Sacres épiscopaux sans autorisation préalable : oui à la Chine communiste athée, non à la FSSPX, société catholique. Conséquences : reconnaissance a posteriori des « évêques » de Pékin, excommunication des évêques de la FSSPX.
Dans l’entretien que l’abbé Davide Pagliarani a accordé à FSSPX.Actualités, le 2 février 2026, au sujet des prochains sacres épiscopaux, on peut lire : « Le Saint-Siège est parfois capable de faire preuve d’un certain pragmatisme, voire d’une flexibilité étonnante, lorsqu’il est convaincu d’agir pour le bien des âmes. »A l’appui de cette affirmation, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X rapporte deux faits tirés des relations particulièrement déconcertantes entre le Vatican et la Chine communiste : « En 2023, le pape François a approuvé a posteriori la nomination de l’évêque de Shanghai par les autorités chinoises.
« Plus récemment, le pape Léon XIV a lui-même fini par accepter a posteriori la nomination de l’évêque de Xinxiang, désigné de la même manière pendant la vacance du Siège apostolique, alors que l’évêque fidèle à Rome, plusieurs fois emprisonné, était encore en charge. » Ce n’est une surprise pour personne : le gouvernement athée de Pékin veut à tout prix « siniser » le catholicisme, avec un clergé docile aux instructions du Parti. Le Vatican le sait, et il se tait.
Cette situation fait dire au site hispanophone Infovaticana du 3 février : « Lorsque c’est le Parti communiste qui sacre, on parle de “contexte complexe”. Lorsque c’est la Fraternité Saint-Pie X qui sacre, on parle de “rupture”. »
Et d’ajouter avec un solide bon sens : « Il est difficile d’expliquer à un fidèle pourquoi Pékin peut imposer des évêques soumis au régime et poursuivre un dialogue privilégié avec Rome, alors qu’une fraternité née précisément de l’effondrement doctrinal et liturgique postconciliaire est traitée comme une menace pour l’ordre ecclésial. »
Plus loin, Infovaticana constate : « La Fraternité n’a pas œuvré dans le vide. Elle a œuvré dans un contexte où Rome écoute beaucoup, promet peu et ne garantit presque rien. Or, lorsque l’accès stable aux sacrements dépend de l’humeur de l’évêque du lieu, les décisions cessent d’être idéologiques pour devenir des décisions de survie pastorale. » Tel est l’état de nécessité.
Pour finir, le site hispanophone demande à Rome d’être logique : « Si le critère ultime est la tolérance pragmatique pour éviter des maux plus grands, alors il convient de l’appliquer de manière cohérente. Si l’on accepte que le Parti communiste chinois nomme des évêques afin de ne pas perdre un moyen de dialogue, il est intellectuellement malhonnête de s’indigner qu’une fraternité catholique consacre des évêques afin de ne pas priver ses fidèles de confirmations et d’ordinations. »
Cette situation paradoxale incite à se demander si, de façon concrète, les futurs évêques de la Fraternité Saint-Pie X doivent – pour ne pas être excommuniés – troquer le col romain pour le col Mao, prendre la carte du Parti communiste chinois et se faire sacrer à Pékin. Que Rome dise sans détour à tous les fidèles catholiques pourquoi ce qui est possible à Pékin est impossible à Ecône.
Abbé Alain Lorans
Cf. : Dans l’entretien que l’abbé Davide Pagliarani a accordé à FSSPX.Actualités, le 2 février 2026, au sujet des prochains sacres épiscopaux, on peut lire : « Le Saint-Siège est parfois capable de faire preuve d’un certain pragmatisme, voire d’une flexibilité étonnante, lorsqu’il est convaincu d’agir pour le bien des âmes. »
A l’appui de cette affirmation, le Supérieur général de la Fraternité Saint-Pie X rapporte deux faits tirés des relations particulièrement déconcertantes entre le Vatican et la Chine communiste : « En 2023, le pape François a approuvé a posteriori la nomination de l’évêque de Shanghai par les autorités chinoises.
« Plus récemment, le pape Léon XIV a lui-même fini par accepter a posteriori la nomination de l’évêque de Xinxiang, désigné de la même manière pendant la vacance du Siège apostolique, alors que l’évêque fidèle à Rome, plusieurs fois emprisonné, était encore en charge. » Ce n’est une surprise pour personne : le gouvernement athée de Pékin veut à tout prix « siniser » le catholicisme, avec un clergé docile aux instructions du Parti. Le Vatican le sait, et il se tait.
Cette situation fait dire au site hispanophone Infovaticana du 3 février : « Lorsque c’est le Parti communiste qui sacre, on parle de “contexte complexe”. Lorsque c’est la Fraternité Saint-Pie X qui sacre, on parle de “rupture”. »
Et d’ajouter avec un solide bon sens : « Il est difficile d’expliquer à un fidèle pourquoi Pékin peut imposer des évêques soumis au régime et poursuivre un dialogue privilégié avec Rome, alors qu’une fraternité née précisément de l’effondrement doctrinal et liturgique postconciliaire est traitée comme une menace pour l’ordre ecclésial. »
Plus loin, Infovaticana constate : « La Fraternité n’a pas œuvré dans le vide. Elle a œuvré dans un contexte où Rome écoute beaucoup, promet peu et ne garantit presque rien. Or, lorsque l’accès stable aux sacrements dépend de l’humeur de l’évêque du lieu, les décisions cessent d’être idéologiques pour devenir des décisions de survie pastorale. » Tel est l’état de nécessité.
Pour finir, le site hispanophone demande à Rome d’être logique : « Si le critère ultime est la tolérance pragmatique pour éviter des maux plus grands, alors il convient de l’appliquer de manière cohérente. Si l’on accepte que le Parti communiste chinois nomme des évêques afin de ne pas perdre un moyen de dialogue, il est intellectuellement malhonnête de s’indigner qu’une fraternité catholique consacre des évêques afin de ne pas priver ses fidèles de confirmations et d’ordinations. »
Cette situation paradoxale incite à se demander si, de façon concrète, les futurs évêques de la Fraternité Saint-Pie X doivent – pour ne pas être excommuniés – troquer le col romain pour le col Mao, prendre la carte du Parti communiste chinois et se faire sacrer à Pékin. Que Rome dise sans détour à tous les fidèles catholiques pourquoi ce qui est possible à Pékin est impossible à Ecône.
Abbé Alain Lorans
Cf. : Des sacres à Pékin, mais pas à Ecône ?