Un catholique peut-il refuser Vatican2 ?
Légitimité de la convocation/promugation d'u concile V2
La légitimité d'un concile depend tout simplement de la légitimité du pape qui le convoque. Un pape à le pouvoir et le droit de convoquer un concile ou d'exercer le magistère, c'est un prérogative qui lui est donnée par Dieu lui-même. La seule question est de savoir s'il s'agit du vrai pape légitime. Pour ce faire il y 3 critères objectifs pour les catholiques :
- Le lien continu de la succession apostolique avec tous les papes jusqu'à saint Pierre.
- la validité Canonique de l'élection confirmée par l'acceptation officielle des cardinaux présents au conclave.
- l'Acception Pacifique Universelle, qui est l'acceptation du pape comme telle par l'ensemble de l'Église catholique. Il s'agit du critère majeur, lié directement au dogme de l'indéfectibilité de l'Église.
Jean XXIII qui a convoqué le concile V2 et Paul VI qui l'a promulgué sont objectivements de vrais papes catholiques selon ses critères certains.
La nature du Concile
Vatican II est un Concile Œcuménique, c'est-à-dire une assemblée de tous les évêques du monde en communion (unis) avec le Pape. Un tel rassemblement conciliaire représente objectivement l'autorité suprême.
Bien qu'il ait été présenté par le pape Jean XXIII comme un concile « pastoral » (visant à adapter la présentation du message à l'époque moderne) plutôt que visant à définir de nouveaux dogmes ou à condamner, il n'en reste pas moins un acte solennel du Magistère.
Précisons que le concile contient des éléments dogmatiques déjà définis comme tel et donc qui appelle l'adhésion de l'ordre de la foi divine. Par exemple quand il parle de la Trinité, de la Virginité de la Vierge Marie, de l'Ecriture Sainte, etc.
Pour les orientations pastorales et magistérielles propres, même si le Concile n'a pas proclamé de nouveaux dogmes sous le sceau de l'infaillibilité, les catholiques doivent lui accorder un « assentiment religieux de l'intelligence et de la volonté » comme stipulé dans le droit canon, point 752.
Le devoir d'adhésion pour tout catholique
Selon le Droit Canonique et la théologie dogmatique, les fidèles ne sont pas libres de rejeter les enseignements d'un concile œcuménique, qu'il soit pastoral ou non. Dans un esprit catholique, le rejet de Vatican II est irrationnel car:
- Si l'on croit que le Saint-Esprit assiste l'Église continuellement selon les promesses du Christ ( "Je suis avec vous tous les jours..."), il est contradictoire d'affirmer que l'Église entière, avec le Pape et les évêques du monde, a pu se tromper solennellement pendant les trois années du concile sur des sujets aussi graves. Bien plus, le concile V2 a été pleinement intégré dans le catechisme officiel, le droit canon, la liturgie, ses enseignements font souvent l'objet du magistère des papes et des évêques depuis 60 ans. Rejeter le Concile, c'est remettre en cause la fiabilité de l'Église comme institution de salut et de vérité voulue par le Christ. In fine c'est perdre la foi en l'Église catholique et si on pousse la logique, dans la parole même du Fils de Dieu.
-Pour rejeter Vatican II au "nom de la Tradition", il faut s'appuyer sur son propre jugement personnel (ou celui d'un groupe restreint) contre le jugement de l'autorité actuelle. C'est littéralement une usurpation d'autorité et le renversement de l'ordre voulu par Dieu quant à la constitution divine de l'Eglise. C'est, d'une certaine manière, adopter une démarche proche du libre examen biblique protestant appliqué au magistère de l'Eglise pour faire ses propres conclusions.
-Si Vatican II est considéré comme erroné, invalide ou hérétique, cela signifie que l'Église aurait soit « cessé d'exister en défaillant », soit serait devenue une « fausse Église » qui enseigne l'erreur de manière universelle depuis 60 ans, soit qu'elle n'est pas assistée et protégée en tout temps par le Saint-Esprit. Cela pose de graves problèmes de visibilité et de perpétuité de l'Église, d'Infaillibilité et d'indefectibilité, dogmes pourtant fondamentaux et absolument nécessaire à tenir pour être catholique.
Conclusion
Le concile v2 ne peut être rejeter par un catholique si ce dernier veut garder une cohérence à la fois intellectuelle et à la fois comme croyant catholique. La position de refus semble irrationnelle et irréaliste. Il semble donc bien que la position officielle de l'Eglise et mise en forme par le pape Benoît XVI soit la bonne. Il à enseigné à travers son magistère pontifical qu'il faut lire Vatican II non pas comme une rupture avec le passé, mais comme une continuité. On peut donc critiquer certaines applications pratiques, les interprétations abusives, lever les équivoques ou préciser certains points du Concile tout en acceptant les textes eux-mêmes dont l'appartenance au magistère légitime de l'Église est indéniable.
En résumé, un catholique est tenu en toute logique d'accepter Vatican II comme l'expression légitime du Magistère de l'Église. Le rejeter totalement revient à contester frontalemement l'autorité et la légitimité du Pape et des évêques réunis, ce qui est contraire à la structure même du catholicisme.
Supplément
En dernière analyse, il revient au pape de nous dire ce qu'un catholique doit accepter ou pas. En cela le pape Paul VI, qui a clos et promulgué le Concile, a été très clair sur le fait que Vatican II engage l'autorité de l'Église, même s'il ne contient pas de nouveaux dogmes extraordinaires.
Discours au Consistoire (24 mai 1976) :
« Ce Concile ne fait pas moins autorité, il est même sous certains aspects plus important encore que celui de Nicée. [...] On ne peut se réclamer de la Tradition en s'opposant au Concile, car le Concile est lui-même l'expression vivante de la Tradition. »
Lettre à Mgr Lefebvre (11 octobre 1976) :
« Vous ne manifestez pas de repentir... Vous n'exprimez pas explicitement votre adhésion à l'autorité du Concile Vatican II et du Saint-Siège — ce qui constitue le fond du problème... »