Lux Æterna

Suffit-il de dire que l'on est catholique pour l'être ?

La doctrine catholique impressionne par sa précision et sa subtilité quiconque commence à s'y intéresser. A mesure que l'on découvre sa richesse il est de plus en plus frappant de constater comment nous l'utilisons avec désinvolture. Prenons le simple fait de se présenter comme catholique et voyons ce que cela recouvre concrètement. Cela suscitera deux questions qui peuvent paraître controversées, savoir:
-Est-ce que les sédévacantistes sont catholiques?
-Est-ce que les disciples de mgr Lefebvre ( dont j'ai fait partie pendant de nombreuses années) sont catholiques.
Je m'appuierai tout simplement sur la doctrine catholique la plus évidente et indubitable.

Comment savons nous si nous sommes catholiques ?

De prime abord être catholique c'est appartenir à l'Église catholique, par conséquent il faut commencer par dire de manière élémentaire qu'est-ce l'Église catholique. Le Catéchisme de saint Pie X répond : " Jésus-Christ a fondé sur la terre une société visible qui s'appelle l'Église catholique et que tous ceux qui font partie de cette Église sont en communion entre eux."

Le Catéchisme insiste sur le fait que l'Eglise est visible donc parfaitement identifiable, et ce en tout temps, il met en évidence que ses membres sont en communion entre eux. Nous savons donc maintenant que pour se prétendre catholique il faut appartenir à la société visible de l'Église Romaine et être en communion entre catholiques.

Au sujet de cette communion le Catéchisme va plus loin et précise :
"L'Eglise catholique est la société ou la réunion de tous les baptisés qui, vivant sur la terre, professent la même foi et la même loi que Jésus-Christ, participent aux mêmes sacrements et obeissent aux pasteurs légitimes, principalement au pontife Romain ".

Dès à présent nous pouvons dire que les sédévacantistes et les disciples de mgr Lefebvre ont un sérieux problème d'appartenance à l'Église catholique. Mais ne tombons pas dans un jugement hâtif et creusons. Dans la dernière citation le catéchisme parle de ce que l'on appelle en ecclésiologie: le triple lien de l'unité. C'est lui qui permet de dire si nous sommes objectivement et pleinement des catholiques

Le « triple lien » de l'unité catholique

Le « triple lien » de l'unité catholique est une doctrine classique de l'ecclésiologie (théologie concernant l'Église) qui définit ce qui constitue l'appartenance pleine et entière à l'Église catholique. Pour qu'un chrétien soit considéré comme étant objectivement catholique il doit être uni aux autres membres par trois attaches fondamentales.
​Ces trois liens correspondent aux trois pouvoirs ou fonctions du Christ : le Christ Prophète (enseignement), le Christ Prêtre (sanctification) et le Christ Roi (gouvernement).

​1. Le lien d'unité de Foi (Unité de doctrine)
Il consiste en la profession d'une seule et même foi. Il s'agit d'adhérer aux vérités révélées par Dieu et transmises par le magistère de l'Église.
​Des signes concrets de cela ce sont par exemple la proclamation commune de la foi par la récitation commune du credo lors de la messe ou l'adhésion au catéchisme officiel de l'Église ou encore à son magistère.

​2. Le lien d'unité des Sacrements (Unité de culte)
​C'est le lien de la participation à la vie divine. Il consiste en la participation aux mêmes sources de la grâce. Ces sources sont les sept sacrements, et plus particulièrement le Baptême (qui fait entrer dans l'Église et donne la grâce sanctifiante) et de l'Eucharistie (qui manifeste l'unité du corps qu'est l'Église dans la communion avec le Christ et avec tous les enfants de Dieu, les catholiques).
Le ​signe le plus fort et le plus visible c'est la participation à la messe et plus encore la communion sacramentelle

​3. Le lien d'unité de Gouvernement (Unité de structure)
​C'est le lien de la société. Il consiste en la reconnaissance ( reconnaissance théorique) et soumission (reconnaissance pratique)aux pasteurs légitimes.
C'est la pleine acceptation dans la foi de la hiérarchie ecclésiastique, dans toute la diversité de ses prérogatives.
L'obéissance aux lois de l'Église (Droit Canon), à son enseignement ( Magistère), à ses orientations pastorales( gouvernement conjoncturel de l'Église.)

Conséquences

-​Si l'on rompt le lien de la foi ( on parle ici des éléments essentiels de la foi, ceux qui sont absolument indispensables au salut, les dogmes de Foi) , on tombe dans l'hérésie.

-​Si l'on rompt le lien du gouvernement, on tombe dans le schisme.

-​Si l'on rompt le lien des sacrements, on s'exclut de la vie sacramentelle du Coprs du Christ qu'est l'Église.

Réponses à nos deux questions.

-Les sédévacantistes sont-ils objectivement catholiques ? Non selon l'ecclésiologie catholique.
1)Ils refusent de reconnaître la hiérarchie ( Unité de gouvernement)
2)Ils refusent l'unité sacramentelle en refusant de prier pour le pape lors de leurs messes et en rejetant la messe officielle et ordinaire de l'Église. Rejetant ainsi la communion avec les catholiques qu'ils appellent "sectaires".
3)ils refusent l'intégrité de la foi en travestissant le sens du magistère et plusieurs dogmes par une interprétation hétérodoxe.( Unité de foi)

-Les disciples de Monseigneur Lefebvre sont-ils objectivement catholiques ? La réponse est plus nuancée et appelle à quelques précisions. Avant le concile, que ces derniers refusent en bloc, l'Eglise considérait que soit nous étions à l'intérieur de l'Église par le lien de la triple unité de manière totale, soit nous étions à l'extérieur de l'Église de l'Église si le moindre affaiblissement du lien de la triple unité existait. Dans ce cas ( avant Vatican2) les "lefevristes ", par leur refus habituel et pratique du gouvernement du pape et des évêques, par le refus du magistère actuel et d'un concile légitime, se serait retrouvé hors de l'Église et donc n'aurait pas pu se prétendre catholique. Mais ironie du sort, c'est l'évolution théologie permise par le concile qu'ils rejetent qui permet de ne pas leur refuser aujourd'hui le titre de catholique. En effet avant Vatican2 on appartenait totalement à l'Église ou on ne lui appartenait pas du tout. Vatican2 à précisé ce point en expliquant l'appartenance à l'Église en termes de communion. C'est à dire que nous pouvons appartenir à l'Eglise de manière totale mais aussi imparfaite ( par degré en quelque sorte). Par conséquent nous pouvons être en communion imparfaite. C'est ainsi que la FSSPX se situe ( les Résistants en revanche ne sont pas catholiques, leur fondement c'est le refus formel de tous liens avec les autorités de l'Église avant leur soit-disant conversion) en vertu du concile, comme catholique en communion imparfaite. En d'autre terme, plus triviaux, des catholiques en situation de handicap.

Selon l'ecclésiologie, et en toute rigueur de termes, seuls les catholiques que l'on désigne comme" conciliaires " ( à differencier des progressistes)et qui acceptent pleinement la doctrine contenue dans leur catéchisme, les sacrements de l'Église tels qu'ils sont voulus par l'Église, et le gouvernement hiérarchique dans sa dimension théorique et pratique, peuvent se dire en toute vérité Catholique. C'est la conclusion logique à laquelle aboutit la doctrine du "triple lien d'unité catholique ".

Sainte année !
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Panetier

-Les sédévacantistes sont-ils objectivement catholiques ? Non selon l'ecclésiologie catholique.
1)Ils refusent de reconnaître la hiérarchie ( Unité de gouvernement)
Ils reconnaissent la nécessité d'une papauté et appellent de leurs vœux le retour de celle-ci.
2)Ils refusent l'unité sacramentelle en refusant de prier pour le pape lors de leurs messes et en rejetant la messe officielle et ordinaire de l'Église. Rejetant ainsi la communion avec les catholiques qu'ils appellent "sectaires".
Ils célèbrent la messe de toujours "non una cum" puisque la situation l'oblige mais les fidèles ont le devoir de prier pour la conversion du pape et du clergé conciliaire de l'église éclipsée.
3)il refuse l'intégrité de la foi en travestissant le sens du magistère et plusieurs dogmes par une interprétation hétérodoxe.( Unité de foi)
Là, c'est du délire total et donc sans fondement. Le refus du concile controversé n'est en rien un travestissement, c'est justement en refusant l'hétérodoxie des décrets conciliaires que nous maintenons la vraie catholicité.
On ne peut donc pas faire plus catholique dans les principes, reste le chemin de sainteté à la charge de chaque fidèle.

Lux Æterna

Vous êtes aveuglé par le diable et cela, pour n'avoir jamais lu le concile ni étudier sérieusement un catéchisme ni avoir donné du credit à l'Eglise. Vous faites confiance à des laïcs ou des prêtres qui préfèrent leurs analyses "apocalyptiques" personnelles aux enseignements et précisions données par le véritable magistère. Je vous souhaite la guérison, mais comme moi qui était enfermé dans la camisole mentale Lefevriste, il aura fallu une intervention de la grâce. C'est ce que vous souhaite, nous sommes tellement aveugles sans les lumières d'en haut et tellement orgueilleux.

Je recopie mon commentaire d'hier, que vous vous étiez empressé d'effacer !
Quel étrange, quel modestissime pseudonyme, "Lux Aeterna"! Vous êtes toujours dans la violence, le mépris, l'insulte !
Vous n'avez pas encore découvert la CHARITÉ ! (je me tourne vers l'orchestre pour qu'on donne un coup de cymbale !)
Tout cela rappelle étrangement un Archange, et des plus fameux mais promis, à cause de son orgueil, à l'éternelle déchéance... Est-ce la raison pour laquelle vous menacez toujours du diable ceux qui ne pensent pas comme vous ?
Plus grave, évidemment, dans vos interventions, l'aveuglement dans la démarche, l'inutile remuement de bouquins, de citations, quand il manque à la fois la méthode et le discernement.
En fait, vous n'avez rien compris !

On pourrait comparer cette attitude, vous expliquais-je hier, à ce que note si finement Pascal en démontant l'erreur des pharisiens :
" Ils ont tant aimé les choses figurantes et les ont si uniquement attendues [ dans votre cas : répétées] qu'ils ont méconnu la réalité quand elle est venue dans le temps et en la manière prédite." (Pensées)
Je laisse de côté le reste de mon intervention puisque vous avez décidé que ce que rappportaient d'éminents théologiens ou d'amis évêques n'importaient pas.
Je profite de ces lignes pour vous confirmer que les paroles de Notre Dame à la Salette - décriées par Chirion, mal informé, mais chargé de faire un contre-feu et que vous reprenez à votre compte - ont été confirmées dans les deux volumes de la thèse de Michel Corteville (éditions Téqui, Paris, Tome 1, 2000 ; . Tome 2, ibid. Paris 2008, soit au total 1104 pages : la T.S.V. Marie, à qui vous refusez le titre de corédemptrice que lui octroyait saint Pie X, a bien dit "Rome perdra la foi", "l'Église ssera éclipsée. Rome deviendra le siège de l'Antéchrist".
Il y a un mystère autour de ce la sortie de ce livre : tous les exemplaires ont été achetés d'un seul coup pour empêcher sa circulation dans le public...

Panetier

Merci @Georges Emmanuel Philips mais Lumière Eternelle vous répondra que le secret de la Salette que vous citez est faux parce qu'en 1999, l'abbé Corteville en a trouvé un autre dans les archives du Vatican qui ne mentionne pas ce que vous citez si justement. Ce à quoi, je lui ai déjà répondu avec une petite référence argumentée que celui-ci refuse d'écouter : youtube.com/watch?v=D3rwNKaai6I&feature=youtu.be Écoutez à partir de 12 min !

Panetier

Merci à vous @Georges Emmanuel Philips de prendre le temps d'écrire si longuement. Don Luigi Villa nous apprend bcp de choses en effet mais je n'aime pas trop le travail qui a été mené après sa mort par ceux qui continuent son œuvre; par exemple ce travail sur les mitres de Benoît XVI suspectées d'être sataniques.

Merci à vous, @Panetier, pour vos propos toujours si aimables - et si je puis dire, dans la charité... .
Celui qui publie les documents auxquels vous faites allusion est Franco ADESSA, le bras droit de Luigi Villa, qui travaillait régulièrement avec le saint prêtre, lui apportant ses connaissances d'ingénieur et de mathématicien compétent pour déchiffrer tous les signes qui vont désormais apparaître sur les bâtiments, les ornements religieux, les férules, etc., avec la période post-vatican II.
Don Luigi Villa et lui-même parviendront à déchiffrer tout cela, avec chaque fois la même stupeur.
Ainsi , par exemple, de la tombe de Mme Montini, mère du futur pape, qui présente un étrange motif - dont ils découvriront dans les archives de la municipalité que c'est le futur Paul VI qui l'a dessiné...
Pie XII, à la demande de Padre Pio, accorda à Don Luigi Villa le mandat papal pour se lancer dans sa vaste enquête. En particulier sur Montini, détesté de la plupart des évêques, et que, pour ses trahisons, Pie XII voulait faire enfermer dans un monastère.
Mais les ennemis dans l'Église étaient si puissant qu'ils obligèrent le pape, en le menaçant, de nommer Montini évêque et de le placer à la tête du plus grand diocèse italien - ce qu'il fit, en s'efforçant d'empêcher Montini d'être fait cardinal, et partant papabile.
Le cardinal Tardini fit dire à Mgr Giambattista Bosio, évêque du ciiocèse ou Don Villa était incardiné : "Dites à Mgr Bosio que j'ai donné le mandat papal à Don Luigi Villa et que c'est la première fois que l'Église confie une telle mission à un simple prêtre et ce sera la dernière!"
Mais il faut avoir le courage d'aller de l'avant pour faire la vérité sur tous ces sujets : lisez par exemple la livraison de CHiesa viva sur l'église construite pour Padre Pio à San Giovanni Rotondo, où l'on retrouve les mêmes symboles que sur les mitres de B XVI : : chiesaviva.com/templesatanique padrepio.pdf
Benoît XVI, en qui les conservateurs ont voulu voir un pape comme ceux d'avant Vatican II, est resté jusqu'à la fin de sa vie un progressiste, voire un révolutionnaire, comme le confie Hans Urs von Balthasar dans une interview.
Le 28 avril 1969, Paul VI créait la Commission théologique internatiola, qui doublait la Congrégation pour la Doctrine de la Foi. Ratzinger y est nommé avec d'autres théologiens soupçonnés d'hérésie (Yves Congar, Henri de Lubac, Karl Rahner, Hans Urs von Balthasar) . Voilà comment le présentait la revue Informations catholiques internationales du 15 mai 1969, numéro 336, p. 9 :
RATZINGER Joseph - allemand, 45 ans, théologie dogmatique,oecuménisme, précédemment suspecté [d'hérésie] par le Saint-Office, membre de la commession Foi et Oecuménisme; ouvrage remarquable en collaboration avec Karl Rahner, Prximauté et Épiscopat.
Un site de théologie américain a même proposé un montage provocateur des regards de Benoît XVI, sous le titre : "un pape aux yeux diaboliques" : : A Pope with devilish eyes
Il y a donc une cohérence entre les acteurs de la révolution dans l'Église et tout le matériel qui apparaît après Vatican II. C'est la Sainte Vierge (à Fatima) qui parlait des "églises de l'enfer" (regarder la page de TRADITION IN ACTION - Tradition In Action @ TraditionInAction.org) et tant d'autres signes absolument effrayants (la salle Paul VI au Vatican)...

Panetier

Merci encore pour cette documentation !