Lux Æterna

Traditionalisme bourgeois ou radicalité de l'Evangile.

La "supercherie" d'une tradition de façade pour éviter la radicalité de l'Évangile.

​« La tragédie de l'Europe moderne, c'est que le christianisme n'y est plus une aventure, il est devenu une habitude, et une habitude dont on cherche à se débarrasser au moindre prix. Le monde bourgeois a domestiqué l'Évangile. Il en a fait une morale de domestiques, une police des instincts, un code de bonnes manières. On a remplacé la Charité, qui est un feu dévorant, par la "bienfaisance", qui est une aimable condescendance.
​On a peur de la radicalité du Christ parce qu'elle est incompatible avec l'esprit d'installation. Le bourgeois, qu'il soit dévot ou non, veut "s'installer", et le Christ est celui qui dit : "Marche". On préfère les rites qui rassurent aux paroles qui bouleversent. On préfère un Dieu qui bénit nos coffres-forts et nos traditions à un Dieu qui nous demande de tout quitter pour le suivre.
​Cette fuite devant l'Évangile se déguise souvent en zèle pour la tradition. Mais une tradition qui ne brûle plus n'est qu'un tas de cendres. On s'y chauffe les mains en tournant le dos à l'avenir et au sacrifice. On ne veut pas être sauvés, on veut être garantis. On ne veut pas de la Croix, on veut du confort religieux. Et c'est ainsi que, sous prétexte de servir l'Église, on finit par construire une forteresse où le Christ lui-même, s'il revenait, serait traité d'anarchiste ou d'étranger. »

"La Liberté, pour quoi faire ? ". Recueil de conférences prononcées entre 1946 et 1947 par Georges Bernanos.

Ils ont peur de l'Évangile comme d'un incendie.
​« Pourquoi n’y a-t-il pas de saints ? [...] C'est que personne n'a plus envie de l'être. On se contente d'une petite vie religieuse, bien encadrée, bien traditionnelle, une espèce de piété de tout repos qui ne tire pas à conséquence et qui ne dérange rien.
​Les chrétiens d'aujourd'hui ne demandent à la religion que de les rassurer contre Dieu. Ils ont peur de l'Évangile comme d'un incendie. Ils veulent bien des rites, des cérémonies, des traditions, pourvu que tout cela reste à la surface et ne vienne pas bouleverser leur confort ou leurs intérêts. Ils font de la sainteté une exception admirable mais lointaine, pour ne pas avoir à la vivre eux-mêmes.
​La vérité est que le Christ est un mendiant qui nous demande tout, et que nous sommes des propriétaires qui ne voulons Lui donner que notre superflu. On préfère une religion de fonctionnaires à une aventure d'amoureux. On multiplie les barrières, les règles et les cadres pour être bien sûr que le Saint-Esprit ne viendra pas faire sauter la boutique. Il y a si peu de saints parce qu'il y a si peu d'hommes qui acceptent de n'être plus rien pour que Dieu soit tout. »

Léon Bloy. « Le Désespéré » (1887)

Le monde n'a que faire de nos conservatismes étriqués.
​« Le christianisme n'est pas une doctrine à conserver, il n'est pas une tradition à maintenir, il n'est pas un progrès à organiser. Le christianisme, c'est Quelqu'un. Tout ce qui n'est pas une union vivante, brûlante, radicale à la Personne de Jésus-Christ est une idolâtrie de plus.
​Nous nous battons pour des formes, pour des rites, pour des idées, alors que la seule question est de savoir si nous sommes devenus d'autres Christs. Le monde n'a que faire de nos conservatismes ou de nos réformes ; le monde a faim d'une Présence. La radicalité de l'Évangile, ce n'est pas d'être plus sévère ou plus moderne, c'est d'être plus "nu". C'est d'en finir avec ce "moi" encombrant, ce "moi" bourgeois qui veut toujours avoir raison, pour laisser Dieu être Dieu en nous.
​L'avenir du christianisme ne dépend pas de nos stratégies, il dépend de notre sainteté. Et la sainteté, c'est ce dépouillement absolu où l'homme ne s'appartient plus. Tant que nous chercherons des assurances dans nos systèmes, nous fuirons l'Évangile. Le vrai chrétien est celui qui n'a plus d'autre épaisseur que l'Amour. »

Maurice Zundel
7885
Elie M.

Lux Aeterna caricature et juge quand il n'insulte pas. Un bon chrétien ...

Lux Æterna

A quel endroit de l'article je juge?

@Lux Æterna
Vous faites de votre propre «mauvaise expérience » de la FSSPX une généralité, et vos conclusions de ce que vous avez perçu des membres de votre communauté aussi une généralité.
A cause de cela, tous vos textes sont teintés d’une transparence d’injustice qui rebondit sur du jugement, et ça a pour conséquences des interprétations erronées, car animées non pas de l’amour de Dieu, mais d’une rancoeur qui découle d’une injustice, et que vous avez besoin de communiquer pour vous sentir apaisé.
Tant que vous maintiendrez cette rancoeur envers la FSSPX, vous resterez enchaîné par la souffrance inutile, et ça transparaîtra dans vos textes sans que vous vous en rendiez compte.
Parceque je suis tradi, vous allez vous irriter et être ennuyé de mes textes, pourtant c’est par charité que je vous dis cela.

Bernard Pierre Pierre

" On préfère une religion de fonctionnaires à une aventure d'amoureux. On multiplie les barrières, les règles et les cadres pour être bien sûr que le Saint-Esprit ne viendra pas faire sauter la boutique. Il y a si peu de saints parce qu'il y a si peu d'hommes qui acceptent de n'être plus rien pour que Dieu soit tout. »
Léon Bloy. « Le Désespéré » (1887)" Léon Bloy est à mettre sur toutes les tables de chevet 😇

Lux Æterna

​« Quel est le risque ? C’est de devenir des chrétiens par habitude, des chrétiens qui se contentent d’une certaine liturgie, de quelques prières, d’un peu de charité, mais sans le feu, sans la passion, sans l’élan. On devient alors des chrétiens "tièdes", des chrétiens de salon, des chrétiens qui installent leur vie dans un confort spirituel et social.
​Mais Jésus ne veut pas de chrétiens "installés". Il ne veut pas de chrétiens qui se regardent dans le miroir de leur propre satisfaction. Jésus veut des chrétiens qui brûlent, des chrétiens qui risquent, des chrétiens qui sortent de leurs sécurités.
​La radicalité de l’Évangile, ce n’est pas d’être plus rigides dans les règles, c’est d’être plus amoureux du Seigneur. On ne suit pas Jésus par "tradition" ou par "éducation", on le suit parce qu’on a rencontré un Feu qui nous transforme. Ne vous laissez pas anesthésier par le confort bourgeois ! Ne transformez pas la foi en une pièce de musée ou en une belle coutume. La foi est une flamme qui doit déranger vos plans et consumer vos égoïsmes.
» pape François. 13 octobre 2019.

Lux Æterna

​« L'Église n'a pas besoin de réformes de structures, elle n'a besoin que de sainteté. L'avenir du catholicisme ne réside pas dans une adaptation aux modes du siècle, ni dans la conservation jalouse de formes anciennes vidées de leur sève, mais dans un retour radical à la nudité de l'Évangile.
​Un christianisme qui n'est qu'une habitude sociale ou une protection de classe est déjà mort. L'Église ne redeviendra une force de vie que si elle redevient une force de feu. Il ne s'agit pas de "moderniser" le Christ, mais de nous laisser "évangéliser" par Lui jusqu'à la moelle. Le monde n'attend pas de nous que nous soyons des administrateurs du sacré, mais des brûlés de Dieu. »
Henri de Lubac
. "Méditation sur l'Église".

Bernard Pierre Pierre

Si l'on prend comme exemple le Saint curé d'Ars, il était considéré par tous et surtout par ces clercs imbus de leurs connaissances et de leurs cerveaux en bon état de fonctionnement, par ces ceux-ce qui "multiplient les barrières, les règles et les cadres pour être bien sûr que le Saint-Esprit ne viendra pas faire sauter la boutique", comme un moins que rien et pour tant, il était rapidement devenu LE curé d'Ars, Le Saint patron de tous les prêtres et le modèle à suivre pour nous tous. Du trou perdu où il a été casé par dépit, il a fait le point central de la France et du monde. Il est devenu LE modèle de tous les prêtres.