Philothée Philothée

De la fausse union a Dieu

De la fausse union a Dieu.

Il convient de se garder d'une illusion spirituelle particulièrement dangereuse.

Certains chrétiens s'imaginent qu'il leur suffit de goûter les douceurs de l'oraison, de contempler les réalités divines ou même de recevoir certaines consolations spirituelles pour croire être parvenus à une parfaite union avec Dieu.

Ils estiment alors n'avoir plus d'autre devoir que de conserver cette paix intérieure, sans chercher à faire rayonner le règne de Jésus-Christ autour d'eux.

Une telle disposition demande un sérieux discernement.
Car l'union véritable avec Dieu ne saurait produire une charité stérile.
Plus une âme est embrasée de l'amour divin, plus elle désire que Dieu soit connu, aimé et servi par tous les hommes.
Si cet amour demeure volontairement renfermé en lui-même, sans porter aucun fruit dans l'apostolat, dans le témoignage de la vérité ou dans le souci du bien commun chrétien, il y a lieu de craindre que l'âme ne se fasse illusion sur son propre état.

Les maîtres de la vie spirituelle ont constamment enseigné que le démon peut se servir de l'orgueil spirituel pour détourner les âmes de leur véritable vocation.
Il lui importe peu qu'une âme prie, si cette prière demeure enfermée dans une recherche de sa propre satisfaction spirituelle et ne conduit plus à aimer efficacement Dieu dans son prochain, ni à travailler au triomphe de la vérité.
Il sait inspirer une fausse quiétude, une contemplation repliée sur elle-même, qui persuade l'homme qu'il est arrivé au sommet de la perfection alors qu'il refuse les exigences de la charité.

L'orgueil spirituel est d'autant plus redoutable qu'il peut revêtir les apparences de la piété.
L'âme finit par rechercher les dons de Dieu davantage que Dieu lui-même ; elle préfère la douceur de la contemplation au service de la volonté divine.
Elle se persuade qu'elle est unie au Seigneur, tandis qu'elle néglige ce que cet amour réclame naturellement : que le Christ règne non seulement dans son propre cœur, mais encore dans les familles, les institutions, les écoles, les lois et les nations.
La véritable contemplation ne sépare jamais l'amour de Dieu du zèle pour sa gloire.
Les saints, précisément parce qu'ils étaient profondément unis à Dieu dans l'oraison, furent aussi les plus ardents ouvriers de son règne sur la terre.
Leur contemplation nourrissait leur action ; leur action procédait de leur contemplation. Ils ne cherchaient pas seulement à jouir de Dieu ; ils voulaient que Dieu fût glorifié partout où vivent les hommes.
C'est là un signe de l'authenticité de la charité : elle ne garde pas pour elle le feu qu'elle a reçu, mais elle le répand afin que le plus grand nombre d'âmes puisse connaître la vérité révélée, embrasser la foi et marcher librement dans la voie du salut.
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vobiscum

Que la divine volonté soit la reine de l'âme et que la volonté humaine lui soit soumise! Cela est les plus important! free.fr/Catholique/Lachance.pdf