Vatican II, l’astre mort sous les pieds de ND de la Salette (Apocalypse 12)
I. La Salette : l’annonce explicite d’une éclipse ecclésiale
Dans le symbolisme prophétique des apparitions mariales, l’annonce de La Salette occupe une place singulière par sa clarté et sa gravité. La crise à venir y est formulée sans détour :
« L’Église sera éclipsée » (Apparition de La Salette, 19 septembre 1846).
Dans le langage biblique et théologique, une éclipse ne signifie jamais une annihilation. Elle désigne un masquage temporaire, une occultation de la lumière visible. Ainsi, l’annonce de La Salette n’évoque ni la disparition de l’Église ni l’extinction de la Foi, mais une période de confusion, une perte de repères visibles, touchant la foi vécue et transmise, sans que la Foi elle-même soit détruite.
Il est décisif de noter que cette éclipse n’est pas présentée comme une persécution purement extérieure, mais comme une crise interne à l’Église. Cette caractéristique correspond précisément aux grandes épreuves eschatologiques décrites par l’Écriture, où le danger principal ne vient pas d’abord de l’extérieur, mais de la désorientation spirituelle et doctrinale.
II. L’Apocalypse : la clé symbolique de la Femme, du Soleil et de la Lune
La compréhension théologique de cette éclipse trouve sa clé dans le langage inspiré de l’Apocalypse :
« Un grand signe apparut dans le ciel : une Femme revêtue du soleil, ayant la lune sous ses pieds » (Apocalypse 12, 1).
La Tradition catholique reconnaît dans cette Femme la Très Sainte Vierge Marie, indissociablement liée au mystère de l’Église.
– Le soleil dont elle est revêtue symbolise la Foi vivante, qui vient de Dieu et éclaire le monde.
– La lune, placée sous ses pieds, n’est pas une source de lumière : elle est un astre mort, capable d’éclipser temporairement le soleil sans jamais le remplacer.
Cette lune représente ainsi un pouvoir apparent, maléfique dans ses effets, susceptible de masquer la lumière visible de la Foi, mais strictement subordonné à la décision et à la victoire de la Très Sainte Vierge Marie. Le fait qu’elle soit sous ses pieds indique que cette éclipse est permise, mesurée, et déjà contenue dans le dessein providentiel de Dieu.
III. Le Concile Vatican II dans la logique symbolique de la lune
Dans cette perspective apocalyptique, le Concile Vatican II peut être compris comme une figuration historique de la lune. Il s’agit d’un événement ecclésial d’ampleur mondiale, profondément humain dans ses modalités, capable de produire une éclipse temporaire de la lumière visible de la Foi.
Cette éclipse ne s’opère pas par une négation explicite du dogme, mais par une multiplication des interprétations, une fragilisation durable des repères doctrinaux et liturgiques, et une confusion dans la manière dont la Foi est vécue et transmise. Cette situation correspond précisément à ce que La Salette annonce par la formule : « l’Église sera éclipsée ».
Elle s’inscrit également dans la description catéchétique de l’épreuve finale :
« Cette persécution qui accompagne son pèlerinage sur la terre dévoilera le “mystère d’iniquité” sous la forme d’une imposture religieuse » (Catéchisme de l’Église catholique, § 675-676).
Il est également rappelé par le Catéchisme que l’Église traversera un temps d’épreuve, partageant les souffrances de son Époux :
« Pendant l’épreuve finale, l’Église suivra son Époux jusqu’à l’agonie » (Catéchisme de l’Église catholique, § 675).
IV. Fatima : la clé temporelle et historique de l’épreuve
À cette annonce symbolique, Fatima apporte une dimension complémentaire : la temporalité. Sœur Lucie affirme que le troisième secret : « sera plus clair en 1960 » (Troisième secret de Fatima, Sœur Lucie, 1960), puisque Jean XXIII avait annoncé dès 1959 sa volonté de convoquer un concile que Pie XII avait redouté de convoquer compte tenu de l’état de l’épiscopat.
Cette date est explicitement liée à une responsabilité pontificale. Le pape qui devait lire le secret à cette échéance était sur le point de provoquer un événement de portée universelle engageant l’Église tout entière.
Cette indication signale le commencement d’une épreuve à compter de 1960, touchant la Foi de l’Église, rendue visible à l’échelle universelle. Là où La Salette décrit la nature de la crise, Fatima en indique le moment historique et le cadre institutionnel.
V. Notre Dame d’Akita : l’épreuve de l’Église et la division interne
À l’aplomb temporel de Fatima, les messages de Notre Dame d’Akita (apparitions de Notre Dame d’Akita, Japon, 1973) prolongent la lecture prophétique de l’éclipse, insistant sur la crise interne de l’Église à l’intérieur de sa propre hiérarchie.
Le caractère de cette épreuve a été reconnu par l’évêque de Niigata en avril 1984, et confirmé comme digne de foi par la Congrégation pour la Doctrine de la Foi en 1988 (reconnaissance de l’évêque de Niigata, avril 1984 ; validation CDF, 1988).
Dans son message du 13 octobre 1973, Marie aurait dit à sœur Agnès :
« Le travail du démon s’infiltrera même dans l’Église de telle manière qu’on verra des cardinaux s’opposer à des cardinaux, des évêques contre des évêques… » (Message rapporté à sœur Agnès, 13 octobre 1973, fatima.org).
Cette prophétie trouve un écho concret dans les prises de position de prélats contemporains, comme l’exprimèrent :
• Cardinal Müller : « Il est très triste qu’une majorité d’évêques votent explicitement contre la doctrine révélée… contre la Bible, la parole de Dieu… » (Cardinal Gerhard Müller, interview EWTN, 16 mars 2023, CNA).
• Bishop Strickland : « Chaque évêque et cardinal devrait déclarer publiquement et sans équivoque que François n’enseigne plus la Foi catholique… » (Bishop Joseph Strickland, déclaration rapportée dans America Magazine, 12 mai 2023).
Paul VI lui-même avait évoqué le même danger en 1965 lors de la clôture de Vatican II :
« Dans l’Église, la fumée de Satan est entrée » (Paul VI, Audience générale, 29 juin 1972, L’Osservatore Romano).
Ainsi, Akita, à l’instar de La Salette et Fatima, souligne une épreuve interne, doctrinale et spirituelle, une division qui frappe même la hiérarchie, et qui constitue un facteur concret de l’éclipse temporaire de la lumière visible de la Foi. La solution proposée reste la prière intense et la consécration au Cœur Immaculé de Marie.
VI. Le pusillus grex : la persistance eschatologique du petit troupeau fidèle
La parole rapportée par Sœur Lucie : « Au Portugal se conservera toujours la Foi… » (Sœur Lucie, Souvenirs de Fatima, 1925-1941) ne peut être pleinement comprise qu’à la lumière de la notion évangélique et eschatologique du pusillus grex, le « petit troupeau ».
Cette expression ne désigne pas une minorité sociologique, mais une réalité spirituelle eschatologique. Lorsque la Foi est éclipsée à l’échelle visible, elle demeure vivante dans un reste fidèle, humble, souvent dispersé, mais intérieurement uni à la vérité reçue. Cette réalité correspond à la description apocalyptique :
« Le dragon s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance » (Apocalypse 12, 17).
Le pusillus grex est donc le porteur silencieux de la lumière pendant le temps de l’éclipse.
VII. La fin de l’éclipse : le Cœur Immaculé, l’autorité pontificale et la fermeture de l’Église de Sardes
Le message de Fatima ne se limite pas à l’annonce de l’épreuve ; il en révèle la clé de résolution :
« À la fin, mon Cœur Immaculé triomphera. » (Message de Notre-Dame à Fatima, 13 juillet 1917).
Ce triomphe est subordonné à une décision confiée au pape concernant le Cœur Immaculé de Marie. L’action mariale sur la fin de l’éclipse est donc médiatisée par l’autorité pontificale, inscrivant le triomphe marial dans l’histoire concrète de l’Église.
Lorsque cette intervention s’accomplit, l’éclipse cesse et l’Église de Sardes est close. Sardes, décrite comme étant « le nom de vivre, mais étant morte » (Apocalypse 3, 1), correspond symboliquement à l’Église durant l’éclipse : apparence de vitalité, mais affaiblissement intérieur de la Foi vécue et transmise.
VIII. Le Triomphe marial et l’ère de paix : l’Église de Philadelphie
À la clôture de Sardes succède l’Église de Philadelphie, seule Église de l’Apocalypse à ne recevoir aucun reproche :
« J’ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer » (Apocalypse 3, 8).
Philadelphie est l’Église du reste fidèle devenu visible, de la fidélité éprouvée mais reconnue par le Christ :
« Tu as gardé ma parole et tu n’as pas renié mon nom » (Apocalypse 3, 8).
Elle correspond théologiquement à l’ère de paix annoncée à Fatima, consécutive au Triomphe du Cœur Immaculé. Cette ère n’est pas l’accomplissement final, mais une restauration spirituelle après l’épreuve, où la Foi retrouve sa clarté et sa fécondité.
Conclusion générale
L’ensemble de ces points tisse un fil théologique et prophétique cohérent : de La Salette, annonçant l’éclipse de la Foi, à l’Apocalypse, qui en donne les symboles, en passant par Vatican II, Fatima et Akita, qui concrétisent l’épreuve temporelle, doctrinale et interne à l’Église.
La lune symbolique, sous les pieds de Marie, représente cette obscurité temporaire : elle ne peut jamais supplanter le soleil de la Foi, mais peut en masquer la clarté. Le concile pastoral Vatican II, qui a voulu une réconciliation de l’Église avec le Monde, apparaît ainsi comme une figure historique de l’éclipse, noyant paradoxalement l’humanité dans un âge sombre plutôt que de lui apporter la lumière de la Vérité. Il révèle la fragilité des Pasteurs dans la transmission de la Foi dans leur volonté de compromis avec les erreurs du Monde.
Les messages de Fatima et d’Akita rappellent que, face à cette désorientation, la fidélité à la prière, à l’Église et au pontife romain demeure essentielle. Le Cœur Immaculé de Marie, médiateur et protecteur, garantit que le petit troupeau fidèle préserve la lumière de la Foi jusqu’au triomphe final, et que la lumière éclipsée resplendira de nouveau, conformément au dessein providentiel.