De retour parmi vous mes chers amis!
Avec la guerre civile d'Espagne pour l'une et le drame d'Oradour pour l'autre,
ma mère et mon père ont été également éprouvés avant leur rencontre par l'Histoire.
Ma grand-mère maternelle, Valentina Val des Vignes, née en Aragon, avait la réputation d'être une sainte femme.
Avant de mourir des suites de la guerre civile d'Espagne,
de faim et de tuberculose, elle fit baptiser ses trois enfants
dont ma mère à qui elle a donné le nom de Rosario (le rosaire).
Je me suis souvent demandé enfant pourquoi je portais moi aussi ce prénom.
Ma grand-mère est décédée à l'âge de 29 ans à l'hôpital de Belle-Ile-en Mer,
ma mère était alors âgée d'un an.
Cela nous rappelle qu'il n'y a pas de destin personnel sans implication dans un drame collectif.
De là surgit le sentiment que nous sommes un peuple,
une humanité qu'à blessée le péché originel,
et que le Christ lui-même peut racheter.
Marie Bee
Dieu avec charité vous nomma Rose;
votre père s'appelait déjà Gaspard des Fleurs.
Une rose rouge épanouie marqua sur votre visage Sa volonté.
La divine Vierge que l'Eglise nomme Rose mystique
vous avait ainsi choisie :
Le nom de Rose de Sainte-Marie vous vint ainsi du Ciel.
Le mystère de la Croix n'avait pas de secret pour vous.
En dehors de la Croix, vous saviez qu'il n'y avait pas d'autre accès pour atteindre le Ciel.
Votre intimité avec le Christ vous donna la puissance d'endurer la souffrance.
Votre amour pour le Christ n'avait d'égal que celui pour le Salut des âmes.
Combien d'âmes comprennent que l'augmentation des peines provoque celles des charismes? Vous aviez un lien étroit avec votre ange gardien qui prenait soin de tout.
Il pouvait se montrer à vous.
Votre vie, Sainte Rose est un chemin d'amour parsemé de roses pour les âmes du purgatoire et le salut des pécheurs.
Marie Bee
« Sachez que le plus grand service que l’homme puisse rendre à Dieu est d’aider à convertir les âmes. »
"Dieu tout-puissant, dispensateur de tous les biens, vous avez prévenu de la rosée céleste de votre grâce la bienheureuse Rose, et vous l’avez fait briller dans les Indes de tout l’éclat de la pureté et de la patience : accordez à vos serviteurs de courir à l’odeur de ses parfums, afin qu’ils méritent de devenir eux-mêmes la bonne odeur de Jésus-Christ, qui, étant Dieu, vit et règne."
« A part la Croix, il n’y a pas d’autre échelle pour atteindre le Paradis. »
C’est l’intimité avec le Christ qui donnait à Rose la force de supporter la souffrance. Son désir du salut des âmes était proportionnel à son amour pour Jésus Christ.
Elle pleurait sur le sort de ceux et celles qui ne connaissaient pas le Christ.
Jésus lui montra l’importance de la Croix, prélude de la Résurrection : « Tous doivent savoir qu’après l’épreuve vient la grâce ; tous doivent connaître que, sans le poids des afflictions, on ne peut parvenir au sommet de la grâce ; tous doivent comprendre que la mesure des charismes augmente avec l’accroissement des peines. Les hommes doivent se garder d’errer ou de se tromper. C’est la seule véritable échelle du paradis, et hors de la croix on ne trouve pas de chemin pour monter au ciel. »
Sainte Rose de Lima, donnez-nous l’amour de l’Eucharistie, l’amour de la Croix.
Rose confia à l’un de ses confesseurs : « Quand je communie, il me semble qu'un soleil descend dans ma poitrine. Voyez ici-bas : le soleil ranime tout par sa chaleur et sa lumière ; il colore les fleurs et fait mûrir les fruits ; ses rayons pénètrent dans les eaux de la mer, ils font miroiter les pierres précieuses sur les montagnes, il réjouit les petits oiseaux, éclaire et vivifie l'univers. Eh bien ! Voilà ce que fait dans mon âme la chair de Jésus-Christ. Elle relève tout ce qui était languissant ; sa présence réchauffe, éclaire, illumine. »
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La vie de prière et de contemplation de Rose a commencé très tôt, dès sa petite enfance, lorsqu'elle était attirée par une image du Christ couronné d'épines. Elle avait également une dévotion particulière envers l'Enfant Jésus et sa Sainte Mère. Les saints attirés par la prière et la contemplation cherchent à suivre les instructions du Christ : « Allez dans votre chambre, fermez la porte et priez votre Père qui est dans le secret » (Matthieu 6 : 6). Ils recherchent la communion avec le Père et non les yeux et la louange des autres. Lorsque les circonstances le permettent, certains vont dans le désert, dans les montagnes ou dans un vallon densément boisé. D'autres, comme les saintes Catherine et Rose, doivent chercher leur sanctuaire de prière, exactement comme le Christ l'a expliqué, depuis les limites de leur chambre.
Enfermée dans son ermitage privé, Rose lisait des livres sur la prière méditative, notamment, comme mentionné, ceux du Vénérable Louis de Grenade. Elle priait dévotement le Rosaire et utilisait de nombreuses autres formes de prière vocale et mentale. Elle méditait pendant des heures simplement sur la multitude de grâces qu'elle avait reçues par la miséricorde de Dieu.
Le Christ a dit de ceux qui prient le Père en secret que « votre Père qui voit dans le secret vous le récompensera » (Mt 6, 6), et sainte Rose a été récompensée par de nombreuses visions extatiques.
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Née à Lima en 1586, morte le 24 août 1617. Première sainte du nouveau continent à être canonisée en 1671, sa popularité était telle que Rome avait permis, dès la béatification, la célébration de sa Messe votive dans le monde entier, cas unique dans l’histoire du culte des saints.
La métaphore de l'aurore n'était pas entièrement nouvelle. Clément X, dans sa bulle de canonisation de 1671, précise comment la vierge indienne est une Rose au parfum très doux pour Dieu, pour les Anges et pour les hommes [...], et la première du Nouveau Monde à être inscrite au catalogue des Saints [...]; et de telle manière, il l'enflamma du feu de sa charité, que non seulement elle ravissait par son parfum, mais elle brillait d'une lumière splendide dans cette partie de la Maison de Dieu qui était dans les ténèbres; afin qu'elle puisse briller comme l'étoile du matin dans les ténèbres, comme la lune dans sa pleine lune de nos jours et comme le soleil resplendissant dans les éternités perpétuelles.
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On conçoit facilement qu'une âme dévouée à Dieu avec tant de générosité, devait recevoir dès ici-bas des récompenses hors de pair. Son Epoux céleste l'honorait de communications et de visions merveilleuses : elle vivait avec lui dans la plus étonnante et la plus divine familiarité.
Sous ce rapport, la vie de sainte Rose contient des traits ravissants qu'il faut lire avec la simplicité des enfants de Dieu. Malgré les longues heures qu'elle passait en oraison, la pieuse vierge ne laissait pas d'employer un certain temps à la lecture. Or, il arriva plusieurs fois que l'Enfant Jésus vint se poser sur le livre entr'ouvert. Sa taille, d'une ténuité extrême, ne dépassait guère la longueur de la main, mais ce corps et le visage étaient d'une grâce incomparable. « Lis-moi, lui disait-il intérieurement; lis-moi avec attention, car je suis le Verbe ou la Parole éternelle, et si petit que tu me voies, je n'en renferme pas moins les trésors de la sagesse et toute la science de Dieu. »
Quand Rose, occupée de son travail manuel, faisait ses fleurs ou sa broderie, il s'asseyait sur son métier, lui souriant doucement, tendant vers elle ses petits bras comme pour l'inviter à le caresser. On suppose que ces faveurs durent lui être accordées tous les jours, à partir d'une certaine époque, car elle se plaignait amoureusement lorsque Jésus tardait à paraître. « Voici l'heure, et le Bien-Aimé ne paraît pas, disait-elle. La douzième heure a sonné et je suis encore privée de son aimable présence ! Venez, Seigneur, vous le savez, votre petite Rose ne peut vivre sans vous! »
Une fois elle était demeurée très tard à sa cellule du jardin paternel. Après une longue oraison, elle fut prise d'un vertige : le malaise, loin de passer, ne faisait que croître : Rose était comme anéantie et se sentait près de mourir. Minuit venait de sonner; comment appeler au secours? Elle essaya cependant de sortir et de se traîner vers la maison de ses parents, afin de prendre quelques gouttes d'un élixir dont elle avait parfois expérimenté la puissance. Une pensée subite traversa son esprit : « C'est dimanche aujourd'hui et je dois communier : sacrifierai-je ce bonheur pour un soulagement corporel? D'autre part, si je refuse à mon corps le secours qu'il réclame, ma faiblesse ne me permettra pas d'aller à l'église! » Dans cette perplexité, elle recourut à son divin Epoux. Jésus apparut et lui dit : — « Applique tes lèvres à la plaie de mon côté ; il a été ouvert pour le salut du genre humain ; mes fidèles y trouveront toujours le réconfort dont ils ont besoin. » Et le Seigneur la fit boire non de bouche, comme sainte Catherine de Sienne, mais de cœur, à l'ouverture qui donne entrée à son adorable Cœur. — Une force nouvelle se répandit immédiatement dans les membres de Rose, en même temps qu'une joie surnaturelle inondait son âme.
La Sainte aimait beaucoup les fleurs. Elle en avait partout, dans son jardin, autour de son ermitage. Elle cultivait avec une sollicitude particulière un basilic très beau, qu'elle se proposait de porter à l'église quand il serait en pleine floraison. Peut-être s'y était-elle un peu trop attachée. Un matin, sans que le fait pût s'expliquer naturellement, le basilic se trouva déraciné et flétri. Rose se retirait tout attristée, lorsque Jésus se présenta à elle. « Eh quoi! lui dit-il, vas-tu t'affliger pour la perte de cette plante, quand je te reste, Moi qui suis la fleur des champs et le lis delà vallée? Tu es ma fleur, mais je veux que dans ton cœur il n'y ait place pour nul autre que pour Moi. »
Rose comprit la leçon, et s'appliqua si bien au détachement total et absolu, que le Seigneur pouvait dire, un peu plus tard, à une pieuse femme de Lima qui jouissait aussi des familiarités divines : « Je porte ma Rose dans l'endroit le plus intime de mon cœur, parce que le sien est tout à moi. » C'était vrai à la lettre. Le regard du Maître s'arrêtait donc sur cette petite fleur du parterre angélique, et bientôt un délicieux mystère d'amour allait s'accomplir en elle.
Un dimanche des Rameaux, après la bénédiction des palmes, les sacristains se répandirent dans l'église pour les distribuer au peuple. Tous les assistants reçurent la leur; mais soit inattention, soit oubli, seule parmi ses compagnes, Rose n'eut point de part à la distribution commune. Ce fut avec grande confusion qu'elle suivit la procession les mains vides. Quand la cérémonie eut pris fin, elle accourut se réfugier dans la chapelle du Rosaire, et là, sous le regard de sa bonne Mère, donna libre cours à ses larmes. Puis, surmontant son chagrin : « A Dieu ne plaise, ô ma douce Souveraine, dit-elle, que je regrette plus longtemps une palme qui m'eût été donnée par une main mortelle ! N'êtes-vous pas le palmier magnifique qui embellit le désert de Cadès? Vous me donnerez un de vos rameaux et celui-là ne se flétrira pas. » Soudain la Reine du ciel abaisse un regard joyeux sur l'Enfant Jésus qu'elle tenait dans ses bras et le reporte ensuite sur Rose avec une ineffable tendresse. Le divin Enfant la regarde à son tour et prononce distinctement ces mots : « Rose de mon cœur, sois mon épouse. » Hors d'elle-même, Rose s'écrie : « Je suis votre servante, Seigneur. Oui, si vous voulez ce que je n'oserais ambitionner, je serai à vous et vous demeurerai éternellement fidèle ! » — « Tu vois, ma fille, ajouta Marie, le rare honneur que Jésus a daigné te faire en te prenant pour épouse : pouvait-il mieux te prouver la grandeur de son amour? » L'extase de Rose se prolongea longtemps, et son âme fut gratifiée d'une plénitude de dons célestes que la parole humaine est impuissante à décrire. A peine rentrée dans son ermitage, Rose pria l'un de ses frères de lui dessiner un anneau avec un emblème religieux, sans rien lui dire de la merveille accomplie en sa faveur. Celui-ci réfléchit quelques instants, et, saisissant un papier, y traça le dessin d'un anneau, orné d'un brillant sur lequel il écrivit le nom de Jésus. Rose lui demanda une petite inscription à l'intérieur du cercle : et sous le coup de la même inspiration, le jeune homme prit .la plume et traça ces mots en exergue : Rosa cordis mei, tu mibi sponsa esto : « Rose de mon cœur, sois mon épouse. » La pieuse enfant ne fit rien paraître de sa surprise; mais on devine sa joie et sa reconnaissance en entendant répéter et confirmer par son frère, ignorant de ce qui s'était passé, les paroles mêmes de son divin Époux. L'anneau fut fabriqué, l'inscription gravée, et la sainte fille le porta au doigt jusqu'à sa mort.
Dès lors, son amour ne fit plus que s'élever; les élans de son âme, qu'elle ne pouvait plus comprimer, se traduisaient par des paroles de feu ou par des invitations aux êtres de la création à aimer leur auteur. « Eléments, disait-elle, eaux et terres, anges et hommes, insectes et oiseaux, plantes fleuries, grands arbres, venez à mon aide : aimons Dieu, aimons Dieu! »
Parfois, saisissant une harpe, bien qu'elle n'eût jamais appris à manier cet instrument, elle en tirait de doux accords pour accompagner la plaintive mélodie qu'elle adressait au Ciel. Et, à sa voix, les arbres, les plantes et les fleurs s'agitaient en cadence, comme pour payer un tribut à la louange du Créateur. Nous avons parlé plus haut des moustiques qui hantaient l'ermitage de Rose. Le matin, notre Bienheureuse, ouvrant la porte et la fenêtre de sa petite cellule, disait gracieusement à ces nombreux hôtes : « Allons, mes petits amis, chantons ensemble les grandeurs du Tout-Puissant. » Aussitôt, comme s'ils eussent été doués d'intelligence, guêpes, abeilles, moucherons se divisaient en deux chœurs, les uns volaient et accompagnaient le chant de Rose du bourdonnement de leurs ailes, tandis que les autres demeuraient immobiles et silencieux : au bout de quelques instants, le second chœur reprenait l'accompagnement et le premier se reposait. Cela durait jusqu'à ce que la Sainte leur rendît la liberté. « Allez maintenant, petites sœurs, disait-elle, allez chercher votre nourriture, et ne manquez pas de revenir au coucher du soleil, afin que nous reprenions notre cantique. »
Dans le carême de l'année 1617, qui fut la dernière de la vie de notre sainte, un petit oiseau venait chaque soir, après le coucher du soleil, se percher sur un arbre devant la fenêtre de sa chambre, et chantait d'une voix sonore, comme pour l'inviter à en faire autant. Rose, docile à cette aimable inspiration, fit en vers un charmant cantique pour provoquer son petit chantre des airs, ou répondre à ses provocations. En voici la traduction à peu près littérale.
Laxa fibras Philomela
Dulce prome canticum :
Pangat hymnum vox anhela,
Collaudamus Dominum.
Tuum lauda Creatorem;
Meum ego salvalorem ;
Deum utriusque nostrum,
Collaudabo. Pande rostrum
Pande guttur cantilando ;
Alternantes concrepando ;
Melos demus vocibus.
Lâche tes fibres, (Laisse toi aller) Philomèle,
Produis un doux chant :
Qu'un hymne jaillisse d'une voix haletante,
Louons le Seigneur.
Loue ton Créateur ;
Moi, je loue mon Sauveur ;
Le Dieu de nous deux,
Je le louerai. Ouvre ton bec,
Ouvre ton gosier en chantant ;
En alternant et en faisant résonner ;
Offrons une mélodie avec nos voix.
L'oiseau, après avoir entendu ce chant, le reprenait d'une voix d'abord très douce, qu'il élevait ensuite graduellement jusqu'à l'exclamation ; le morceau étant achevé, il se taisait pour que la servante de Dieu pût en faire la reprise, ce qu'elle faisait avec des variations admirables et qui tenaient du merveilleux. L'oiseau répondait encore, mais en renchérissant sur le talent de sa maîtresse, et faisant valoir d'une manière surprenante la supériorité de sa voix et toutes les ressources de l'art. Rose, électrisée par la beauté de ce chant et toute hors d'elle-même, recommençait de nouveau la répétition ne se faisait pas attendre, et toujours l'oiseau trouvait le moyen de donner à sa musique de plus riches ornements ; ceci durait une heure entière, après quoi il s'envolait ailleurs pour revenir faire son office le lendemain. Rose affligée de sa retraite disait, en gémissant, dans son langage poétique : « Avicula me deserit, subit succentor meus, atque semper mecum vermanens, sit benedictus Deus.»
« L'oiseau me quitte, mon successeur arrive, et demeurant toujours avec moi, que Dieu soit béni. »