Philothée Philothée

Théologie cosmologique

Si l'on considère certaines vérités de la théologie catholique sous un aspect symbolique et cosmologique, il est permis de voir dans l'ordre admirable de la création des figures des réalités surnaturelles.

Le soleil, source de lumière et de vie pour notre monde, peut être regardé comme une image du Christ, Soleil de justice, de qui procèdent toute grâce, toute vérité et toute sainteté.
La terre, qui accomplit fidèlement sa course autour du soleil, peut figurer l'âme chrétienne fidèle, et plus particulièrement l'âme disciple bien-aimée.
Comme l'astre terrestre demeure dans l'orbite qui lui a été assignée, ainsi l'âme doit-elle demeurer dans l'ordre de Dieu, gravitant sans cesse autour de son divin Maître.
Tout au long des années de son pèlerinage ici-bas, elle s'efforce d'acquérir de nouvelles vertus, de mortifier ses pensées, ses affections et ses actions, et de réparer par la pénitence les fautes dont elle reconnaît chaque jour la misère.
À la manière d'une épouse éprise de son Époux céleste, elle lui fait la cour avec une fidélité persévérante, cherchant sans cesse à lui plaire, à attirer son regard et à répondre à ses grâces par un amour toujours plus pur.

La lune, qui reçoit du soleil toute sa clarté et ne brille point d'une lumière qui lui soit propre, peut être considérée comme une figure de la Très Sainte Vierge Marie.
Toute sa grandeur, toute sa beauté et toute sa sainteté viennent de Dieu seul.
Elle est la créature parfaitement illuminée par la grâce de son divin Fils et reflète avec une pureté sans égale les splendeurs du Soleil éternel.
Or la lune accomplit également sa course autour de la terre.
Cette ronde incessante peut évoquer la sollicitude maternelle de la Très Sainte Vierge envers les âmes qui lui sont confiées.
Tandis que l'âme fidèle fait la cour à son Dieu, Marie fait la ronde autour de ses enfants. Elle veille sur eux avec une vigilance de tous les instants, les accompagne dans leurs épreuves, les protège contre les dangers de l'âme et du corps, et les assiste dans les combats de la vie chrétienne.
Jour et nuit, selon cette pieuse image, elle demeure attentive à leurs besoins et intercède pour eux auprès de son divin Fils.

L'âme chrétienne, encore chargée des obscurités de son imperfection, ne peut ordinairement soutenir le regard de la divine Majesté. À l'exemple de l'œil humain qui ne saurait fixer longtemps l'éclat du soleil sans en être ébloui, l'âme éprouve sa faiblesse devant l'infinie lumière de Dieu.
C'est pourquoi la Providence lui a donné une Mère.
En Marie, la lumière divine se présente sous une forme douce et maternelle, adaptée à notre condition présente.

De même que les hommes peuvent contempler la lune sans être accablés par son éclat, ainsi les fidèles peuvent-ils se tourner avec confiance vers la Très Sainte Vierge.
Ils trouvent auprès d'elle secours, consolation et protection.
Par ses mains maternelles, elle les conduit avec douceur dans les voies de la grâce et les mène sûrement jusqu'à Jésus-Christ.

Ainsi, selon cette pieuse comparaison, le Christ est le Soleil de justice ; la terre représente l'âme disciple bien-aimée qui fait la cour à son Dieu ; la lune figure la Très Sainte Vierge Marie qui fait la ronde autour de ses enfants et veille sur eux ; et tout cet ordre harmonieux rappelle le dessein de Dieu, qui veut conduire les âmes, par Marie et avec Marie, jusqu'à l'union parfaite avec son divin Fils.
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