Francesco Federico

Les hommes de Bergoglio | Benoit et Moi

Des prélats impliqués jusqu’au cou dans des scandales sexuels aux Etats-Unis, à leurs homologues latinos (la corruption financière en plus), en passant par les conseillers hyperprogressistes en Italie (sans oublier « Mgr » Ricca, le Thénardier de Santa Marta): sur « La Verità », panorama (presque) complet du premier cercle bergoglien, reproduit par Marco Tosatti. Peut-on continuer à fermer les yeux?
Presque tous les épisodes et les noms évoqués ici sont documentés dans ces pages (utiliser la recherche Google du site)
Le Pape avec Mgr Ricca et le Cardinal Santos Abril y Castello

Comme très souvent, Marco Tosatti donne la parole à « Super Ex », qui introduit le roboratif dossier de La Verità.
S’il n’y avait qu’un ou deux prélats douteux parmi les proches du Pape, on pourrait dire que c’est une coïncidence, ou une simple erreur de casting dûe à l’absence d’information, bien humaine donc pardonnable. Mais ici ce qui est troublant, c’est la répétition, la quantité, sans parler de connivences qui dépassent la simple circonstance des mœurs en commun. Même en tenant compte d’exagérations possibles, ou de rumeurs partiellement fondées (on comprend pourquoi, notamment dans ses homélies matinales à Sainte Marthe, le Pape ne cesse de vitupérer contre la prétendue « lèpre » des pettegolezzi!!), cette quantité exclut qu’il puisse s’agir d’un simple complot ourdi par la soi-disant « nébuleuse » (c’est ainsi qu’ils l’appellent!!) anti-Bergoglio. Ou alors, que ceux qui avancent cette explication simpliste nous prouvent par A plus B que le Pape n’est au courant de rien de ce qui se passe sous son nez, et que Ricca, Danneels, McCarrick, Wuerl et Cie sont blancs comme neige, malheureuses victimes collatérales de la haine anti-François enracinée dans les milieux conservateurs. Allons donc!

Les amitiés du Pontife
Marco Tosatti
23 juillet 2019
Ma traduction
Super Ex
La Verità du 16 juillet a publié un long article intitulé « Les copains du gang latino-américain » centré sur les collaborateurs ambigus de Bergoglio: affairistes, mis en examen, démissionnaires à cause de scandales sexuels, etc. J’ai été frappé par une photo publiée à l’appui de l’article mais non commentée. On peut y voir Bergoglio, Mgr Ricca et le Cardinal Santos Abril y Castello liés par une bienveillance mutuelle particulière, une sorte de « correspondance des sens amoureux ». Pourquoi est-ce que je commente cette photo en marge de cet article? Parce qu’elle achève d’encadrer la figure de Ricca, grand chambellan de la Casa Santa Marta malgré les scandales sexuels dans lesquels il était impliqué, mais elle ne dit rien du cardinal. Pourtant, c’est la coexistence des trois qui aide à comprendre le système d’alliances dangereuses créé par Bergoglio à partir de son passé argentin. Voyons un peu: de 1999 à 2001, Ricca travaille auprès de la nonciature en Uruguay, à Montevideo, sur la rive nord du Rio de la Plata, face à Buenos Aires. C’est précisément durant ces années que son comportement homosexuel crée le scandale, au point de provoquer son départ! Le Cardinal de Buenos Aires ne sait-il rien de toute la clameur que le comportement de Ricca a engendrée? Difficile à croire. L’autre homme sur la photo est le cardinal Santos Abril y Castello, nonce en Argentine de 2000 à 2003. Ne sait-il rien du scandale Ricca qui s’est produit ces mêmes années? Peut-on imaginer que le cardinal de Buenos Aires et le nonce à Buenos Aires ne savent pas ce qui se passe à deux pas? Continuons maintenant à dénouer le fil conducteur: une fois élu, le pape Bergoglio s’entoure immédiatement de divers fidèles, parmi lesquels…. RICCA et Castello ! Et tous deux acquièrent un rôle important. Castello, par exemple, a été envoyé comme commissaire au Paraguay avec la tâche d’anéantir l’évêque Lieveres et son séminaire florissant, coupable de ne pas adhérer pleinement au mélange de foi catholique et de communisme épousés par certains confrères. RICCA devient le majordome du quartier général de Bergoglio. Mais surtout, ils se sont tous les deux retrouvés à l’IOR! L’un, RICCA, en tant que prélat, malgré, on le répète, les scandales qui en d’autres temps avaient provoqué son départ de la nonciature, l’autre comme membre de la commission cardinalice de vigilance.
C’est de gens de ce type, en plus de ceux mentionnés dans l’article de La Verità, que s’entoure notre homme
Tous les hommes de Bergoglio
Ignazio Mangrano
La Verità
16 juillet 2019
Après six ans de pontificat, après des mois et des mois de silence sur le « dossier Viganò », il est utile de faire un tableau aussi complet que possible de l’entourage de Bergoglio.
Commençons par le défunt cardinal Goffried Daneels, connu pour avoir été l’un de ses grands électeurs et membre de ce qu’il appelait lui-même « la mafia de Saint-Gall ». Du point de vue des idées, Daneels a représenté pendant des années l’opposition idéologique à Jean-Paul II et Benoît XVI, surtout en matière de morale.
Il était en effet favorable aux lois sur les unions civiles entre homosexuels, ainsi qu’à l’idée d’accorder aussi la communion aux personnes divorcées remariés (Paolo Rodari, Repubblica, 16/10/2014).
Surtout, le cardinal belge a été accusé à plusieurs reprises d’être un ‘serial-dissimulateur’, qui a protégé des clercs homosexuels et des pédophiles: en 1998, il a été condamné à une amende de 500 mille francs pour avoir protégé un curé gay coupable d’abus; puis il a été accusé par un ancien prêtre, Rik Devillé, et par une vingtaine d’autres personnes; il a par la suite été soupçonné de couvrir l’évêque de Bruges, qui a avoué avoir commis des abus sur son propre neveu! En 2010, on a été jusqu’à fouiller la maison du cardinal et saisir son ordinateur !
Il Post du 30 août 2010 : « Ces derniers jours, la presse belge a publié des enregistrements audio de deux rencontres d’avril dernier entre le cardinal Godfried Daneels – ex-archevêque de Bruxelles – et l’une des victimes d’actes de pédophilie commis par l’ex-évêque de Bruges Roger Vangheluwe, forcé à démissionner en juin dernier après avoir demandé pardon. Dans les enregistrements, Danneels essayait de convaincre la victime, aujourd’hui âgée de 42 ans, de ne pas révéler son cas, à tellement d’années de distance, ou du moins d’attendre que le prélat parte en retraite: « Il se retirera l’année prochaine, et pour vous il vaut mieux attendre », rapportent les interceptions publiées par De Standaard et Het Nieuwsblad… » .
Le journaliste Emiliano Fittipaldi, dans son livre “Lussuria: Peccati, scandali e tradimenti di una Chiesa fatta di uomini” (Luxure: Péchés, scandales et trahisons d’une Église composée d’hommes), consacre plusieurs pages aux intrigues du cardinal belge, rappelle les excuses publiques du cardinal lui-même et conclut par cette phrase: « Le 13 mars 2013, il sera un des grands sponsors de Bergoglio. Il sera un fidèle parmi les fidèles (convoqué personnellement par le Pape, ndr) qui tentera de pousser les demandes progressistes au Synode sur la famille. Tout est pardonné ».
Daneels meurt le 15 mars 2019: les journaux du moment rappellent sa vieille amitié avec Bergoglio, ses batailles contre le nationalisme, l’islamophobie et en faveur des migrants, et les accords entre le Vatican et la Chine, mais aussi les scandales qui font de lui, aux yeux du peuple, un « dissimulateur ». Dans le télégramme de condoléances, Bergoglio préfère l’éloge inconditionnel, le qualifiant de « pasteur zélé, attentif aux défis de l’Église contemporaine » (cf. benoit-et-moi.fr/…/danneels-mort-d…)
Le deuxième cardinal sur lequel s’attarder est Donald Wuerl, défini par les vaticanistes américains comme « pope maker » (faiseur de papes), autrement dit grand électeur de Bergoglio: « Mais en même temps que les Italiens, les Américains poussent eux aussi Bergoglio avec leur principal pope maker: l’archevêque de Washington Donald Wuerl » (Paolo Rodari, Repubblica, 15/3/2013).

Wuerl est, idéalement parlant, l’opposant aux États-Unis du cardinal Raymond Leo Burke, dont il est venu demander publiquement la démission, et il est très proche, politiquement, des positions des libéraux. Il est surtout intimement lié, comme trois autres ecclésiastiques élevés à la pourpre cardinalice par Bergoglio lui-même (Kevin Farrell, Joseph William Tobin et Blase Cupich), au cardinal Theodore Edgar McCarrick: un prélat puissant, que Bergoglio, après avoir promu tous ses disciples et ignoré les mesures prises précédemment contre lui a dû démettre de l’état clérical après la preuve éclatante de ses crimes (violence homosexuelle contre des séminaristes et pédophilie).
Wuerl s’est retrouvé dans le collimateur de la justice américaine, car selon le rapport du Grand Jury de Pennsylvanie alors qu’il était évêque de Pittsburgh, « il a déplacé des prêtres qui avaient abusé d’adolescents, cachant les nouvelles aux autorités civiles et payant même l’un d’eux pour qu’il se taise ».
Néanmoins, il a été soutenu pendant des mois par Bergoglio, jusqu’à ce que, en raison des protestations de la communauté catholique américaine et de grands journaux tels que le Washington Post et le New York Times (qui ont exprimé leur mécontentement face au comportement du couple Wuerl-Bergoglio), il juge opportun de quitter ses fonctions d’archevêque de la capitale.
Avvenire du 12 octobre 2018 : « Le Pape accepte la démission de l’archevêque de Washington, Wuerl. Dans l’enquête sur les abus sexuels de mineurs menée dans l’État américain de Pennsylvanie, le cardinal a été accusé d’avoir couvert de nombreux prêtres pédophiles quand il était évêque de Pittsburgh ».
Dans le même article, cependant, on lit les louanges de Bergoglio à la prétendue « noblesse » du cardinal mis en examen et contraint à la démission.
Jusqu’à présent, cela fait donc six cardinaux de stricte observance bergoglienne qui ont déjà été impliqués dans de vilains scandales, probablement destinés à augmenter en raison d’éventuelles enquêtes de la justice américaine contre la triade des amis de McCarrick (les déjà cités cardinaux Farrell, Cupich et Tobin).
Mais cela ne s’arrête pas là.
Si nous faisons un tour dans la terre d’origine de Bergoglio, nous sommes confrontés aux sombres histoires de Gustavo Óscar Zanchetta: ce prélat argentin est très proche du pontife argentin qui, en juillet 2013, c’est-à-dire peu après son élection, le promut évêque d’Oràn. Le 19 décembre 2017, toujours le Pape François le voulut comme Conseiller pour l’Administration du Patrimoine du Siège Apostolique (APSA), l’appelant à Rome. La promotion semble suspecte, surtout quand le monsignore se retrouve sous les enquêtes de la justice argentine.

Salvatore Cernuzio dans La Stampa du 8 juin 2019: « Abus sexuels continuels aggravés. Avec cette accusation du procureur de la province argentine de Salta, Monica Viazzi, Mgr Gustavo Zanchetta, 54 ans, évêque protagoniste d’un étrange cas de démission du diocèse d’Oran il y a trois ans, nommé par le pape assesseur de l’APSA, finit devant les tribunaux d’Argentine. Le juge Claudio Parisi a formellement accusé hier le prélat d’avoir harcelé sexuellement deux séminaristes alors qu’il était ordinaire diocésain et donc avant de quitter ses fonctions et d’être transféré au Vatican dans l’importante charge d’administrer le patrimoine du Saint Siège ».
Cette affaire, poursuit le journaliste, a commencé le 29 juillet 2017 lorsqu’il a soudainement démissionné d’Oran, un diocèse du nord de l’Argentine caractérisé par la pauvreté, les menaces constantes des narcos et d’autres problèmes, où Bergoglio l’avait placé en 2013 parmi ses premières nominations comme évêque. Le choix de sa démission a été motivé par un « problème de santé » qui ne lui permettait pas « d’exercer pleinement son ministère pastoral ». Après quelques mois au cours desquels il a, de fait, disparu de la circulation, il est réapparu à Rome dans le nouveau rôle de conseiller de l’APSA « en raison de sa capacité de gestion administrative ». Un poste qui n’apparaissait pas auparavant dans l’organigramme du Dicastère et qui n’a jamais impliqué de responsabilité de gouvernement… ».
Interrogé par la vaticaniste Valentina Alazraki, en mai 2019, sur la raison pour laquelle un prélat avec de telles accusations en suspens avait été appelé à Rome, par ailleurs avec un poste économique aussi prestigieux créé ad hoc pour lui, Bergoglio, plutôt en difficulté, répond entre autres choses: « Il avait certainement une façon de traiter, selon certains, despotique, autoritaire, une gestion économique des choses pas tout à fait claire, semble-t-il, mais cela n’a pas été démontré. Il ne fait aucun doute que le clergé ne se sentait pas bien traité par lui… Economiquement, il était désordonné, mais il n’a pas mal géré économiquement les travaux qu’il faisait. Il était désordonné mais la vision est bonne » (La Stampa, 28/5/2109).
Une défense qui, dans sa contorsion et sa contradiction maladroite, se commente d’elle-même.

Deuxième partie

La bande latino-américaine

L’analyse des hommes contestés de Bergoglio doit maintenant aborder un autre triumvirat cible de commérages, celui composé du cardinal Oscar Maradiaga, de son évêque auxiliaire et bras droit, Juan José Pineda, et enfin de Mgr Edgar Peña Parra, ami des deux, choisi par Bergoglio en octobre 2018 pour assumer le rôle de Substitut pour les affaires générales au Secrétariat d’Etat.
Commençons par le plus « malheureux » des trois, Juan José Pineda.
Jacopo Scaramuzzi, dans La Stampa du 20 juillet 2018, raconte sa démission, en raison de divers scandales: « Depuis 2005, le prélat est le numéro deux de l’archidiocèse dirigé par le cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, coordinateur du Conseil des neuf cardinaux qui aident le Pape dans la réforme de la Curie romaine (dit C9), qui pour ses divers engagements a dû être s’absenter à plusieurs reprises de Tegucigalpa.
Les raisons? Apparemment, économiques et sexuelles: « quelques investissements téméraires et une opération opaque de fonds détournés de l’Université du Honduras » et « des accusations d’abus sexuels adressées au prélat par deux anciens séminaristes ».
Le vaticaniste Marco Tosatti, dans La Bussola du 6/12/2018, est plus prolixe en détails : « En juillet, le Pape François a accepté la démission de Mgr Pineda, qui était accusé d’abus sexuels sur des séminaristes. Beaucoup d’entre eux ont écrit une lettre dénonçant la situation au séminaire. On l’accusait aussi d’avoir une série d’amants homosexuels, et d’une gestion allègre des finances de l’archidiocèse, qui est celui du cardinal Oscar Rodriguez Maradiaga, dont il était le bras droit. Avant la démission de Mgr Pineda, les accusations de corruption morale et financière ont conduit à une visite apostolique en mai 2017. Les résultats de l’enquête, remis au Pontife, n’ont jamais été rendus publics. De même que n’ont été rendus publics ni sanction contre l’évêque, ni la nouvelle d’un acte de réparation par l’évêque lui-même. Les accusations d’inconduite financière concernent le détournement présumé de 1,3 million de dollars donnés par le gouvernement hondurien pour des projets caritatifs, et qui ont « complètement disparu », selon des sources… ».
Venons-en maintenant au Cardinal Maradiaga.
Dans ce cas, c’est le journaliste de L’Espresso Emanuele Fittipaldi qui raconte quelques faits fâcheux dans un article du 5/2/2018, sous-titré : L’épouse de l’ancien doyen du corps diplomatique du Vatican a dénoncé une « intermédiation frauduleuse » du cardinal [voir l’article traduit ici: benoit-et-moi.fr/…/maradiaga-dans-…].
Fittipaldi rappelle tout d’abord que le scandale actuel, le fait que Maradiaga reçoive jusqu’à 35 000 euros par mois de l’Université catholique de Tegucigalpa, n’est pas le premier, puisque Maradiaga a déjà « perdu un procès au Honduras contre un journal local, El Confidencial, qui en 2016, parlant des paiements au cardinal, parle même de corruption » ; ajoute que Maradiaga a été accusée par Martha Alegria Reichmann, veuve de l’ancien ambassadeur du Honduras auprès du Saint-Siège, Alejandro Valladares, d’une gestion au moins risquée de l’argent.
Mme Valladares a même écrit tout un livre, Traiciones sacradas, dans lequel, comme nous le dit Aldo Maria Valli, spécialiste de la télévision du Vatican, « elle n’hésite pas à parler de Maradiaga comme d’un homme à double personnalité qui, grâce à la protection du pape, a assuré son impunité ».
De qui ces « trahisons sacrées » proviennent-elles? Alegria ne mâche pas ses mots: de trois anciens amis, fréquentés pendantr des années, à savoir l’évêque Juan Josè Pineda, le cardinal Maradiaga et Bergoglio.
Quoi qu’il en soit, le cardinal n’a pas encore « cédé », contrairement à son collaborateur Pineda (sujet sacrifié à la cause?), mais les doutes sur son comportement, même chez lui, continuent certainement de croître.
Nous en arrivons maintenant au troisième des protagonistes, Mgr Edgar Peña Parra, dont la promotion au Vatican semble liée à sa relation avec les deux autres figures citées.

La nomination de Peña Parra, inconnue de la plupart, a immédiatement suscité la perplexité de l’ancien nonce apostolique aux États-Unis, Mgr Carlo Maria Viganò, qui, dans son dossier sur le lobby gay autour de Bergoglio, a écrit: « Il a une connexion avec le Honduras, c’est-à-dire le cardinal Oscar Maradiaga. De 2003 à 2007, Peña Parra a servi à la nonciature de Tegucigalpa comme conseiller ». Et il ajoute : « En tant que délégué pour les représentations pontificales, j’avais reçu des informations inquiétantes à son sujet ».
Est-il possible que Peña Parra ait lui aussi des squelettes dans le placard ?
Ce n’est pas si difficile à imaginer: les lobbies (on l’a déjà vu avec la promotion massive des amis de l’abuseur McCarrick), fonctionnent justement de cette manière, ils amènent aux postes de pouvoir le plus possible de personnes du même clan. Il n’est donc pas impossible qu’à la ‘cordée‘ [cordata] nord-américaine McCarrick-Wuerl-Cupich-Tobich-Tobin-Farrell (tous amis entre eux et tous sympathisants pro-LGBT) correspond une ‘cordée‘ sud-américaine, unie également par les mêmes intérêts économiques et, si les accusations étaient fondées, pas uniquement économiques.
Mais lisons ce que Fittipaldi écrit dans L’Espresso du 18 octobre 2018: « L’ex-nonce à Washington ne précise pas les raisons de ses « préoccupations ». Mais il est certain qu’il n’est pas le seul à avoir quelques doutes sur le choix de François. Peña Parra a beaucoup d’ennemis. Et certains d’entre eux, neuf jours après sa promotion, ont décidé de prendre stylo et papier, et de compiler un rapport très dur sur la conduite immorale présumée du prêtre. Joignant également quelques photocopies de lettres signées par l’archevêque de Maracaibo Domingo Roa Pérez, dans lesquelles il est fait référence à des doutes et des accusations gravissimes concernant le récit d’Edgar, alors séminariste ».
En résumé, Peña Parra avait été expulsé du séminaire Saint Thomas d’Aquin à la fin de sa troisième année pour comportement libertin.
L’article dans l’Espresso a été suivi d’un autre par le vaticaniste Marco Tosatti, dans La Bussola du 5/7/2019.
Tosatti part d’une nouvelle révélation de l’ancien nonce aux USA: «le Pape a largement ignoré – selon l’ancien diplomate – un dossier terrifiant envoyé par un groupe de fidèles de Maracaibo, intitulé « Quién es verdaderamente Monseñor Edgar Robinson Peña Parra, Nuevo Sustituto de la Secretarîa de Estado del Vaticano? » Le dossier est signé par Enrique W. Lagunillas Machado, au nom du « Grupo de Laicos de la Arquidiócesis de Maracaibo por una Iglesia y un Clero según el Corazón de Cristo« . Ces fidèles accusent Peña Parra de terrible immoralité, décrivant en détail ses crimes présumés. « Cela pourrait aussi être un scandale qui surpasse celui de McCarrick, et ne devrait pas être couvert par le silenceé. Par rapport aux faits déjà rapportés par L’Espresso, Viganò a ajouté des faits connus au Secrétariat d’Etat du Vatican depuis 2002, y compris l’accusation adressée à Peña Parra « que le 24 septembre 1990 il a séduit deux petits séminaristes de la paroisse de San Pablo, qui devaient entrer au Grand séminaire de Maracaibo la même année… Le cas fut signalé par les parents des deux jeunes et traité par le directeur du Grand séminaire d’alors Enrique Pérez, et par Emilio Melch, directeur spirituel. Le révérend Pérez, interrogé par la Secrétairerie d’Etat, a confirmé par écrit l’épisode du 24 septembre 1990. J’ai vu ces documents de mes propres yeux».
Avec l’Amérique du Sud, ce n’est malheureusement pas fini.
Il convient de mentionner les scandales qui ont frappé deux autres cardinaux « bergogliens ».

Le premier est le Chilien Ricardo Ezzati, nommé cardinal par Bergoglio en 2014. Eh bien, en mars 2019, le cardinal a dû démissionner de son poste d’archevêque de Santiago, suite à une décision de la Cour d’appel de Santiago du Chili pour avoir dissimulé trois cas d’abus de la part de prêtres homosexuels (La Stampa, 2/4/2019, Famiglia Cristiana, 23/3/2019).
Le second est le cardinal chilien Francisco Javier Errázuriz Ossa, choisi par le Pape comme membre du C9, mais aussi contraint à démissionner en novembre 2018 parce qu’il était accusé d’avoir couvert des crimes d’abus.
Le cas « Ricca »
Enfin, on ne peut pas ne pas mentionner un autre prélat qui, bien qu’italien, a travaillé pendant des années dans les nonciatures d’Amérique du Sud: Mgr Battista Ricca.
Ses mésaventures ont été racontées, avec le sérieux habituel, par le vaticaniste de l’Espresso Sandro Magister: « Le trou noir, dans l’histoire personnelle de Ricca, est la période qu’il a passée en Uruguay, à Montevideo, sur la rive nord du Rio de la Plata, face à Buenos Aires. Ricca est arrivée à cette nonciature en 1999, avec le capitaine suisse Patrick Haari ». « Tous deux – poursuit Magister – sont arrivés ensemble en Uruguay. Et Ricca a demandé que son ami se voit aussi attribuer un rôle et une place à la nonciature. Le nonce rejeta la demande. Mais quelques mois plus tard, il prit sa retraite et Ricca, qui était resté comme chargé d’affaires ‘ad interim‘ en attendant le nouveau nonce, assigna le logement dans la nonciature à Haari, avec un emploi régulier et un salaire ».
Divers scandales ont suivi, dont les passages à tabac de Ricca dans un club gay bien connu et le rappel à Rome: pour mieux le contrôler? Pour mettre fin à sa carrière diplomatique ?
C’est difficile à savoir, ce qui est certain, c’est que quand Bergoglio est élu, Ricca revient au centre du jeu: non seulement il dirige ce qui n’est effectivement plus une maison pour le clergé, mais le nouveau siège de l’Église (la Casa Santa Marta), mais dès le 15 juin 2013, trois mois seulement après l’élection, Bergoglio le nomme dans un rôle clé, celui de prélat de l’IOR « avec le pouvoir d’accéder à tous les actes et documents et d’assister aux réunions de la commission cardinalice de vigilance et du conseil de surveillance, c’est-à-dire du Conseil d’administration de la banque vaticane sinistrée! » (L’Espresso, 18/7/2013). Pourquoi tant d’estime et de confiance, une fois de plus, pour un homme au passé si peu lumineux?

Mme Ploumen, une leader de l'avortement, décerné par Bergoglio

COMMENT ABATTRE
LES PRO-VIE ET LES PRO-FAMILLE

Dans les épisodes précédents, nous nous sommes concentrés sur les hommes de Bergoglio en Amérique du Nord et du Sud.
En fait, beaucoup de ses collaborateurs les plus proches viennent du Sud, alors que dans le Nord il a fallu renverser l’équilibre en faveur des évêques pro-vie et pro-famille nommés par Benoît XVI dans le but d’inverser la direction fortement libérale présente dans le monde jésuite américain et dominante aussi au niveau hiérarchique à l’époque du cardinal Joseph Bernardin (pendant des décennies leader de l’Eglise progressiste américaine et promoteur, en 1988, dans le diocèse de Chicago, alors submergé par le scandale des prêtres abuseurs, du premier bureau diocésain « gay » aux USA, l’Archdiocesan gay and lesbian outreach).
D’où la nomination de trois cardinaux, comme mentionné dans le premier épisode, très proches de l’abuseur homosexuel McCarrick, et donc remontant à un lobby ouvertement pro-Lgbt (en plus de la nomination très récente, comme archevêque de Washington, de l’ancien auxiliaire de Bernardin, Wilton Gregory, lui aussi, comme par hasard très gayfriendly).
En Espagne aussi, une fois élu, Bergoglio a voulu mettre fin à une saison, celle de la fière résistance catholique à la culture nihiliste de Zapatero, incarnée notamment par le cardinal de Madrid Antonio María Rouco Varela.
Même chose en Belgique : « à Bruxelles, extrême périphérie du christianisme européen, le Pape a nommé Mgr Jozef De Kesel, pupille de l’émérite Godfried Danneels, que Benoît XVI avait jugé (par deux fois) inapte il y a cinq ans » (Il Foglio, 6/11/2015), mettant à la retraite en grande hâte Mgr André-Joseph Léonard, élève de Benoît XVI et connu du grand public pour avoir été agressé plusieurs fois, même physiquement, par les Femen (sans jamais recevoir un mot de solidarité du Bergoglio).
Briser la résistance catholique à la culture de mort est immédiatement une priorité de Bergoglio, également en Italie. Pour ce faire, il a pris un certain nombre de mesures, toutes dans le même sens, apparemment contredites par des déclarations sporadiques et inoffensives, totalement pro forma et inoffensives (parfois de simples tweets), pour défendre la vie et la famille.
Avant tout, nous pouvons rappeler, dès 2013, le choix de Mgr Nunzio Galantino comme Secrétaire général de la CEI, avec pour mission, de facto, de la mettre sous conrôle et de renverser la ligne Ruini-Bagnasco qui avait conduit à la victoire des catholiques au référendum sur l’insémination artificielle en 2005 et au Family Day contre les unions civiles en 2007.
Galantino a fait ses débuts dans ce nouveau rôle (d’abord, personne n’était au courant de son existence) en critiquant publiquement les militants anti-avortement qui prient devant les cliniques, puis en « stérilisant » l’association laïque Scienza & Vita, protagoniste de la bataille référendaire de 2005, l’exhortant à ne plus traiter, sinon de manière académique et politiquement inoffensive, des questions sensibles débattues dans ce pays.
Deuxièmement, le nouveau secrétaire, qui bénéficie d’un soutien inconditionnel du pape, et qui peut donc contourner le timide Bagnasco, tente de baillonner le monde catholique sur le projet de loi homophobie du député gay Pd Ivan Scalfarotto, et, peu après, sur la proposition de loi pour les unions civiles gay de la sénatrice Pd Monica Cirinnà et du sénateur gay Sergio Lo Giudice (connu pour avoir eu recours au moins deux fois à des mères porteuses).
Mais n’arrivant pas à arrêter le monde catholique séculier, Galantino fait de son mieux pour s’opposer aux deux Family Day, en 2015 et en 2016: encore une fois avec le soutien de son mandant, Bergoglio, qui refuse même d’accueillir les participants aux deux plus grandes manifestations de rue jamais organisées par les catholiques italiens. Il fera pareil en 2019, en ignorant le Congrès mondial des familles qui s’est tenu à Vérone.
Ce n’est pas tout: Bergoglio, qui d’un côté marginalise des cardinaux pro-vie comme Carlo Caffarra, et fait à plusieurs reprises l’éloge d’Emma Bonino, de l’autre se tait face à l’introduction du mariage gay en Irlande et en Allemagne, la mort par dénutrition et deshydratation de Vincent Lambert en France, la loi sur le biotestament promue par le PD en Italie…
Surtout, démontrant une fois de plus qu’il sait bien que ce qui compte, ce ne sont pas les mots, mais le fait de placer les hommes qu’il faut au bon endroit, il porte un coup mortel à deux fiefs de la bioéthique catholique. Le 15 août 2016, en effet, il a nommé Mgr Vincenzo Paglia Président de l’Académie Pontificale pour la Vie et Grand Chancelier de l’Institut Pontifical Jean-Paul II.
Les mérites de l’élu sont les ouvertures publiques aux unions civiles, le désintérêt pour les batailles culturelles, la proximité avec le PD et les radicaux de Marco Pannella, publiquement loués et sanctifiés. Peu importe que Paglia soit impliqué dans divers scandales, notamment un trou de 25 millions d’euros dans son diocèse de Terni et le fait qu’il ait fait peindre une fresque sur l’abside de la cathédrale de la ville par un peintre notoirement gay, avec des images clairement allusives. Si cela n’était pas suffisant, mais c’est une nouvelle d’il y a quelques jours, Paglia est capable de tisser des relations inhabituelles avec des magistrats très douteux, comme Luca Palamara, le protagoniste du plus grand scandale qui a frappé la magistrature ces dernières décennies!
Les autres hommes de Bergoglio, en Italie? Les plumitifs en qui il a le plus confiance sont le jésuite Antonio Spadaro, l’évêque progressiste Bruno Forte, tous deux appartenant à la partie du monde ecclésial qui veut révolutionner la morale catholique, notamment en s’ouvrant aux couples homosexuels, et le prêtre journaliste Dario Edoardo Viganò, qui a longtemps été le dominus de la communication vaticane, avant d’être obligé de démissionner en mars 2018, après avoir publié une fausse nouvelle scandaleuse pour faire passer Benoît XVI pour un fan de la théologie progressiste.
Nous terminons avec lui la liste des « hommes de Bergoglio » car curieusement, il porte le même nom de famille que le nonce qui a soulevé plus que quiconque le problème du lobby gay ecclésiastique soutenu par l’Argentin, et parce que son comportement porte de l’eau au moulin des accusations portées par son homonyme. En effet, quelques mois avant sa démission forcée, Dario Edoardo Viganò s’est retrouvé au centre d’un article de Francesco Agnoli, dans La Bussola (19/12/2017): il demandait pourquoi Viganò utilisait ses larges pouvoirs pour donner « une grande place aux personnalités qui expriment des idées plutôt proches de l’idéologie LGBT » et l’argent de l’Eglise pour confier la création du nouveau portail vatican à une multinationale connue pour son engagement envers la cause LGBT.
Et les femmes de Bergoglio, demanderont certains?
En dehors de celle déjà mentionnée, Bonino, on ne peut pas laisser de côté la journaliste Stefania Falasca, la première à avoir reçu un appel téléphonique de Bergoglio, après l’élection au trône pontifical. Falasca a soutenu le travail de son ami argentin depuis le début, allant jusqu’à demander publiquement le silence de Benoît XVI, après que le pontife émérite, en avril 2019, soit intervenu sur la question de l’homosexualité et de la pédophilie dans l’Église en soutenant une lecture des faits complètement différente de celle de Bergoglio (toutes visant à dissimuler le lien étroit entre les scandales sexuels des prêtres et leurs tendances gay).

benoit-et-moi.fr
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