Eglise enseignante ? "Qui vous ecoute, M'écoute "?
Le pouvoir principal de l'Eglise enseignante est celui du Magistère (munus docendi), c'est-à-dire l'autorité légitime d'enseigner au nom du Christ. C'est la volonté express du Fils de Dieu, " allez et enseignez...", qui appelle une réponse de foi, " qui vous écoute, m'écoute...".
Il existe trois pouvoirs magisteriels:
1)Le Pouvoir d'Infaillibilité : Dans des conditions très précises (définition solennelle ou « ex cathedra »), le Pape ou le collège des évêques (réuni en Concile) peut proclamer une vérité de foi ou de morale de manière infaillible. Cela signifie que l'enseignement est considéré comme exempt d'erreur par l'assistance du Saint-Esprit. Il appelle une adhésion de foi divine ( nécessaire au salut)
2)Le Pouvoir de Jugement : L'Église enseignante a le pouvoir de juger si une doctrine, un livre ou un discours est conforme ou contraire à la Révélation. Elle peut condamner des erreurs (hérésies) pour protéger les fidèles. Le jugement peut être prudentiel, provisoire, ou définif.
3)Le Pouvoir du magistère Authentique : Même lorsqu'ils ne parlent pas de manière infaillible, les évêques et le Pape exercent un « magistère authentique ». Les fidèles leur doivent alors un « assentiment religieux de l'intelligence et de la volonté », et non une simple écoute polie. Il n'appelle pas à une adhésion de foi divine ( nécessaire au salut), mais refuser par principe un enseignement du magistère authentique est un acte de refus de l'Église enseignante voulue par Dieu et sans doute un péché grave ( " qui vous écoute, m'écoute...").
La réponse de l'Église enseignée.
L’Église enseignée est composée des prêtres et des fidèles. Selon la volonté du Christ elle à le devoir, pour son bien, de se soumettre humblement et religieusement à l'Eglise enseignante. Cette confiance est une confiance de foi qui vient de la confiance que nous avons en Celui qui a institué l'Église et qui " ne peut ni se tromper, ni nous tromper". Le fils de Dieu nous a montré lui-même l'exemple de ce qu'il commande.
En effet toute la vie du Christ est un témoignage d’obéissance (Enfant, il est soumis à ses parents ; adulte, il accomplit les lois, respecte les autorités légitimes et fait de la Volonté de Dieu sa "nourriture".) Cette obéissance est le moyen choisi par Dieu et accepté par Jésus, pour sauver le monde et lui rendre l’héritage des cieux ; et nous allons à Dieu en unissant notre obéissance à celle du Christ Jésus, devenu notre tête et notre chef. Toutes les misères d’Adam sont tombées sur nous parce que nous avons été solidaires de son péché de désobéissance ; nous avons part à toutes les bénédictions qui débordent de l’âme du Christ quand nous participons à son obéissance.
Le Christ avant sont ascension a donné ses pouvoirs à l’Eglise : « Toute puissance m’a été donnée par mon Père ; allez donc, en vertu de cette puissance que je vous délègue, enseignez à toutes les nations à garder mes commandements. (Mt 28,18) Car qui vous écoute m’écoute ; celui qui vous méprise me méprise. » L’Eglise est investie de l’autorité de Jésus-Christ ; elle parle et commande au nom du Seigneur.
Il ne s'agit pas pour l'Église enseignée d'une obéissance stupide, un fidèle, un prêtre peut être dubitatif sur un enseignement du magistère ordinaire, il peut alors s'en référer à l'autorité avec respect comme le droit canon le lui permet afin d'avoir un éclaircissement. Les théologiens peuvent faire un travail critique de certains points qu'ils trouveraient équivoques ou problématiques. Cependant ils ne peuvent se prévaloir d'une intelligence plus fine au point de trouver prétexte à la désobéissance dans un fol orgueil et prendre implicitement ( ou pas) la place de l'Église enseignante. Un membre de l'Église enseignée à le devoir et le droit de refuser l’obéissance à un péché objectif contre la foi. Objectif car il ne suffit pas de croire qu'il s'agit d'un péché contre la foi pour que cela en soit vraiment un. Seule l'Église enseignante a en cette matière le dernier mot.
En guise de conclusion
Refuser avec opiniâtreté l'obéissance confiante à l'Eglise, dans les limites légitimes, en prétextant avoir raison contre elle, c'est la vider de sa substance et détruire l'idée même d'Eglise. C'est usurper un pouvoir et une autorité que le Christ ne nous a pas donné et "devenir comme des dieux, connaissant le bien et le mal".
« l’essence du catholicisme consiste dans la soumission de l’intelligence à l’enseignement du Christ transmis par l’Eglise, et dans la soumission de la volonté à l’autorité du Christ exercée par l’Eglise ». (Bienheureux Colomba Marmion)