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Peut-on compter sur le conservatisme Américain Trumpien ?

Publié le 3 février 2026 par doncurtionitoglia

Don Curzio Nitoglia

PREMIÈRE PARTIE

Préambule

J'ai commencé une série d'articles sur le théo/conservatisme américaniste qui cherche à polluer même l'environnement catholique traditionnel, qui n'a pas adhéré aux nouveautés modernistes du Concile Vatican II (1962-1965) et à la «réforme montinienne» (1969) de la Liturgie romaine de Tradition apostolique.

Le premier traite de la question de l'Américanisme condamné en 1899 par Léon XIII, comme l'a si bien commenté Mgr Henry Delassus dans son livre L'Américanisme et la Conjuration antichrétienne.

Le second aborde a) la question de l'infiltration américaine dans le milieu catholique romain, par le biais de la « Messe Béa » faite par la Cia (1943/1967), comme ouvreur au Novus Ordo Missae (1969) de Paul VI et en outre b) du Trumpisme qui ne peut être lu dans l'optique du catholicisme romain traditionnel, mais seulement dans celle d'un certain conservatisme américaniste, luthérien, maçonneux et judaïsant.

Enfin, le troisième analyse si – moralement – on peut serrer la « main tendue » par le conservatisme américain au monde catholique traditionnel.

Introduction

Depuis leur naissance, les États-Unis ont incarné l'idéal libéral ou « américaniste », condamné par Léon XIII dans l'Encyclique Testem benevolentiae nostrae du 22 janvier 1899.

L'américanisme pourrait être défini comme : « Sion in America, c'est-à-dire Juif/américanisme ».

Monseigneur Henry Delassus

Mgr Henry Delassus a écrit un livre très intéressant sur cette hérésie ascétique (d'où est né ensuite le modernisme dommatique et politique) qui a bouleversé, petit à petit, l'environnement ecclésial catholique/romain et – par conséquent – aussi la face de la terre.

Son livre s’intitule : L’Américanisme et la Conjuration antichrétienne (Lille-Paris, Desclée De Brouwer, 1899 ; fr., Proceno, Effedieffe, 2015).

Dans cette œuvre, le prélat français explique que parmi tous les sujets inquiétants du monde actuel, l'Amérique du Nord n'est pas des mineurs. En effet, ce qui la caractérise, c'est « l'audace dans les entreprises industrielles et commerciales et aussi dans les relations internationales, en foulant aux pieds toutes les lois de la civilisation catholique-romaine » (p. 1).

Malheureusement, à travers l’américanisme, les États-Unis font également preuve d’audace en matière religieuse. Le terme ‘catholicisme américain’ ou américanisme (condamné par Léon XIII en 1899) n'est pas l'étiquette d'un schisme ou d'une hérésie, il est « un ensemble de tendances doctrinales et pratiques, qui ont leur siège en Amérique et qui se répandent dans le monde chrétien et spécialement en Europe » (p. 3).

L'aspect le plus préoccupant de l'américanisme est celui de « ses rapports avec les espoirs et les projets du judaïsme, en particulier avec les tendances antichrétiennes des lois du monde moderne et de la société américaine, qui aspire à posséder le monopole de la pensée révolutionnaire » (p. 7).

En effet, « il existe une conspiration antichrétienne qui travaille, par le biais de révolutions et de guerres, à affaiblir et, si possible, à annihiler les nations catholiques, pour donner l'hégémonie à celles qui protestent, comme l'Amérique, l'Allemagne et la Grande-Bretagne » (note n°1, p. 7).

Un des « éléments distinctifs de la ‘Mission américaine’ est le retour à l'unité de toutes les religions, par la destruction des barrières et des différences, en parvenant à un Congrès de la tolérance internationale des religions, pour lutter ensemble contre l'athéisme » (p. 124).

L'indifférentisme ou la tolérance par principe, auquel tend l'américanisme, consiste à assimiler « toutes les religions, comme également bonnes » (p. 85).

« La conspiration anticatholique pénètre partout, pour détruire – si possible – l'Eglise et élever à sa place le judaïsme libéral et humanitaire » (p. 89). « Cette conspiration est devenue universelle » (p. 90). « Entre l'esprit hébreu et l'américanisme, il y a un point de contact dans les principes de 1789 » (p. 91).

« La présomption ou confiance excessive en soi est la caractéristique spécifique de l'américanisme... et les juifs espèrent en faire sortir le judaïsme libéral et philanthropique » (pp. 92-93), c'est-à-dire la néo-religiosité de l'ère nouvelle.

Mgr Henri Delassus (p. 94) explique que le Magistère de l'Église a condamné tous les faux principes sur lesquels se fonde l'esprit américaniste : les droits de l'homme (condamnés par Pie VI) ; la liberté absolue de la personne humaine, la liberté de pensée, de presse, de conscience et de religion (de Grégoire XVI et Pie IX), le séparatisme entre l'État et l'Église (de Léon XIII). Au lieu de cela, pour les Américains, il faut se baser sur le « libéralisme large ou latitudinariste et la tolérance dogmatique à outrance, en évitant de parler de tout ce qui pourrait déplaire aux protestants et aux autres religions » (p. 97). Pour l’Église de Rome, « le catholicisme est la vraie religion, alors que pour les Américains, il n'est qu'une religion parmi tant d'autres » (p. 100).

Malheureusement, l'idéal américaniste (environ cinquante à soixante-dix ans après la condamnation de Léon XIII) s'est réalisé, d'abord et de manière latente, au Concile Vatican II, puis, ouvertement, à Assise en 1986. En effet, « les Américains disent que les idées américaines sont celles que Dieu veut pour tous les peuples de notre temps.

Judaïsme et américanisme croient avoir reçu une ‘Mission divine’. Malheureusement, l'influence de l'Amérique avec son esprit de liberté absolue s'étend de plus en plus entre les nations, de sorte que l'Amérique dominera les autres nations » (pp. 187-188). L'Amérique semble être la « nation de l'avenir » (p. 190).

Cependant – commente le prélat – « si cet avenir sera celui du développement industriel et commercial, social et politique, selon les principes de 1789, c'est-à-dire le progrès matériel et l'indépendance absolue de l'homme vis-à-vis de toute autorité, même divine ; l'ère que nous verrons sera la plus désastreuse jamais connue. En elle, l'Amérique détruira les traditions nationales européennes, pour les fondre dans l'unité ou pax americana » (pp. 191-192), qui est désormais devenu le « bellum americanum ».
La base, ou le plus petit dénominateur commun, de ce mélange de religions, de peuples, de cultures, est un moralisme sentimental ou « une vague morale » (p. 192) subjective et autonome kantienne, « indépendante du dogme, où chacun est libre de l'interpréter à sa façon » (p. 130).

Elle s'est réalisée aujourd’hui, à travers l'union entre les « théo-(ou néo)-conservateurs » américains et chrétiens, avec le sionisme et des éléments conservateurs-libéraux du catholicisme, qui s'unissent (avec le « projet Benoît XVI ») pour défendre la vie, l'embryon, contre le matérialisme athée (ce qui est bon en soi), mais au détriment de la spécificité de la pureté du dogme (ce qui est inacceptable), de la tradition culturelle de chaque nation et des différences ethniques (lesquelles, si elles ne doivent pas être exagérées par la théorie de la défense de la ‘race pure’, qui – prise dans le sens absolu – n'existe pas ; elles ne doivent pas non plus être détruites par l'offense de la race – ou de l'ethnie – dans le sens de l'ethnie culture, mentalité et religion).

« Le mouvement néo-chrétien ou américain tend à se libérer du dogme pour se fonder sur la beauté de l'éthique » (p. 60), « à remplacer la foi par une culture ou une sensibilité morale indépendante, dans une vague religiosité supérieure à toutes les autres religions positives » (p. 76). Selon la doctrine catholique, « la foi sans les œuvres est morte » (saint Jacques, II, 17), mais « sans la foi, on ne peut plaire à Dieu » (saint Paul, Hébreux, XI, 6). Donc, il ne faut pas mépriser la morale, mais il ne faut pas non plus réduire la religion à la seule moralité, sans tenir plus compte de l'intégrité dogmatique.

Mgr Delassus s'explique encore mieux en écrivant que : « Il y a une entente entre le Judaïsme et l'Américanisme, pour remplacer la religion catholique par cette ‘Église œcuménique ou mondialiste’, cette ‘religion démocratique’, dont l'Alliance Israélite Universelle prépare l'avènement » (p. 193).

L'américanisme est l'instrument du judaïsme libéral et philanthropique-humanitaire, qui a remplacé la « foi » du judaïsme orthodoxe (dans un Messie personnel et militant, qui aurait redonné à Israël la domination sur le monde), par la « croyance humaine » du judaïsme libéral (dans un « messie idée », c'est-à-dire le monde moderne, né de l'Humanisme, Protestantisme et Lumières révolutionnaire, anglais, américain et français, qui fera tomber le monde dans le relativisme et l'irénisme, lesquels éroderont le Credo catholique et ce qui reste encore de la Chrétienté européenne), « pour conduire le monde à l'humanité nouvelle (Jérusalem 1. », « pour conduire l'humanité doucement. »

L'esprit du ‘Monde Nouveau’ ou de l'américanisme est caractérisé (selon le Delassus) par les principes de 89, qui sont « l'indépendance de l'homme de tout pouvoir humain et même divin » (p. 196), c'est-à-dire : les droits (ou le culte) de l'homme et le renversement de Dieu et de son Église.

L'américanisme a un double aspect : politique et religieux

I – Politiquement


Il se caractérise par un certain cosmopolitisme, qui conduit au mondialisme et à la mondialisation, lesquels, en s'infiltrant dans chaque nation, comme dans chaque entité ou « entité », la corrompent pour la dominer.
Ce ‘royaume ou république universelle’ est le rêve de l'Alliance Israélite Universelle, « centre, foyer et lien de la conjuration antichrétienne, à laquelle l'américanisme apporte un soutien considérable » (p.15). Le judaïsme talmudique repose sur la lecture matérielle (plus que littérale) des prophéties de l'Ancien Testament. Delassus écrit : « Lisez ces prophéties dans le sens matériel-terrestre et vous y trouverez la réponse à l'énigme, l'explication de l'activité fébrile juive, le rêve du judaïsme. En effet, le judaïsme se croit, aujourd’hui encore, le peuple destiné par Dieu à dominer, matériellement et temporellement, sur toutes les nations... par la finance, les banques, la presse et les moyens de communication [ou de destruction, ndlr] de masse » (pp. 20-21).

Alors que s'ouvrait le Concile Vatican I à Rome le 29 juin 1869, un Concile du judaïsme a eu lieu à Leipzig, qui affirmait que « la réalisation des principes de la modernité est la plus grande garantie pour le présent et pour l'avenir du judaïsme » (p. 22). Malheureusement, poursuit le prélat français, « deux phénomènes sont sous nos yeux : la prépondérance croissante du peuple juif et la très triste crise du christianisme » (p. 24).

Le point de rencontre entre judaïsme et américanisme, se trouve dans les principes révolutionnaires de 1789, et particulièrement dans deux thèses : « 1°) Que toutes les nations renoncent à l'amour de la Patrie et se fondent sur une république universelle ; 2°) que les hommes renoncent, de la même manière, à toute particularité religieuse, pour se confondre dans une même vague religiosité » (p. 25).

Ces idéaux sont mis en avant par l'Alliance Israélienne Universelle, fondée en 1860 par le juif Adolphe Crémieux, grand maître du Grand Orient de France. L'A.I.U. « n'était pas seulement une internationale juive, elle visait plus haut : être une association ouverte à tous les hommes, sans distinction de nationalité, ni de religion, sous la haute direction d'Israël... Elle veut pénétrer dans toutes les religions, dans toutes les Congrégations, comme elle a déjà pénétré dans tous les pays et faire tomber les barrières, qui séparent ce qui devra un jour être uni dans une indifférence commune » (pp. 26-27). Le prélat s'interroge : « Que signifie pénétrer dans une religion ou une Congrégation ? Et surtout, vous présenter vos propres idées. Le judaïsme cherche-t-il à infiltrer ses idées dans l'Église catholique et ses Congrégations ? Oui, ses représentants l'affirment » (p. 28).

Les forces politiques dont se sert le judaïsme libéral et philanthropique (ou maçonnique) sont : 1°) la démocratie, 2°) la liberté comme valeur absolue, 3°) le changement radical (voir p. 153). Ce changement radical concerne aussi la vie spirituelle, en se donnant pour objectif la primauté de l'action sur la contemplation. L'exaltation de l'initiative individuelle (propre au libéralisme puritain américain), avec une confiance excessive en soi (voir, pp. 154-155). Le Bien-être physique et corporel (autre que le bien-être commun temporel), comme « transfiguration du corps » (p. 159). Le « sensisme empiriste, comme radical antimétaphysique et antichristianisme » (p. 161).

Le prélat constate que désormais les nouveaux chrétiens américains, avec les juifs libéraux et humanitaires, « aspirent à un Messie qui n'est pas Jésus-Christ, pas même le messie militant et personnel du judaïsme orthodoxe, mais une idée de bien-être matériel et corporel qui rendra l'homme heureux et riche sur cette terre » (pp. 164-165). Ce Bien-être (avec une majuscule) consiste non pas à posséder le nécessaire ou le commode, mais dans le « superflu » (p. 166). Les fidèles de cette nouvelle religiosité ne doivent pas être contrariés, il faut toujours leur donner raison, suivre le courant, leur dire ce qu'ils aiment et satisfaire les sens (cf. p. 167).

II – Du point de vue religieux

L'américanisme se sert de l'ésotérisme, du franc-maçonnisme et de l'oecuménisme pour infiltrer la religion catholique et – si possible – la détruire. « La franc-maçonnerie a les mêmes prétentions et les exprime avec les mêmes mots » (p. 29).

Le judaïsme libéral est encore plus clair lorsqu’il dit qu'il faut tendre vers « une nouvelle Jérusalem, qui doit remplacer Rome... (comme l'a dit récemment Netanyahou, Nada). La lignée juive veut établir son règne sur le monde entier, dans l'ordre temporel et spirituel » (p. 30).

Même l'américanisme se sert des sociétés secrètes pour atteindre ses buts (cf. p. 31), pour ruiner les Patries et la religion. La nouvelle « république universelle sera gouvernée par le peuple juif, unique véritable génie cosmopolite, apatride et universel » (p. 33). Et enfin « de l'antichrist, dictateur suprême devenu la seule déité de ce nouveau monde » (p. 42).

Les États-Unis ont le triste « privilège de détruire les traditions et les spécificités nationales et religieuses européennes, pour les fusionner dans l'unité américaine » (p. 44).
L'américanisme veut remplacer la « polémique » (polemikòs = touchant à la lutte et à la dispute doctrinale) par la « irénique » (eirenikòs = qui concerne la paix ou plutôt le pacifisme, la tolérance et la conciliation à outrance). L'américanisme est « absolument convaincu que les États-Unis sont prédestinés à produire un état-providence, supérieur à ce que l'on a vécu jusqu’à présent » (p. 130).

Un autre pilier de l'américanisme est l'évolutionnisme religieux (cf. pp. 101-108), selon lequel le dogme évolue ou change radicalement, essentiellement de manière hétérogène et non homogène ; c'est-à-dire qu'on passe d'une vérité à une autre, selon le besoin et les exigences des temps (cf. p. 109), car la vérité n'est plus la ‘conformité de la pensée à la réalité’, mais ‘l'adaptation de la pensée aux besoins des temps et des nécessités de l'homme moderne’ (Herbert Spencer).

L’autre pilier de l’américanisme est l’œcuménisme. Monseigneur Delassus (p. 133) nous informe qu'à Chicago, entre le 11 et le 28 septembre 1893 (environ 80/100 ans avant le Concile Vatican II et la rencontre œcuménique d'Assise en 1986), se déroula un Congrès ou Concile œcuménique de toutes les religions (sauf la catholique). Dans ce conciliabole, il était stipulé que « l’Église catholique devait faire les concessions les plus généreuses envers les autres religions » (p. 134) ; bien sûr, Rome condamna. Cependant, on ne peut pas ne pas remarquer qu'en 1962-1965, ces idées américaines ont pénétré également dans le milieu catholique, pendant le Concile Vatican II.
Même un penseur laïc, Sergio Romano, a pu remarquer que, tandis que le Concile Vatican I avait affirmé la primauté du Pape, Vatican II a enseigné la collégialité ; et que tandis que Pie IX a condamné la modernité, Paul VI l'a embrassée ; malheureusement, c'est la triste réalité. On aurait voulu, dès 1893, « réunir les prêtres et les ministres des cultes les plus divers, pour les associer dans une prière commune » (p. 147), naturellement sans tomber (on ne sait comment) dans l'indifférentisme (tout comme à Assise en 1986). Ce congrès de Chicago est qualifié par le Delassus de « véritable concile œcuménique des temps nouveaux » (p. 148), les analogies avec Vatican II sont, malheureusement, objectives et impressionnantes.

Le Delassus, concluant son étude sur l'américanisme, le définit par quelques expressions seulement mais efficaces : « Compromis avec l'incrédulité, concessions à l'erreur, mutilation du dogme, atténuation du surnaturel et facilité ou quasi-approximisme de toute espèce » (p. 226).

Il propose donc le remède à ce si mal : « Éviter le découragement, comme attitude de ceux qui connaissent et connaissent la réalité, mais n'ont pas le courage de réagir [c'est le mal qui paralyse beaucoup de catholiques aujourd’hui, nda]. (...) Donc jamais croiser les mains, en renonçant à la lutte ; il faut au contraire les utiliser pour la prière, la pénitence et l'action culturelle et doctrinale avec des conséquences pratiques (...). Il faut être circonspect pour ne pas prêter, même involontairement, aide au judéo-américanisme. Donc, ne prêchez pas le bien-être comme fin ultime, ... le succès dans ce monde, ... la transfiguration du corps humain, ... la préoccupation désordonnée des intérêts humains, ... l'abolition des barrières entre religions et cultures, ... la cessation de la polémique pour lui substituer l'hyrénique, ... l'affaiblissement du dogme en faveur d'une moralité subjective, ... la conciliation entre l'esprit du Christ et celui du monde » (pp. 262-265).

En somme, l'Américanisme comme le Modernisme européen ont infiltré l'Église, se sont cachés en son sein, ont voulu rester en elle pour changer sa nature intrinsèque.

Fin de la première partie

d. Curzio Nitoglia
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