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GRAND ORAL : LES MORGELLONS
La maladie des morgellons est un sujet controversable du fait de son côté subjectif. Elle est souvent prise par les
complotistes pour justifier de complots d’états…
Cette maladie se caractérise par des plaies béantes, des décollements cutanés correspondant à des tentatives
d’extraction d’un parasite/insecte qui les mordent et provoque des sensations de prurit ,fourmillement.
Elle fut nomme ainsi au XVIIème siècle par sir Thomas Browne , les morgellons désignait des poils durs sur le dos
accompagnés de fourmillement , de convulsion…
Pour autant lorsque les patients vont chez le médecin , celui-ci ne trouve pas de parasite et diagnostic le plus souvent
la maladie de lyme. Puisqu’en effet ils sont souvent empreint à des fatigues et douleurs chroniques , des troubles
cognitifs ( perte de mémoire , manque de concentration ) , humeurs dépressives.
Les malades ne se sentant pas reconnue dans leur mal vont tenter de récolter des preuves. Ils amènent souvent de
long fils de couleur , des débris divers , des squames ou même des bouts de laine qu’ils ont récoltés de leurs plaies.
Nous pouvons d’ores et déjà poser le constat d’une maladie neurologique qui revêt le nom de syndrome d’ekbom.
Ce syndrome est considère comme un délire chronique de l’âge adulte qui touche particulièrement les femmes
ménopausées qui ont ou évolue dans un milieu social difficile. Les malades sont intimement convaincu de ce fait et
sont près à tout pour le prouver.
Ce délire dermatozoïque a été diagnostiquer pour la 1er fois par le docteur Thierberge et depuis 1200 cas ont été
diagnostiquer. Mais depuis quelques années , elle prend une ampleur considérable car elle se transmet par internet.
Ces personnes sont vulnérables et influençables , depuis 2018 rien qu’au USA 15 000 personnes ont été diagnostiquer.
Le constat de ce syndrome est extrêmement complexe et relève d’une analyse approfondi du patient. Nous allons
poser des hypothèses pour trouver par élimination le diagnostic le plus pertinent :
-Diagnostic de l’ectoparasitose avec prurit reste valable mais de l’ordre du ressenti et du délire
-TOC de propreté , écarté car le patient reste conscient et rationnel
-Diagnostic du trouble factice/pathomimie écartée car le patient souffre de cette maladie et est intimement convaincu
de son existence
-délire parasitose à cause toxique ou médicamenteuse reste possible mais pas majeur car le syndrome peut apparaitre
lors de maladie comme Alzheimer , de carence en vitamine B , d’insuffisance rénale…
HYPOTHESE LA PLUS PERTINENTE :
Trouble délirant monothématique non schizophrénique à thème hypochondriaque tendant vers une folie délirante ou
une psychose hallucinatoire notoire chronique.
Dans cet oral je vais aborder les causes d’ordres physiologiques et neurologiques de cette maladie ?
Comme évoque précédemment, les patients extraient de leur plaies divers éléments qu’ils s’insèrent inconsciemment
parfois mais la plupart du temps pour les fils de couleurs cela provient réellement de leur corps. Nous allons donc
étudier la réaction du métabolisme à un mécanisme psychique spécifique.
Ces fils sont en réalité des filaments de protéine organique composée de kératine et de collagène.
Ces 2 adjuvants sont anormalement produits à partir de kératinocytes et des fibroblastes de l’épithélium cutané.
Avant tout, il est nécessaire de définir ceux que sont les kératinocytes. Ceux sont des cellules constituant 85%
de l’épiderme ( couche supérieure de la peau) et des phanères ( ongles , cheveux , poils…). Elles synthétisent la
kératine.
La kératine est une protéine fibreuse qui assure l’imperméabilité et la protection de la peau.
Les malades sont atteints d’hyperkératose. Alors qu’est-ce que c’est ?
Elle peut être définit comme l’accumulation excessive de kératine à la surface de la peau lors du renouvellement de
l’épiderme. Celui-ci n’est plus capable d’éliminer les cellules mortes et cela et par ailleurs accentuer par les grattages
répètes.
Mais alors comment cela se fait -il ?
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Il faut savoir que la peau est composée de 3 couches :
-Hypoderme en profondeur
- le derme (tissu de soutient )
-épiderme en surface constitué de 4 couches ( la partie qui nous intéresse) :
On voit que sur ce schéma les couches se superposent , chacune d’elle permet la fonction de l’autre.
En effet , la couche basale est le lieu de naissance des kératinocytes.
Ces kératinocytes vont migrer vers la couche épineuse ou elles vont s’allonger et s’aplatirent. Ainsi elles pourront dans
la couche granuleuse se charger de kératine et se transformer en cellules mortes ( cornéocytes) en perdant leur noyau.
La couche cornée est par conséquent un amas de cornéocytes plates normalement éliminé par desquamation.
L’épiderme en surface se renouvelle 3 à 4x par semaine. Une couche cornée saine se présente comme fine et souple
car elle est naturellement recouverte d’un film hydrolipidique (sueur + sébum + résidus de desquamation ).
C’est justement grâce à ce film , cette cornée et le microbiote que notre peau est protégée.
Hors lors d’une hyperkératose , la peau est ultra sèche et vulnérable aux agressions car les bactéries cutanées ne
peuvent plus éliminé le surplus. En sachant que ce renouvellement ralentit durant la vieillesse , on peut comprendre
avec clarté la difficulté de cicatrisation des personnes atteintes du syndrome.
Par ailleurs j’ai évoqué un défaut de production de collagène à partie des fibroblastes de l’épithélium cutané.
Je vais tenter de vulgariser mon propos.
Tout d’abord , il faut savoir que le collagène est une protéine structurale (sous forme fibrillaire) qui est la majeur
protéine des animaux (1/4 de la matrice extracellulaire).
Elle confère une résistance mécanique à l’étirement , en hydrolysant notamment la gélatine (colle de la peau).
Quant à eux les fibroblastes sont des cellules intelligentes du derme responsable de la formation du tissu
conjonctif.(tissu solide qui entoure et supporte le cartilage , les tendons et les muscles ).
Elles ont des récepteurs appelés ‘intégrines’ capables de fixer des messages transmis par la peau et ainsi s’adaptent
pour assurer la bonne santé du derme , comme par exemple la production des filaments de collagène et d’ élastine
lors de blessure. Les filaments vont proliférer en formant un tissu de cicatrisation.
Apres 45ans , le corps possède moins de fibroblastes donc la production de ces 2 adjuvants est moindre , la peau
s’amincit et perd en souplesse et en résistance (ride , affaissement cutané) .
Lors de la maladie des morgellons , les fibroblastes sont présents en plus grande quantité , il y’a donc plus de production
de filaments de collagène.
Couche cornée
Couche granuleuse
Couche basale
Couche épineuse Derme
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Cette dermatose est influencée en premier lieu par un facteur psychique majeur : le stress.
Nous parlons ici de stress chronique.
On sait que le système limbique ( hypothalamus , amygdale , hippocampe ) sont à l’origine de la production
d’adrénaline et de cortisol. La régulation du cortisol est effectué par le rétrocontrôle négatif .
Dans le cas des malades , le rétrocontrôle est dérèglé et la production de cortisol est en trop grande quantité.
Ce stress engendre chez eux une grande anxiété et paranoïa.
Pour plus de précision l’université de Nice Sophia-Antipolis à mener une expérience dont en ressort des causes plus
précises à l’apparition du syndrome d’Ekbom :
-Les patients ont souvent subis des traumatismes dans l’enfance souvent nier et cela engendre de l’impulsivité , de
l’agressivité , une tendance aux conformismes et aux addictions.
II. causes neurologiques
Pour appuyer mon propos je le développerai en me basant sur les expériences effectuées par le Pan African Medical
Journal , des expériences menés par les docteurs Berhili , Bout , Aalouane , Rammouz …
L’OBSERVATION N1 :
Ce premier patient est un homme âgé de 53ans, maçon sans antécédents pathologiques et familiaux. Il consulte
pour une décompensation dépressive (réapparition d’une dépression) et dit souffrir de la présence d’un insecte au
sein de son corps depuis 7ans dans son hémicorps droit. Celui-ci le mord et provoque une douleur et un prurit
augmentant au fil du temps.
Ce patient dit avoir consulté de nombreux médecins qu’il juge incompétents car non pas trouvé l’insecte en question
et non fait que lui prescrire des psychotropes qu’il refuse de prendre.
Ces différents troubles ont entrainés une altération conséquente sur le plan professionnel puisque celui-ci est au
chômage depuis 1an mais parviens à maintenir une situation sociale et familiale stable.
Suite aux différentes analyses médicales, nous avons pu faire une étude approfondie du patient :
-Anxieux monothématique cherchant à démontrer la véracité de son propos en exposant son dos .Celui-ci possède
de nombreuses lésions, grattages , petites cicatrices correspondant à l’insertion d’une aiguille pour tenter d’extraire
l’insecte. D’autre part, il dit pouvoir contrôler le mouvement du parasite.
-Etude de l’IRM cérébrale du patient :
- Présence de calcification bilatérale non spécifique des noyaux gris centraux.
Les noyaux gris centraux sont une masse de substance grise située à l’intérieur de l’encéphale (ensemble de
système nerveux situé dans le crâne comprenant le cerveau , le cervelet et le tronc cérébral)
dans la substance blanche des hémisphères cérébraux.
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Les noyaux gris centraux sont rangés par pair symétrique. Ils participent au contrôle de la motricité , du mouvement
volontaire.
Il est assez courant que des calcifications apparaissent sur ces noyaux après 50ans dans 5.5% à 20% des cas. L’atteinte
peut être unilatérale (causes génétiques ou acquises ) ou bilatérale ( acquises ou génétiques mais en retirant
l’hypothèse de la perturbation du métabolisme phosphocalcique).
Dans le cas de ce patient c’est une atteinte unilatérale. Il est atteint de calcification du métabolisme phosphocalcique ,
secondaire principalement dû à une hypoparathyroïdie primitive ou postopératoire.
Alors que veulent dire tous ces termes barbares ?
Premièrement il faut définir le métabolisme phosphocalcique. Ce métabolisme regroupe un ensemble de phénomènes
d’absorption , de fixation et d’excrétion du phosphore et du calcium dans l’organisme.
En parlant d’hypoparathyroïdie , c’est savoir que les cellules parathyroïdiennes synthétisent et stockent l’ hormone PTH
(parathyroïdienne) dans des vésicules .
Cette hormone stimule la libération de calcium dans les os ,une augmentation de la réabsorption intestinale du calcium
et une meilleure synthèse rénale de calcitriol . Elle est donc responsable du maintien de la calcémie.
En cas d’hypocalcémie , le récepteur sensible au calcium est inactif , il y’a donc un surplus de sécrétion de l’hormone
PTH.
Mais plus encore dans le cas d’une hypoparathyroïdie , l’hormone PTH est insuffisamment produite par conséquent le
taux de calcium ne peut se maintenir.
Lorsque les calcification des noyaux se trouvent autour et dans les sous couches , les médecins peuvent détecter un
délire aigu. Elle participe souvent dans des maladies comme parkinson , l’épilepsie , les troubles cognitifs ou
psychiatriques , la maladie de Fahr.
C’est pourquoi dans le cas de ce patient , nous pouvons affirmer qu’il est atteint d’un syndrome d’ekbom primaire à
trouble délirant somatique à thématique d’infestation parasitaire couplé d’un épisode dépressif.
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L’OBSERVATION 2 :
Dans le cas du 2eme patient , le malade a 47ans , il est électricien célibataire. Il ne possède aucun antécédant
pathologique mais souffre depuis l’âge de 20ans d’importantes migraines non traitées. Par ailleurs , il se plaint depuis
ses 18ans de prurit et morsure d’un parasite rampant sous sa peau. Comme précédemment il dit pouvoir contrôler ces
mouvements. Il présente de surcroit des lésions dermatologiques au niveau de son appareil génital correspondant à
l’application de détergeant et d’insecticides.
La différence et que ces symptômes partent et reviennent.
Il a subit 2 dépressions dont il estime que l’une a engendré l’apparition de ces symptômes.
Lors de l’entretien avec le psychiatre , il a présenté des périodes d’épisodes transitoires ou son discours devenait
incompréhensible.
Etude en surface du patient :
-Présente un dysfonctionnement du langage dû au dysfonctionnement des réseaux de connexions au sein du cortex
cérébral et des noyaux gris centraux avec la substance blanche.
- atteint d’un délire parasitaire du au trouble perceptifs correspondant à des hallucinations tactiles ascendantes au
niveau génital , du tronc et du cou.
Analyse neuropsychiatrique :
-Altération MMS (mini-mental state) à25. Le MMS est un test psychologique pour évaluer de manière rapide et
standardisée l’état cognitif des patients.
Ce patient est à 25 cela veut dire qu’il est souffrant de dépression sans troubles cognitifs avec possibilité de
schizophrénie.
-Temps de traitement plus long lors du test de Stroop. Ce test évalue l’attention de la sélection d’informations.
Analyse de l’IRM :
-Coupes coronales montrent quelques lésions nodulaires en hypersignal FLAIR dans substance blanche sous corticales
fronto-pariétale bilatérale , temporel et capsulaire externe droite en rapport avec des infarctus lacunaires sous
corticaux.
L’hypersignal est du à une démyélinisation de la gaine de myéline (entoure les axones/dendrites augmentant la vitesse
du signal électrique).Dans ce cas si , cette gaine se détruit. Cela peut engendré des maladies vasculaires , infectieuses
, inflammatoires , tumorales , post traumatique…
Les infarctus lacunaires sont quant à eux dû à une occlusion d’une petite artère intracrânienne liée à une
microangiopathie hypertensive.
Une microangiopathie hypertensive est une maladie vasculaire cérébrale entrainant des lésions et l’endommagements
dans les petits vaisseaux sanguins. C’est pourquoi le flux sanguin est moins importants dans certaines partie du cerveau
, il y’a donc mauvaise communication ou apparitions d’autres problèmes neurologiques.
Dans le cas de ce malade la cause est une hypertension artérielle causant la dépression , la détérioration cognitive , la
démence et avec une possibilité sur le long terme d’AVC.
Une autre hypothèse peut être pris en compte pour ce patient. Nous pouvons logiquement penser à la maladie de
CADASIL. C’est une maladie génétique héréditaire touchant les petits vaisseaux sanguins au niveau du cerveau. Cette
maladie entraine souvent une mauvaise irrigation sanguine avec des infarctus sous corticaux.
CADASIL est issu de la transmission d’un gène muté NOTCH3 qui contrôle la formation des vaisseaux sanguins et
notamment la couche musculaire des artères. Dans ce cas ci , la couche musculaire est de mauvaise qualité et se
dégrade progressivement. C’est pourquoi le patient souffre d’infarctus à répétition allant jusqu’à la perte d’autonomie
totale.
Ce patient est donc atteint d’un syndrome d’ekbom couplé à des épisodes dépressifs et délirants du à des lésions
nodulaires en hypersignal FLAIR et des infarctus lacunaires sous corticaux .
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OBSERVATION 3 :
Ce patient est un menuisier de 38ans vit depuis 18mois en milieu carcéral du au traffic de cannabis. Il en a lui-même
consommé pendant 20ans.
Il présente des lésions plus ou moins profondes et larges au niveau des membres inférieurs et supérieurs de l’abdomen.
Il dit ressentir un prurit intense depuis 3 mois du à un ver sous sa peau depuis incarcération alors qu’il suit une hygiène
stricte avec un traitement dermatologique constant.
Il ne semble pas avoir d’instabilité psychologique neurologique remarquable mais son état émotionnel penche vers
une grande tristesse , de l’angoisse pour lui-même et pour les autres ( peurs de les infester).
Sa pensée semble cohérente mais tourne constamment autour de l’infestation.
Il est atteint d’hallucinations tactiles et auditives.
Ce patient a donc des épisodes dépressifs majeur avec caractéristiques psychiatriques ou schizophréniques engendrant
le syndrome d’ekbom.
BILAN :
On voit que chaque patients est diffèrent par conséquent les causes du syndrome d’ekbom sont différentes. C’est
pourquoi le diagnostic prend si longtemps à être poser.
On peut poser un diagnostic environnemental : l’ectoparasitose , l’hypochondrie , le trouble obsessionnel compulsif …
De plus en ressort 2 formes d’infestations :
-primaire (hallucination limitée à la peau avec thème monothématique) caractéristique du premier patient.
- secondaire ( hallucination cutanées avec conviction délirante de l’infestation que nous pouvons liés à des troubles
pathologiques d’ordres neurologiques ou psychiatriques) . C’est la cause la plus présente.
Elle entraine une insuffisance rénale , hépatique , des anémies , des carences en vitamines , le VIH , de la démence ,
des infarctus , dépression , schizophrénie…
Comment traiter ces patients :
Il est en général comme nous avons pu le voir difficile de soigner ces malades soit parce qu’il refuse d’écouter et pense
à une mésestime de leur cas virant vers des comportements suicidaires , soit parce qu’il rentre dans une boucle de
consommation massive de traitement somatique.
Pour autant plusieurs traitements existes tels que l’electro-convulsivo thérapie ou électrochocs qui présente des
améliorations souvent positives sur les patients.
On peut encore noter les antidépresseurs ou la psychothérapie mais ils constituent généralement des adjuvants au
traitement principal.
Le plus utilisé reste les neuroleptiques ( calmants) .