Laurier

LE FAUX OECUMÉNISME dénoncé en 1966 par le cardinal Ottaviani avec l'approbation du pape PAUL VI...

Lettre Cum Oecumenicum Concilium adressée par le cardinal Ottaviani aux présidents des conférences épiscopales (24 juillet 1966) :

Nota : Le texte latin a été publié par les Acta Apostolicae Sedis, LVIII/9, 30 septembre 1966, p. 659-661, la traduction française, due au Père Antoine Wenger, aa, par La Croix, 7 octobre 1966 et La Documentation catholique, n° 1481, 6 novembre 1966, col. 1843-1846. Le document est disponible aujourd’hui en sept langues sur le site internet du Saint-Siège (vatican.va).
vatican.va/archive/aas/documents/AAS-58-1966-ocr.pdf

« Ce qu’a dit le Card. Ottaviani pour alerter les évêques était bien de Nous. » Cette confidence du pape Paul VI au cardinal Journet, lors d’une audience au Vatican en janvier 1967, n’est pas à prendre à la légère (Cahier de Rome, 18 janvier 1967, reproduit dans Charles Journet, Jacques Maritain, Correspondance, t. 6, Saint-Maurice, Éditions Saint-Augustin, 2008, p. 880.). Le pape entendait manifester par là non seulement qu’il n’était en rien l’otage du « patron » de l’ex-Saint-Office devenu, on le sait, la Congrégation pour la doctrine de la foi, mais qu’il assumait pleinement son rôle de défenseur de la foi catholique face aux déviations doctrinales postconciliaires. Le vrai sens du concile est donc là et non dans des interprétations subversives illégitimes puisque contraires à la voix du Magistère authentique (AAS) et donc dénuées d'Autorité.

« [...] on doit regretter que, de divers côtés, soient parvenues des nouvelles alarmantes au sujet d’abus grandissants dans l’interprétation de la doctrine du Concile, ainsi que d’opinions étranges et audacieuses apparaissant ici et là et qui troublent grandement l’esprit d’un grand nombre de fidèles. Il faut louer les études et les efforts pour mieux connaître la vérité, en distinguant loyalement entre ce qui est de foi et ce qui est opinion ; mais des documents examinés par cette Sacrée Congrégation, il résulte qu’il s’agit de jugements qui, dépassant facilement les limites de la simple opinion ou de l’hypothèse, semblent affecter d’une certaine manière le dogme lui-même et les fondements de la foi.

Il est utile de signaler quelques-unes de ces opinions et de ces erreurs, sous forme d’exemple, telles qu’elles sont connues d’après les rapports d’hommes savants et d’écrits publics.
1. --- 1. Il s’agit en premier lieu de la sacrée Révélation elle-même : il y en a, en effet, qui recourent à l’Écriture sainte, en laissant délibérément de côté la Tradition ; mais ils réduisent l’étendue et la force de l’inspiration et de l’inerrance bibliques et ils n’ont pas une juste notion de la valeur des textes historiques.
2. --- 2. En ce qui concerne la doctrine de la foi, on dit que les formules dogmatiques sont à ce point soumises à l’évolution historique que leur sens objectif lui-même est sujet à changement.
3. --- 3. Il arrive que l’on néglige et que l’on minimise à ce point le Magistère ordinaire de l’Église, celui surtout du pontife romain, qu’on le relègue presque dans le domaine des libres opinions.
4. --- 4. Certains ne reconnaissent presque plus une vérité objective absolue, ferme et immuable ; ils soumettent toutes choses à un certain relativisme, en avançant comme raison que toute vérité suit nécessairement le rythme de l’évolution de la conscience et de l’histoire.
5. --- 5. La personne adorable elle-même de Notre Seigneur Jésus-Christ est atteinte lorsque, en repensant la christologie, on use de notions sur la nature et sur la personne qui sont difficilement conciliables avec les définitions dogmatiques. Un certain humanisme christologique se répand qui réduit le Christ à la simple condition d’un homme qui, peu à peu, aurait acquis la conscience de sa divine filiation. Sa conception virginale, ses miracles, sa résurrection elle-même sont concédés en paroles, mais sont ramenés en réalité à l’ordre purement naturel.
6. --- 6. De même, dans la manière de traiter la théologie des sacrements, certains éléments sont ou ignorés ou ne sont pas considérés suffisamment, surtout en ce qui concerne la très sainte Eucharistie. Au sujet de la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin, il en est qui dissertent en favorisant un symbolisme exagéré, comme si le pain et le vin n’étaient pas changés par la transsubstantiation au corps et au sang de Notre Seigneur Jésus-Christ, mais étaient simplement transférés à une certaine signification. Il en est aussi qui, au sujet de la messe, favorisent plus qu’il n’est juste l’idée du repas (agapes), au détriment de l’idée de sacrifice.
7. --- 7. Certains aiment expliquer le sacrement de pénitence comme moyen de réconciliation avec l’Église et ne soulignent pas assez la réconciliation avec Dieu offensé. Ils prétendent aussi que, pour la célébration de ce sacrement, n’est pas nécessaire la confession personnelle des péchés, tandis qu’ils s’appliquent à exprimer uniquement la fonction sociale de réconciliation avec l’Église.
8. --- 8. Il n’en manque pas qui minimisent la doctrine du Concile de Trente sur le péché originel ou qui la commentent de telle manière que la faute originelle d’Adam et la transmission de son péché sont, pour le moins, mises en veilleuse.
9. --- 9. Non moindres sont les erreurs qui circulent dans le domaine de la théologie morale. Beaucoup, en effet, osent rejeter la raison objective de la moralité ; d’autres n’acceptent pas la loi naturelle et affirment la légitimité de ce qu’ils appellent la morale de situation. Des opinions pernicieuses sont répandues sur la moralité et la responsabilité en matière sexuelle et de mariage.
10. --- 10. À tout cela, il faut ajouter une note sur l’œcuménisme. Le Siège apostolique approuve assurément ceux qui, dans l’esprit du décret conciliaire sur l’œcuménisme, prennent des initiatives pour favoriser la charité avec les frères séparés et les attirer à l’unité de l’Église ; mais il regrette qu’il ne manque pas de personnes qui, interprétant à leur manière le décret conciliaire, préconisent une action œcuménique qui offense la vérité sur l’unité de la foi et de l’Église, en favorisant un dangereux irénisme et indifférentisme, ce qui est entièrement étranger à l’esprit du Concile.

Ces erreurs et ces dangers, répandus les uns ici, les autres là, sont rassemblés sous forme de synthèse sommaire dans cette lettre aux Ordinaires des lieux afin que chacun, selon sa fonction et son office, s’efforce de les enrayer ou de les prévenir.

Ce sacré dicastère prie instamment ces mêmes Ordinaires des lieux, rassemblés en conférences épiscopales, d’en traiter et d’en faire rapport au Saint-Siège d’une manière opportune en faisant connaître leurs avis avant la fête de Noël de cette année.

Que les Ordinaires, et ceux à qui ils estimeront devoir les communiquer, gardent sous le strict secret ces lettres qu’une raison évidente de prudence interdit de rendre publiques. »

Rome, le 24 juillet 1966

A. card. Ottaviani, préfet,

Sacrée Congrégation pour la Doctrine de la Foi

Prot. N 871/66

« En septembre 1966, alors que le cardinal Ottaviani venait d’adresser une lettre confidentielle aux présidents des conférences épiscopales pour leur signaler une série d’« opinions » et d’« erreurs » concernant la doctrine catholique qui mettaient en cause les fondements de la foi, le pape se fit l’écho de ces préoccupations comme pour manifester sa parfaite concordance de vues avec celles exprimées dans la lettre du pro-préfet de la nouvelle Congrégation pour la doctrine de la foi :

« Ce qui accroît Notre tristesse et Nos appréhensions, c’est qu’on entend ces dissonances au sein même de la communauté des croyants, qu’elles peuvent être suggérées par le désir d’ouverture à l’égard du monde non catholique et qu’elles sont souvent accréditées par la référence au Concile qui vient d’être célébré, comme si le Concile pouvait autoriser à mettre en question les vérités de la foi. » (Documents pontificaux de Paul VI…, 1966, V, p. 551.)

Dans la foulée, un congrès international de théologie sur le Concile Vatican II, organisé par les universités pontificales, se tint à Rome du 26 septembre au 1er octobre 1966. Dans le discours qu’il adressa à ses participants, Paul VI rappela le devoir des théologiens d’être « au service de la vérité » en les invitant à mettre un point d’honneur « à être les interprètes fidèles et intelligents de l’enseignement du Magistère.. » (Ibid., p. 617.)

Sa préoccupation quant à la diffusion « dans le champ de la doctrine catholique » d’« opinions exégétiques ou théologiques nouvelles » était bien réelle. Dans l’exhortation apostolique Petrum et Paulum (22 février 1967) annonçant l’Année de la foi, il écrivait :
« Ces opinions mettent en doute ou elles déforment la signification objective de vérités que l’Église enseigne en vertu de son autorité : sous prétexte d’adapter la pensée religieuse à la mentalité moderne, […] on s’efforce d’introduire dans le Peuple de Dieu une mentalité soi-disant “postconciliaire”. Or, cette mentalité méconnaît l’accord très ferme qui règne entre les amples et magnifiques développements du Concile en matière doctrinale et législative et le patrimoine de l’Église en fait d’enseignement et de discipline. Elle tendrait à trahir l’esprit de fidélité qui anima le Concile à l’égard de la Tradition et à se propager avec la prétention illusoire de donner au christianisme une interprétation nouvelle, interprétation arbitraire en réalité, et frappée de stérilité. » (Ibid., 1967, VI, p. 139.)
Source :

Paul VI, le cardinal Ottaviani et la Curie romaine

Quand Rome enquête…
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Laurier

@Catholique et Français L'Abbé de Nantes a effectivement souvent écrit qu'entre Paul VI et Jean-Paul II, il y avait une grande différence ! Exemple, je le cite : « Paul VI était plus « un homme cultivé qu'un penseur, un émotif non un intellectuel. (...)
« Il n'avait pas l'envergure d'un hérésiarque... Je crois qu'il était tout juste un démagogue. Disciple convaincu de ces Français légers et vaniteux, les Maritain, Mounier, Congar, de Lubac, et l'immanquable Teilhard (…). Petits esprits progressistes, sans commune mesure avec les maîtres du modernisme germanique ! Ces Allemands, heureusement, Paul VI ne les comprenait pas. Sa culture latine le rendait allergique à leur profond galimatias. » Tandis que Jean-Paul II, c'est autre chose !
« Car vous n'êtes plus catholique, vous n'êtes plus chrétien c'est tout un, quoique vous le demeuriez de nom... » (reproduit sur le site CRC)

philippeLILOU

Paul VI est l'un de ceux par lesquels "la fumée de Satan est entrée dans le peuple de Dieu." Homélie du 29 juin 1972.