Amour : 1 Jean 4:7-19...Comprendre ce mot si galvaudé de nos jours....
Dieu… en résumé« Dieu » est quoi ou qui ?
Quelques fondements méritent d’être redits.
Dieu ne peut pas être moins vivant que les êtres vivants que nous voyons, ni vivre d’une vie
moindre que la nôtre, charnelle mais aussi spirituelle : vie faite de capacité de connaître et de
capacité d’aimer. Il est infiniment plus vivant que nous, et parfaitement. Trois siècles avant notre
ère, le grand philosophe Aristote exposait déjà cette perspective de sagesse, notamment dans son
livre Ethique à Nicomaque. Il posait ainsi en Dieu trois « pôles » de Vie. Celle-ci s’est révélée peu à
peu dans l’histoire des Hébreux puis pleinement en Jésus le Christ (ou Messie), disent les chrétiens
– c’est ce qu’ils ont appelé du mot assez abstrait de Trinité.
Des phénomènes religieux postérieurs au christianisme ont pris le contrepied de cette
Révélation, parfois en se prévalant d’une révélation nouvelle. Tout en gardant l’idée de Création,
certains ont fait de « Dieu » une sorte d’idole monothéiste, une divinité sans vie et donc
inconnaissable mais tyrannique, qui veut tout et surtout qui veut imposer sa volonté aux hommes
sous peine d’Enfer éternel. Dans une direction très différente mais également opposée à la
Révélation, d’autres ont repris la vieille idée du Grand Tout divin, en y ajoutant l’obligation de se
conformer aux exigences d’une « Terre-Mère » ou, plus souvent, celle de faire émerger un
« Dieu » enfoui dont chaque homme serait une émanation. Dans chacune de ces deux perspec-
tives (« Dieu » tyran sans vie ou « Dieu » diffus et enfermé dans la réalité perceptible), une sorte
de Salut est proposée, d’un côté par la soumission à l’arbitraire divin, ou de l’autre par l’émanci-
pation spirituelle en se sauvant soi-même. Dans les deux cas, la vie trinitaire en Dieu est niée.
En effet, la Révélation trinitaire est liée à la perspective d’un Salut qui n’est
précisément ni une soumission à une Volonté arbitraire, ni une émancipation
par ses propres forces. Le Salut chrétien est tout simplement lié au désir
de Dieu de faire participer ses créatures à Sa Vie, et cela par un acte
libre de leur part.
En sa Création, le Dieu de Vie parfaite S’est dit, Il est donc connaissable mais de loin, ainsi que
L’ont perçu Aristote et d’autres, moins clairement que lui.
Si le vivant est un auto-contrôle, les êtres humains, sommets de tous les êtres vivants,
jouissent d’un contrôle du contrôle et d’auto-positionnement – si l’on peut décrire ainsi la liberté –
; ils auraient pu rester dans leur état de création lié à leur Créateur. Le mal qui s’est répandu sur la
terre vient de leur acquiescement aux forces angéliques qui, créées par Dieu avant les hommes,
pour une part se sont révoltées au vu de la suite du plan créatif divin (on en parle trop peu).
Voilà pourquoi un Salut était nécessaire et cohérent de la part d’un Dieu qui Se révèle
« Lumière » (1Jn 1:5) et « Amour » (1Jn 4:7-19) – autant qu’on puisse comprendre ce mot si
galvaudé aujourd’hui, dont le sens le plus essentiel est celui d’amitié. A l’inverse, un « Dieu » tyran
ou enfoui ne fait pas appel à la liberté humaine, mais plutôt à des ressorts humains qui sont très
opposés à la lumière et à l’amour, même si, parfois, ils peuvent paraître tels, les choses humaines
n’étant jamais en noir et blanc.
En Son offre de Salut, ce Dieu S’ouvre, pour ainsi dire, Se révélant en sa Vie de connaissance et
de capacité d’aimer « Père », « Fils » et « Esprit », afin que nous puissions répondre librement et y
avoir accès. Jésus veut dire « Salut » (en hébreu), ce n’est pas une coïncidence. Car il faut un Salut.
Voilà un petit résumé circonstanciel de la Révélation chrétienne – cet adjectif étant
incidemment utile vu le grand nombre de « révélations » autres qui sont apparues sur le marché à
la suite du christianisme, au cours des siècles.
Père. Edouard-Marie Gallez