30 Janvier - Saintes Bathilde & Martine
Sainte Bathilde
Reine de France
(† 680)
Sainte Bathilde naquit en Angleterre, au VIe siècle. Toute jeune encore, à la suite d'une guerre, elle fut vendue comme esclave et achetée à vil prix par un seigneur de la cour du roi franc Clovis II. Le jeune roi, charmé de ses vertus, la prit pour épouse. Ce choix providentiel devait avoir pour résultat la gloire de la France.
Loin de s'enorgueillir de son élévation, Bathilde conserva sur le trône la simplicité de sa vie; mais elle révéla la plus noble intelligence, les plus hautes qualités et une dignité égale à sa situation. Humble servante et prudente conseillère de son époux, aimant les évêques comme ses pères et les religieux comme ses frères, généreuse pour les pauvres, qu'elle comblait d'aumônes, avocate des malheureux, des veuves et des orphelins, fondatrice de monastères, d'un zèle extraordinaire pour le rachat des captifs et l'abolition de l'esclavage: telle fut, sur le trône, la digne émule de sainte Clotilde.
Au milieu de la cour, elle trouvait le temps de vaquer à l'oraison et de s'adonner à tous les devoirs de la piété; détachée des grandeurs d'ici-bas, elle n'aspirait qu'à prendre un libre essor vers les délicieuses retraites de la prière et du recueillement.
La mort de son époux lui imposa des obligations nouvelles, et pendant l'enfance du jeune roi Clotaire, son fils, elle dut porter tout le poids de l'administration d'un vaste royaume. Si elle le fit avec une haute sagesse, ce ne fut pas sans grandes épreuves. Sa vertu s'épura dans la tribulation, et c'est sans regret qu'elle put enfin se décharger de la régence et entrer comme simple religieuse au monastère de Chelles, qu'elle avait fondé. Alors, enfin, elle put se livrer tout entière à l'action de grâce et s'adonner à la pratique des plus héroïques vertus.
Nulle religieuse n'était plus soumise, nulle n'affectionnait davantage les plus humbles emplois, nulle n'observait plus fidèlement le silence; elle fut admirable surtout par son humilité et par le mépris d'elle-même. "Il me semble, disait-elle, que le plus grand bonheur qui puisse m'arriver, c'est d'être foulée aux pieds de tout le monde." A sa mort, en 680, ses soeurs virent monter son âme au Ciel, et entendirent les anges célébrer son triomphe par de suaves harmonies.
Abbé L. Jaud, Vie des Saints pour tous les jours de l'année, Tours, Mame, 1950
Sainte Martine
Vierge et Martyre
(† 226)
Sainte Martine naquit à Rome de parents illustres. Son père avait été trois fois consul et s'était distingué par une foi vive et une charité ardente. Après sa mort, Martine vendit ses biens et consacra l'argent à des oeuvres de miséricorde. L'empereur Alexandre régnait et persécutait les chrétiens. Des gens occupés à rechercher les serviteurs de Jésus-Christ trouvèrent sainte Martine en prières dans une église et l'arrêtèrent. Comme elle ne fit aucune difficulté de les suivre, ils crurent avoir fait une conquête; mais, conduite à l'empereur, elle refusa de sacrifier aux idoles; celui-ci ne l'en fit pas moins conduire au temple d'Apollon. En y entrant, Martine, s'armant du signe de la Croix, pria Jésus-Christ, et à l'instant il se fit un effroyable tremblement de terre qui renversa une partie du temple et brisa l'idole. L'empereur, irrité, commanda qu'on frappât la vierge à coups de poings et qu'on l'écorchât avec des ongles de fer; Martine souffrit avec une telle patience, que les bourreaux, lassés, furent remplacés par d'autres qu'une lumière divine renversa et convertit.
Conduite de nouveau devant l'empereur, Martine refusa pour la seconde fois de sacrifier aux idoles; Alexandre la fit attacher à quatre pieux et fouetter si cruellement et si longtemps que les bourreaux s'arrêtèrent de fatigue. Martine fut reconduite en prison, et on versa dans ses plaies de l'huile bouillante; mais des Anges vinrent la fortifier et la consoler. Le lendemain, la vierge fut conduite au temple de Diane que le démon quitta aussitôt avec des hurlements horribles, en même temps la foudre renversait et brûlait une partie du temple avec ses prêtres. L'empereur, effrayé, laissa Martine aux mains du président Justin qui la fit si cruellement déchirer avec des peignes de fer, qu'il la crut morte; mais s'apercevant qu'il se trompait: "Martine, lui dit-il, ne veux-tu pas sacrifier aux dieux et te préserver des supplices qui te sont préparés? – J'ai mon Seigneur Jésus-Christ qui me fortifie, et je ne sacrifierai pas à vos démons." Le président, furieux, commanda de la reconduire en prison.
L'empereur, informé de ce qui s'était passé, ordonna que Martine fût menée dans l'amphithéâtre afin d'y être exposée aux bêtes; mais un lion, qu'on lâcha pour la dévorer, vint se coucher à ses pieds et lécha ses plaies; mais comme on le ramenait à son antre, il se jeta sur un conseiller d'Alexandre et le dévora. Ramenée en sa prison, Martine fut encore une fois conduite au temple de Diane, et comme elle refusait toujours de sacrifier, on déchira de nouveau son pauvre corps dont on voyait tous les os. "Martine, lui dit un des bourreaux, reconnais Diane pour déesse, et tu seras délivrée. – Je suis chrétienne et je confesse Jésus-Christ." Sur ces paroles, on la jeta dans un grand feu préparé à l'avance, mais le vent et la pluie, qui survinrent à l'instant, dispersèrent le bûcher et brûlèrent les spectateurs. On retint la Sainte trois jours durant dans le temple, après toutefois qu'on lui eût fait couper les cheveux. L'empereur la croyait magicienne et s'imaginait que sa force résidait dans sa chevelure. Elle fut tout ce temps sans rien prendre, chantant continuellement les louanges de Dieu. Ne sachant plus que faire, Alexandre lui fit couper la tête. Le corps de Martine demeura plusieurs jours exposé sur la place publique, défendu par deux aigles qui restèrent jusqu'au moment où un nommé Ritorius put lui donner une honorable sépulture.
P. Giry, Vie des Saints, p. 62-64
patrielemoine
30 Janvier - Saintes Bathilde & Martine
Sainte Bathilde
Reine de France
(† 680)
Reine de Neustrie et moniale à Chelles (+ 680)
ou Bertille.
Célébrée dans les Eglises d'Orient et d'Occident. D'origine anglo-saxonne, elle avait été prise, encore enfant, par des corsaires et revendue comme esclave à Erkinoald. Quand le roi Clovis II, fils du roi Dagobert, fut en âge de se marier, il remarqua cette admirable jeune fille dont la beauté et la douceur l'attiraient. Erkinoald la lui céda et elle devint reine. Elle eut trois fils. Mais son mari, usé par la débauche, mourut à vingt-trois ans. Devenue régente, elle donna toute sa mesure, conseillée par saint Eloi et d'autres évêques. Elle supprima l'esclavage, rendit l'impôt plus équitable et favorisa la vie monastique. Les aléas des conquêtes conduisirent le "maire du palais royal" à l'évincer. Mais Ebroïn l'estimait tout en la trouvant encombrante. Il l'obligea à s'enfermer dans un couvent, à Chelles près de Paris. Elle avait trente et un ans et y resta jusqu'à sa mort à quarante six ans, pardonnant à ses ennemis, se chargeant des besognes les plus basses et se vouant de préférence au soin des malades. Elle présida de façon décisive à l'éclosion du monachisme dans son royaume.
Voir sur le site des Bénédictines, prieuré de Sainte Bathilde à Vanves et sur le site de la paroisse de Chatenay-Malabry du diocèse de Nanterre.
A lire aussi:
- Sainte Bathilde (vers 630 - 680) Reine des Francs - Épouse de Clovis II - Bienveillante protectrice et généreuse donatrice auprès des monastères colombaniens. (site internet des amis de saint Colomban)
- Sainte Bathilde sur le site du diocèse de Paris.
À Chelles près de la Marne sur le territoire de Paris, en 680, sainte Bathilde. Esclave anglo-saxonne, elle devint l'épouse de Clovis II, roi des Francs. Elle fonda des monastères sous la Règle de saint Benoît, mais à la manière de Luxeuil; après la mort de Clovis II, elle devint régente du royaume des Francs et, quand son fils devint roi, elle passa les dernières années de sa vie en observant entièrement la Règle monastique.
Martyrologe romain
Chaque groupe porte une dénomination tirée de ses origines ou de son implantation, des pratiques ou des actions qui lui sont propres. Pour nous, la grande affaire et le titre suprême consistaient à être chrétiens et à en porter le nom.
Saint Basile le Grand, que les Églises d'Orient fêtent aujourd'hui.
Sainte Martine
Martyre à Rome (+ 226)
Dieu seul sait ce qu'elle a vécu. Elle fut en grande vénération à Rome pour y avoir subi le martyre.
Elle est la sainte patronne de l'église du XIIe siècle sainte Martine à Pont du Château 63430 (GoogleMaps)
Illustration: vitraux - église Sainte Martine, Pont-du-Château 63430 et église de l'Assomption, Montpeyroux 63114 - photos Albert Thai.
- vidéo Sainte Martine, chant, vidéo qui rend hommage à Sainte-Martine la Sainte Patronne de Rome. Elle fut martyrisée au IIIe siècle pour avoir refusé d'abjurer sa foi au christianisme; des photos de l'église Sainte-Martine à Pont-du-Château (Puy-de-Dôme) sont aussi à découvrir dans cette vidéo. Un grand merci Mr Tony.T. auteur-compositeur-interprète du chant chrétien.
À Rome, commémoraison de sainte Martine, sous le nom de qui le pape Donus dédia une basilique* sur le forum romain en 676 ou 678.
* emplacement de l'église Santi Luca e Martina (Saints-Luc-et-Martine) à Rome, GoogleMaps
N'oublions pas la patronne de Maubeuge très connue en Allemagne: nous fêtons sainte Aldegonde décédée 4 ans après la reine Bathilde . Sainte Aldegonde, soeur de sainte Waudru patronne de Mons a fondé un monastère qui est à l'origine de la ville de Malbo qui a donné plus tard Maubeuge. Ses reliques ont été rassemblées dans un reliquaire qui a représenté la France lors d'une exposition internationale à Montréal. Dans l'église saint Pierre et saint Paul de Maubeuge se trouvent d'autres reliques dont le "bâton" abbatial de sainte Aldegonde. Elle est priée pour le cancer du sein. Que sainte Aldegonde protège Maubeuge et toutes les villes et villages dont elle est la patronne
Autres fêtes du jour
Sainte Aldegonde
Abbesse à Maubeuge (+ 684)
Saint Aleaume
Fondateur d'un monastère à Burgos (+ 1097)
Saint Armentaire
Évêque de Pavie en Italie (+ 730)
Saint Barsimée
Évêque d'Edesse (IIIe siècle)
Sainte Bathilde
Reine de Neustrie et moniale à Chelles (+ 680)
Bienheureuse Carmen García Moyón
Martyre en Espagne (+ 1936)
Bienheureux Columba Marmion
3e abbé de Maredsous (+ 1923)
Saint David Galvan Bermudes
Prêtre et martyr au Mexique (+ 1915)
Bienheureux François Taylor
Martyr irlandais (+ 1621)
Saint Hippolyte
Prêtre d'Antioche (IIIe siècle)
Sainte Jacinthe
Religieuse à Viterbe (+ 1640)
Saint Jean Chrysostome
Évêque de Constantinople, Docteur de l'Église (+ 407)
Saint Jean Yi
Martyr à Taygu en Corée (+ 1867)
Les Trois Docteurs
Vénérable Manuel Nunes Formigão
Fondateur des réparatrices de Notre-Dame de Fatima (+ 1958)
Bienheureuse Maria Bolognesi
Mystique italienne (+ 1980)
Saint Matthias
Évêque de Jérusalem (IIe siècle)
Saint Mutien Marie Wiaux
Frère des Ecoles Chrétiennes (+ 1917)
Saint Paul Ho Hyob
Martyr en Corée (+ 1840)
Saint Pierre de Bulgarie
Fils et successeur du roi Syméon le Guerrier (+ 969)
Sainte Savine
Pieuse veuve de Lodi en Italie du nord (+ 311)
Saint Sébastien Valfré
Oratorien (+ 1710)
Vénérable Serafina Gregoris
Religieuse italienne (+ 1935)
Bienheureux Sigismond Pisarski
Victime de la persécution nazie en Pologne (+ 1943)
Saint Théodore de Mytilène
Père de famille dans l'île de Lesbos (+ 1784)
Saint Théophile le Jeune
Gouverneur militaire en Asie Mineure (+ 792)
Sainte Thiatilde
(IXe siècle)
Saint Thomas Khuong
Dominicain martyr au Viet-Nam (+ 1860)