'a rien de nouveau et comment il faut le comprendre de manière orthodoxe.
Les Pères de l'Église et Pie XII , les semences du Verbe.
Pie XII. Radio-message du 31 décembre 1952.
"Rendez témoignage à Jésus-Christ. Démontrez que tout ce qui peut être juste et bon dans d'autres religions trouve sa signification plus profonde et son achèvement parfait dans le Christ, tandis que la foi catholique révèle une connaissance de la vérité divine et une puissance de salut, de sanctification et d'union de l'homme avec …Plus
Réponse à une objection absurde trouvée dans un commentaire d'un post malfaisant et ridicule. (Selon FSSPX News : « Le Cardinal [Fernandez] a …
Si on suit la logique de NostraÆtate, "Il pourrait y avoir des rayons de vérité dans le satanisme". Cela montrerait donc que Nostra Ætate n'est pas catholique. Malgré la bêtise de l'objection je vais montrer rapidement que c'est inopérant, bien que n'importe quel homme sain d'esprit se passerait de cette démonstration. Mais comme le dit l'Ecriture :" le nombre des insensés est infini".
-Nostra Aetate salue un « rayon de la Vérité ». Or, le Christ définit Satan comme celui en qui « il n’y a pas de vérité » et comme le « père du mensonge » (Jean 8, 44). Un système fondé sur le refus et l'absence de vérité ne peut, par définition, en contenir un rayon.
-Le texte conciliaire s'adresse aux religions qui cherchent le divin. Le satanisme repose sur le rejet explicite de Dieu , « Non serviam » (Je ne servirai pas). Ce qui est inversion radicale ne peut être considéré comme une différence respectable. Le satanisme est par essence l'antithèse de la religion ( de "relegerer", qui relie au divin)
-Le satanisme ne relève pas de l'ignorance (que l'Église respecte), mais d'un refus volontaire et conscient de Dieu, du péché contre l'Esprit :
« Quiconque aura parlé contre l'Esprit Saint, cela ne lui sera pardonné ni dans ce monde-ci ni dans le monde à venir. » (Matthieu 12, 32)
Le péché contre l'Esprit est le refus délibéré de la vérité et de la grâce, le refus du divin. Satan n'est qu'une créature qui veut indûment se faire adorer en détournant ses adeptes de la recherche de la Vérité Divine.
-Alors que Nostra Aetate valorise les « semences du Verbe » (aspirations vers le Bien), le satanisme est au contraire "l'étouffement" conscient de ces semences. On ne peut accorder un « respect sincère » à une doctrine qui érige en culte la créature qui a rejeté éternellement Dieu et donc la vérité.
-Le texte du Concile est un pont vers ceux qui cherchent à marcher vers la Lumière. Le satanisme étant objectivement la marche volontaire vers le prince des Ténèbres, il se situe, par sa propre nature, hors de portée de cette bienveillance doctrinale.
Catéchisme sur le refus absolue de Vérité de Satan et de ses suppôts
Chute des anges
391 Derrière le choix désobéissant de nos premiers parents il y a une voix séductrice, opposée à Dieu (cf. Gn 3, 4-5) qui, par envie, les fait tomber dans la mort (cf. Sg 2, 24). L’Écriture et la Tradition de l’Église voient en cet être un ange déchu, appelé Satan ou diable (cf. Jn 8, 44 ; Ap 12, 9). L’Église enseigne qu’il a été d’abord un ange bon, fait par Dieu. " Le diable et les autres démons ont certes été créés par Dieu naturellement bons, mais c’est eux qui se sont rendus mauvais " (Cc. Latran IV en 1215 : DS 800).
392 L’Écriture parle d’un péché de ces anges (cf. 2 P 2, 4). Cette " chute " consiste dans le choix libre de ces esprits créés, qui ont radicalement et irrévocablement refusé Dieu et son Règne. Nous trouvons un reflet de cette rébellion dans les paroles du tentateur à nos premiers parents : " Vous deviendrez comme Dieu " (Gn 3, 5). Le diable est " pécheur dès l’origine " (1 Jn 3, 8), " père du mensonge " (Jn 8, 44).
393 C’est le caractère irrévocable de leur choix, et non un défaut de l’infinie miséricorde divine, qui fait que le péché des anges ne peut être pardonné. " Il n’y a pas de repentir pour eux après la chute, comme il n’y a pas de repentir pour les hommes après la mort " (S. Jean Damascène, f. o. 2, 4 : PG 94, 877C).
394 L’Écriture atteste l’influence néfaste de celui que Jésus appelle " l’homicide dès l’origine " (Jn 8, 44), et qui a même tenté de détourner Jésus de la mission reçue du Père (cf. Mt 4, 1-11). " C’est pour détruire les œuvres du diable que le Fils de Dieu est apparu " (1 Jn 3, 8). La plus grave en conséquences de ces œuvres a été la séduction mensongère qui a induit l’homme à désobéir à Dieu.
395 La puissance de Satan n’est cependant pas infinie. Il n’est qu’une créature, puissante du fait qu’il est pur esprit, mais toujours une créature : il ne peut empêcher l’édification du Règne de Dieu. Quoique Satan agisse dans le monde par haine contre Dieu et son Royaume en Jésus-Christ, et quoique son action cause de graves dommages – de nature spirituelle et indirectement même de nature physique – pour chaque homme et pour la société, cette action est permise par la divine Providence qui avec force et douceur dirige l’histoire de l’homme et du monde. La permission divine de l’activité diabolique est un grand mystère, mais " nous savons que Dieu fait tout concourir au bien de ceux qui l’aiment " (Rm 8, 28).