J'ai une dévotion toute particulière pour cette sainte. Sainte Veronica Giuliani est l'une des plus grandes saintes que l'Eglise est jamais eue. Je pense qu'elle pourrait être proclamée Docteur de l'Eglise, comme ses "sœurs", Catherine, Thérèse et Hildegarde de Bingen. Depuis 2017, je me suis engagée auprès de sœur Chiara, clarisse, à faire connaître Veronica Giuliani, en France. Mon confesseur capucin m'a fait rentrer dans l'ordre des franciscains. Dans la chapelle du Monastère des Clarisses Capucines de Citta di Castello (près de Pérouse), on peut prier devant le corps incorruptible dans sa châsse. C'est un lieu où je suis allée plusieurs fois. Le 15 août 2020, jour de la fête de la Très Sainte Vierge Marie, sœur Chiara m'a offert des livres de la sainte et quelques reliques que j'ai offerts à des gens.
Août 2017
Sur la route de Gubbio en venant de la région des Marches, en direction de Chiusi della Verna, l'endroit où saint François d'Assise reçut les Stigmates, un prêtre me dit : Il y a une sainte non loin d'ici, à Città di Castello, mais à cette heure-ci, le monastère des Capucines sera fermé. Lorsqu'il me dit son nom (Veronica Giuliani ), que je ne connais pas, je pense immédiatement à une de mes élèves atteinte d'un cancer qui porte le même prénom. Je dis : « On y va ! »
Seule la porte principale du monastère est ouverte et je me retrouve face à un parloir d'antan. Je tambourine un long moment, avant qu'une religieuse ne surgisse. Ce sont des cloîtrées. Nous échangeons quelques paroles. On ne peut entrer. J'insiste longuement. La religieuse va s'enquérir auprès de la Supérieure qui m'accorde la possibilité de me recueillir auprès de la sainte. Comme j'ignorais tout de son existence au-préalable, ce fut un saisissement de me retrouver dans la chapelle des sœurs en présence de la sainte étendue dans sa châsse. Je me présente à elle, et je lui demande d'intercéder en faveur de la guérison de mon élève et amie.
Ensuite, j'ai discuté longuement avec la religieuse, qui m'a demandé son nom complet et m'a assurée spontanément des prières de toute la communauté pour obtenir l'intercession de la sainte en sa faveur.
Dans la semaine qui suivit, j'ai lu la vie de la sainte et j'ai découvert qu'elle est une épouse du Christ, stigmatisée.
Et quelques mois plus tard, j'ai appris que le cancer de mon amie est en rémission totale.
Marie Bee
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LE CHEMINEMENT SPIRITUEL DE VÉRONIQUE
Le Journal : trésor de l'Esprit
Le Journal que Véronique nous a laissé et dans lequel, par ordre de ses confesseurs et de ses supérieurs, elle nous a décrit ses nombreuses expériences mystiques, compte vingt-deux mille pages manuscrites. C'est une trésor spirituel d'une richesse inépuisable pour les âmes désireuses de connaître les voies de Dieu.
Les saints sont pour nous des chemins de lumière au firmament de l'Eglise : grâce à eux, Dieu nous dit comment monter vers lui.
La vie chrétienne atteint son sommet dans l'union à Dieu. L'itinéraire mystique accompagné d'expériences particulières — expériences qu'a vécues sainte Véronique — coïncide de fait avec le progrès dans la sainteté, à laquelle nous sommes tous appelés. La perfection chrétienne consiste essentiellement dans l'expérience
de l'amour divin. La croissance de l'amour, même de celui qui dérive de grâces particulières de caractère mystique, se mesure au progrès effectif des vertus théologales et morales, et conduit au but commun, qui est la sainteté.
En ce qui concerne Véronique, il est quasiment impossible de résumer la substance extrêmement riche soit des événements mystiques qu'elle a vécus, soit du progrès réalisé par elle dans la vertu, tant sa vie spirituelle est intense. Cependant il est nécessaire que nous en tracions les lignes fondamentales afin de recueillir l'admirable enseignement que Dieu veut nous donner par elle pour notre édification.
Le but : devenir épouse du Christ
Dans le langage de la perfection chrétienne, nous employons les termes les plus délicats de l'amour humain pour décrire les transports de l'amour divin.
L'amour conduit à l'union. Ainsi de l'âme. Véronique a vécu cette réalité spirituelle du début à la fin de sa vie.
Jésus est séduit par cette créature; il lui témoigne son affection, l'attire à lui et veut en faire son épouse. Il le lui dit dès qu'elle a atteint sa troisième année. Il entre en dialogue avec elle, il entretient une correspondance, il lui adresse des invitations et des promesses; il lui rend visite et lui offre des présents.
La sainte affirme à propos de ses années d'adolescence dans sa famille: "Il était rare que je sorte de l'oraison sans que le Seigneur me dise intérieurement que je devais être son épouse". Elle-même, si jeune encore, ne réalisait pas tout à fait ce que le Seigneur voulait d'elle, et elle lui répondait avec naïveté: "Mon Dieu, ayez patience, et vous aurez tout en son temps. Vous verrez bien si je ne dis pas la vérité".
L'époque de sa prime jeunesse, où ce commerce amoureux atteignit son apogée, fut celle où elle reçut pour la première fois la sainte communion. Elle écrit : "Quand je communiai pour la première fois, le Seigneur me fit comprendre que je devais être son épouse. J'éprouvai un je ne sais quoi d'étrange, je demeurai comme hors de moi, mais je ne compris rien. Je pensais qu'il en était toujours ainsi quand on communiait. En recevant la sainte hostie, il me sembla qu'un feu entrait dans mon cœur. Je me sentais brûler".
Le jour de la première communion! C'était le deux février 1670. La fillette n'a que dix ans, mais elle perçoit que son amour pour Jésus doit s'exprimer par une offrande totale. C'est déjà un langage adulte et fort: "Mon Seigneur, ne tardez plus. Crucifiez-moi avec vous! Donnez-moi vos épines, vos clous: me voici. Voici mes mains, mes pieds et mon coeur! Frappez-moi, ô Seigneur!"
Du mariage mystique à la divinisation
Tout cela se réalisera. Jésus conduira Véronique à travers des expériences inhabituelles jusqu'au mariage mystique, à la métamorphose, à la divinisation. L'ascèse sera adaptée aux phases spirituelles que les théologiens ont nommées union délicieuse, union aride, union active. Néanmoins elle ne cesse d'être comblée de dons et de charismes.
Quelle importance ce message a-t-il pour nous? Le Seigneur veut nous dire, à travers l'expérience spirituelle de Véronique, que tous ces phénomènes appartiennent par nature à la vie de la grâce, même s'ils sont mystérieusement cachés en l'âme des fidèles. Mais la merveille ici, c'est que cette réalité divine, en Véronique, est évidente, manifeste, quasi sans voile.
Grâces, dons, charismes
Jésus attire à lui Véronique, la transforme, adapte et façonne son être spirituel. Il lui donne un "cœur amoureux" et un "cœur blessé", l'approche de son côté pour la désaltérer à la source de son cœur divin, lui propose un programme d'ascèse et la rend parfaite jusqu'à son nom: elle s'appellera désormais "Véronique de Jésus et de Marie".
Elle devra boire aussi le "calice amer". Jésus plante cinq dards en son cœur avec les instruments de sa passion.
La Vierge joue pour elle le rôle de médiatrice et la reconnaît comme son "disciple". C'est par elle que Véronique se consacre à Jésus. Les trois cœurs de Jésus, de Marie et de Véronique n'en font plus qu'un.
Dans une alternance divine de purifications et de grâces, la sainte aperçoit d'autres signes s'inscrire sur son cœur : la flamme de l'amour de Dieu, le sceau "source de grâces" et les lettres VFO désignant les vertus Volonté de Dieu, Fidélité, et Obéissance.
Véronique, en outre, goûtera à deux calices mystérieux, l'un contenant le sang du Christ, l'autre, les larmes de Marie. Elle revivra, à la requête de son confesseur, la passion de Jésus dans tous ses tourments.
Mais le Seigneur la soutient, la récompense. Il faut signaler aussi une grâce particulière que lui accorde la Vierge Marie, celle de la présence constante d'un second ange gardien et celle d'un pèlerinage - en vision - à son sanctuaire de Lorette.
La vie divine inonde son âme. Dieu lui accorde la grâce que Véronique nomme "la grâce des trois grâces": union, transformation, mariage céleste. C'est un bienfait que, dès 1714, elle reçoit chaque fois qu'elle s'approche de la sainte Table et qui divinise toujours plus profondément son esprit.
Elle est désormais la " Véronique de la volonté de Dieu ". Fille et professe de la Vierge Marie.
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À Città-di-Castello, en Ombrie, sainte Véronique Julianis (Giuliani), née à Mercatello, dans le diocèse d’Urbania, moniale du Second Ordre de saint François, abbesse du monastère de Città-di-Castello.
Célèbre par son ardeur pour les souffrances, par ses autres vertus, et par les faveurs célestes qu’elle reçut, elle a été inscrite au nombre des saintes Vierges par le pape Grégoire XVI.
Sainte Véronique Giuliani, née le 27 décembre 1660, Alexandre VII étant pape, Léopold Ier empereur et Louis XIV roi de France, eut une enfance tout extraordinaire : le mercredi, le vendredi et le samedi, jours consacrés à honorer la Passion de Jésus-Christ et la sainte Vierge, elle n’acceptait le lait de sa mère ou toute autre nourriture que deux fois et en petite quantité, prélude des grands jeûnes de sa vie.
Six mois après sa naissance, elle s’échappa des bras de sa mère et alla d’un pas ferme, toute seule, vénérer un tableau attaché à la muraille et représentant le mystère du jour. À partir de ce moment, elle marcha sans le secours de personne.
Un an après, accompagnant sa mère dans un magasin, elle dit d’une voix claire au marchand, qui trompait sur le poids : « Soyez juste, car Dieu vous voit. »
À trois ans, elle avait des communications familières avec Jésus et Marie. Quelquefois l’image de Marie portant Jésus devenait vivante, et, se détachant du cadre, descendait dans les bras de la jeune enfant et se laissait embrasser. Un matin qu’elle cueillait des fleurs pour orner l’image de Jésus et de Marie, Jésus lui dit : « Je suis la Fleur des champs. »
Charitable pour les indigents dès son bas âge, un jour elle donna une paire de souliers à un pauvre, et, quelque temps après, elle les vit aux pieds de la sainte Vierge, tout éclatants de pierreries.
Elle fit, à douze ans, vœu de se consacrer à Dieu, et bientôt,
recherchée par de brillants partis, elle répondit simplement : « C’est inutile, je serai religieuse. » Son désir s’accomplit en 1677, année où elle entra, à dix-sept ans, chez les Clarisses. Elle ne connut point les essais de cette nouvelle vie, et se trouva dès le premier jour religieuse parfaite.
La grâce spéciale de la Sainte clarisse fut de porter en elle la ressemblance de Jésus crucifié, dont elle méditait sans cesse la Passion. Elle eut son couronnement d’épines, qui laissa des traces douloureuses et inguérissables sur sa tête ; elle sentit, un jour de Vendredi Saint, la douleur du crucifiement, et le Sauveur, lui apparaissant, laissa sur ses pieds, ses mains et sa poitrine, des stigmates visibles et tout saignants.
Dieu seul sait les épreuves dont les grâces extraordinaires que reçut sainte Véronique furent l’occasion pour elle ; mais ces épreuves ne servirent qu’à manifester et à grandir sa vertu. Les grâces extraordinaires que reçut sainte Véronique furent achetées au prix de grandes épreuves.
La mort vint briser les liens de son corps le 9 juillet 1727, Benoît XIII étant pape, Charles VI empereur et Louis XV roi de France.