La véritable ÉGLISE est nécessairement APOSTOLIQUE ! Une des quatre notes essentielles au CREDO, sans laquelle elle n’est plus ! Qu'est-ce à dire ?
L’Église catholique serait-elle encore UNE et APOSTOLIQUE (Credo) si elle venait à perdre toute sa hiérarchie de juridiction divinement instituée par le Christ (Pape et/ou évêques établis par lui, can. 108 §3 CIC 1917) ?Non, l’Église catholique ne serait plus UNE ni APOSTOLIQUE si elle venait à perdre totalement son fondement hiérarchique (successeurs légitimes des Apôtres et notamment de saint Pierre), même par simple « interruption », tel que cela ressort de l’enseignement magistériel et dogmatique rappelé ci-dessous.
De plus, il lui serait impossible de reconstituer une hiérarchie puisque le pape ne peut être élu que par le collège des cardinaux légitimes (cf. Constitution de Pie XII, 1945) ou à défaut très exceptionnellement par « l’Église universelle » entendue comme la réunion de tous les chefs légitimes des Églises particulières (l’ensemble des évêques résidentiels ayant juridiction ordinaire : le corps épiscopal réuni en concile imparfait c’est-à-dire sans pape, canon 223). Cf. doctrine du cardinal Cajetan, Billot, Journet, etc. Si l’Église hiérarchique enseignante vivante (légitime) disparaissait totalement de la planète terre (n’existait plus), l’Église catholique romaine visible — militante — pourtant divinement constituée par le Christ sur cette pierre avec promesses de ne pas faillir, aurait été vaincue et serait morte. La simple interruption de la hiérarchie légitime, qui ne pourrait donc plus se reconstituer par succession ininterrompue, ferait que l’Église perdrait à la fois son caractère d’Apostolicité et d’indéfectibilité.
Elle ne serait plus UNE non plus, puisque le fondement visible de cette unité est précisément PIERRE et ses successeurs légitimes : « En effet, l’Église n’a qu’un seul Chef, un seul conducteur invisible, Notre-Seigneur Jésus-Christ, établi par le Père Éternel (Eph., I, 22), Chef (ou tête) de toute l’Église qui est son corps ; et un seul Chef visible qui est le successeur légitime de Saint Pierre sur le siège de Rome. Tous les Pères sont unanimes sur ce point que ce Chef (cette tête) visible de l’Église était nécessaire pour établir et conserver son unité. » (Catéchisme du Concile de Trente)
— « L’apostolicité est une propriété essentielle de l’Église et par cette apostolicité essentielle à l’Église, il faut entendre : origine apostolique, doctrine apostolique, succession apostolique. L’apostolicité, regardée dans la succession des pasteurs légitimes est une marque distinctive de la véritable Église, et elle emporte, avec l’origine apostolique, l’apostolicité de doctrine. […] Le corps des évêques doit avoir à sa tête comme chef suprême, comme évêque des évêques, Pierre, lieutenant visible du Christ, centre et principe visible d’unité pour tout le corps. Enfin, à cette société ainsi constituée Jésus promet assistance à jamais. Bâtie sur le roc, nulle tempête ne la détruira ; les puissances de l’enfer ne sauraient prévaloir contre elle : elle est indéfectible, elle sera toujours ce que le Christ l’a faite — indéfectible dans l’enseignement de la vérité, indéfectible dans l’usage de ses moyens de sanctification, indéfectible dans sa constitution même et dans la forme de son gouvernement. Et de là les conditions de l’apostolicité : même foi et même doctrine, même constitution, mêmes sacrements, ce sont les trois choses établies par le Christ et destinées à demeurer pour toujours dans son Église indéfectible. Est-ce tout ? Oui et non. Oui, mais à la condition, implicitement contenue dans celles qui précèdent, que le pouvoir de prêcher, d’absoudre, de consacrer, d’ordonner, de gouverner au nom de Dieu, se transmette sans interruption suivant les lois établies par le fondateur. Pas d’apostolicité sans mission ni sans continuité. Si le pouvoir se perd dans une société humaine, la société a en elle-même de quoi le relever, pour ainsi dire ; le pouvoir dans l’Église est d’autre nature ; il a son principe en Dieu, il peut se transmettre vivant ; mais une fois éteint, il faudrait pour rallumer le flambeau une nouvelle intervention de Dieu. En fait, une société que Dieu referait ainsi sur les ruines de l’Église ne serait plus l’Église : l’Église indéfectible aurait péri. » (Dictionnaire de théologie catholique, tome 1b, Apostolicité, col.1620)
— « C’est, en effet, une chose évidente : L’Église étant un corps social hiérarchique, il faut appartenir à ce corps social pour avoir part à l’autorité de sa hiérarchie. Sans succession apostolique, la hiérarchie n’est plus celle que le Christ a instituée : c’est une œuvre humaine ; et quand même les sacrements y resteraient, l’autorité n’y serait pas ; car le pouvoir d’ordre n’emporte pas de soi le pouvoir de juridiction : celui-ci est attaché à la mission, à la succession légitime. Il ne suffit pas de se réclamer du Christ, ni même d’avoir les sacrements. On est des siens, on est de son Église (je parle au for extérieur) quand on obéit aux pasteurs établis par lui, envoyés par lui. C’est donc pour une Église une question capitale que celle de la succession légitime. » (Dictionnaire de théologie catholique, tome 1b, Apostolicité, col. 1625.)
— «Voilà pourquoi les Pères du Concile de Nicée, pour faire comprendre à tous quelle était l’Église catholique, ajoutèrent au symbole, par une inspiration divine, le mot Apostolique. Et en effet, le Saint-Esprit qui gouverne l’Église, ne la gouverne que par des ministres apostoliques (c’est-à-dire par les successeurs légitimes des Apôtres). Cet esprit fut d’abord donné aux Apôtres, mais ensuite, grâce à l’infinie Bonté de Dieu, il demeura toujours dans l’Église. » (Catéchisme du Concile de Trente)
— « Il est évident que l’autorité ne peut être transmise que par succession légitime ; par conséquent, l’Église doit avoir une succession légitime, ou formelle, de pasteurs pour transmettre l’autorité apostolique d’âge en âge. Celui qui s’immisce dans le ministère contre les lois de l’Église [sans mandat pontifical ou sans le consentement présumé du Pontife romain] ne reçoit aucune autorité et, par conséquent, ne peut en transmettre aucune à ses successeurs. […] Pour cette raison, le pouvoir des Ordres peut être obtenu par fraude ou conféré contre la volonté de l’Église par toute personne ayant des ordres valides lui-même, mais ne dépend donc pas de la succession légitime. […] En d’autres termes, l’Église doit être apostolique dans son ministère au moyen d’une succession légitime qui remonte dans une ligne ininterrompue avec les Apôtres. […] En aucun cas, les schismatiques n’ont une succession légitime ; il n’y a pas de transmission de la juridiction parce qu’ils se sont retirés de la communion avec Rome — le pape légitime —, le centre et la source de toute juridiction. » (R. P. Elwood Sylvester Berry 1879-1954, professeur d’apologétique au séminaire du Mont Saint Mary de Baltimore, dans le Maryland ; The Church of Christ, An Apologetic and Dogmatic Treaties, Eugene, OR : Wipf and Stock Publishers, 1927. Imprimatur.)
— « Or, toute juridiction est une participation des clefs qui n’ont été données qu’à Pierre seul ; il est donc l’unique source de la juridiction. De la plénitude de sa puissance émane toute autorité spirituelle, comme nous l’apprenons des Pères, des papes et des conciles. » (Dom Gréa, De l’Église et sa divine Constitution, 1885, Appendice C.)
— « Q. Pourquoi l’appelle-t-on Apostolique ? R. Parce qu’elle a été fondée par les apôtres, et que depuis les apôtres elle a toujours subsisté, et subsistera jusqu’à la fin du monde, avec une succession continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes, sous un seul et même chef visible, qui est Notre Saint-Père le Pape. […] L’Église est encore Apostolique dans son ministère, parce qu’elle a duré depuis les apôtres, par une succession continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes. Car Jésus-Christ n’a pas établi son Église pour un temps passager, mais pour durer jusqu’à la consommation des siècles. […] 3° Parce qu’elle remonte, par une succession continuelle et non interrompue de pasteurs légitimes, jusqu’aux apôtres, et, par eux, jusqu’à Jésus-Christ. C’est un fait si évident que ses ennemis eux-mêmes sont forcés d’en convenir. Tous les écrivains ecclésiastiques déduisent la succession des souverains pontifes, évêques de Rome, depuis saint Pierre jusqu’à Pie IX, qui occupe aujourd’hui la chaire apostolique ; de sorte que nous pouvons remonter de Pape en Pape jusqu’à Jésus-Christ, sans trouver aucune interruption. » (Nouvelle explication du catéchisme de Rodez, op. cité, 1880, tome 2, 11e leçon, pp. 122-124.)
— « Le Christ a fondé son Église entière sur Pierre et que, par suite, l’apostolicité est visible et reconnaissable en lui et dans ses successeurs. […] L’apostolicité n’est incontestablement reconnaissable que dans l’Église fondée sur Pierre et ses successeurs, l’Église de Rome. Elle seule peut démontrer sa connexion ininterrompue avec l’Apôtre S. Pierre. […] L’Église est apostolique en tant qu’elle est bâtie sur le fondement des Apôtres et en tant que ce fondement persiste dans la personne des successeurs des Apôtres jusqu’à la fin du monde. Dans la primauté et dans l’épiscopat, qui lui est légitimement uni, cette propriété essentielle reçoit l’importance d’une note visible et facilement discernable par tous. […] L’Église de Jésus-Christ est une, sainte, catholique et apostolique. Ces quatre notes ne sont pas pour elle quelque chose d’extérieur et d’accidentel : elles lui sont nécessaires et essentielles. » (Mgr Bernard Bartmann, Précis de théologie dogmatique, §152. L’Apostolicité.)
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Mgr Donald J. Sanborn, sédévacantiste, le reconnait également avec honnêteté :
« le problème théologique criant auquel font face les sédévacantistes est de pouvoir expliquer l’apostolicité de l’Église – qui est un dogme – tout en affirmant que Bergoglio et ses évêques n’ont pas la juridiction pour enseigner, gouverner et sanctifier l’Église et sont donc un faux pape et de faux évêques.
« Tandis que la vacance du siège de Rome ou d’un siège de diocèse ne porte pas atteinte à l’apostolicité, puisque ces vacances ont lieu de tout temps, il est cependant nécessaire à l’apostolicité de l’Église qu’il y ait un moyen légal pour élire un pape et nommer des évêques. En d’autres termes, il doit y avoir des personnes qui ont un droit légitime de voter et de nommer. Si cela disparaît, l’Église catholique disparaît. On serait alors obligé de nier l’ indéfectibilité de l’Église, ce qui est hérétique. Bien évidemment, la réponse à cette question est de suprême importance.[1] »
[1] Most Holy Trinity Seminary Newsletter, Décembre 2021. – Mais il ne donne pas lui-même la solution puisqu’une hiérarchie dite materialiter (thèse de Cassiciacum) n’a pas la juridiction : or, « ce qui leur manque, c’est le pouvoir de juridiction, condition essentielle de l’apostolicité. » (Ernest Savignac, p.s.s., Manuel d’apologétique à la portée de tous, Montréal 1936, p. 177.) Même « convertis », il leur manquerait toujours le pape dont il pourrait la recevoir… Donc rupture dans la hiérarchie divinement instituée et la succession apostolique ! D’ailleurs, son ouvrage La papauté matérielle (Sodalitium 2001), dans sa première partie et à l’aide de seize théologiens, établit indubitablement qu’il est nécessaire d’avoir à la fois l’Ordre ET le pouvoir (la juridiction) pour rendre compte de la nécessaire succession apostolique ininterrompue. « Il ne suffit pas, pour constituer la note d’apostolicité, de la succession matérielle, si je puis ainsi dire, depuis les apôtres ; il faut en outre la succession formelle [avec juridiction], en sorte que celui qui est désigné comme le successeur des apôtres, doit conserver l’unité de foi et de communion avec le chef et le centre de l’Église universelle, […] On doit rejeter, comme ne faisant point partie de l’Église du Christ, toutes les sociétés qui sont privées de l’une ou de l’autre, ou de l’une et l’autre succession qui constitue la note de l’apostolicité. » (Théologie dogmatique du R. P. Perrone, tome V, 1877, p. 352-353.)
Pour développer ce sujet, lire (nouveauté 2023) :
« La visibilité de l’Église à la fin des temps, à la lumière de l’enseignement de l’Église, “la Femme au désert” (Apoc. XII) » par Laurent Morlier. 160 pages, 2023 (que vous pouvez télécharger provisoirement sur le site fichier-pdf.fr ).
Fichier PDF APOCALYPSE XII La Femme au désert.pdf